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Bon, maintenant que vous avez tous vu Avengers Endgame, on va enfin pouvoir mettre sur la table cette magnifique interprétation du Dieu du Tonnerre, soutenue par un Chris Hemsworth toujours prêt à repousser les limites de son divin personnage.

Bien entendu, si vous n’avez toujours pas vu le film, vous êtes sur le point de vous prendre un semi-remorque de spoilers lancé à pleine vitesse. Vous êtes encore là ? Génial, car il est temps de reconnaître un fait fondamental : la décapitation de Thanos au bout de 15 minutes de film, c’était une chose. Mais la bedaine à bière de Chris Hemsworth, c’est un tout autre niveau auquel personne sur cette planète n’était préparé. Cheveux longs, air détaché, dégaine de hippie : on est bel et bien sur un hommage vibrant, destiné au Dude de Jeff Bridges dans The Big Lebowski. La moitié des interventions de Chris Hemsworth dans ce film déborde d’amour pour le classique des frères Coen. Mais passé le choc du gag, passé la vision presque perceptible des vapeurs houblonnées, et surtout passé la terreur d’apercevoir du gameplay de Fortnite dans un film Avengers, cette transformation physique de l’autoproclamé « plus fort des Avengers » reflète avant tout l’état de dévastation mentale de son personnage. Les frères Russo en ont d’ailleurs reparlé au micro d’Entertainment Weekly, où il explique pourquoi avoir transformé Thor en épave était un choix difficile, mais important : « C’est un homme brisé, et c’est la personne qu’il devient lorsqu’il continue à évoluer. Comment les gens gèrent leur deuil ? On voulait que chacun ait sa propre manière de digérer le claquement de doigts. Et Thor reste un personnage excessivement tragique, un petit garçon qui était destiné à devenir roi ». Depuis la perte d’Asgard et la mort des siens dans Ragnarok, Thor a subi une dérouillée cosmique, qui perdure depuis maintenant 3 films.

Sa déchéance profonde est importante à l’équilibre du film, puisqu’elle montre que même les dieux ne sont pas infaillibles. Tous n’ont pas l’aplomb d’un Steve Rodgers, qui gère des groupes de parole et continue le combat à une échelle plus modeste. Thor a complètement démissionné, il est devenu alcoolique et c’est ce qui rend son come-back absolument jubilatoire (le plan avec son marteau dans une main et la hache Stormbreaker dans l’autre est l’un des plus iconiques de Endgame). Un come-back qui reste l’un des moments forts, montrant pour une fois autre chose qu’un héros ultra-athlétique désosser tout le monde à l’écran. Et bien qu’il soit évidemment usé en ressort comique, le physique de Thor n’est pas forcément une blague. Toujours chez EW, le réalisateur Anthony Russo rajoute : « Ce n’est pas un gag. C’est une manifestation de son état, et on pense que c’est vraiment l’un des aspects de Thor auquel on peut le plus s’identifier. Je veux dire, c’est une réponse commune à la douleur et la dépression ». Thor s’en veut d’avoir décapité Thanos trop tard. Dans toute la dimension disproportionnée de son égo d’Asgardien, il se sent comme l’unique responsable de la déchéance humaine. En ce sens, les réalisateurs ont avant tout tenté de répondre à une question : « Que ce passerait-il si ce personnage devenait très en colère, et commencerait à se punir lui-même ? Que lui arriverait-il ? C’est un alcoolique, il ne se soucie de rien. Encore moins de lui-même ».

Si on comprend aisément la démarche, on ne peut s’empêcher de penser qu’elle représentait pour Chris Hemsworth l’opportunité d’emmener son personnage sur de nouveaux territoires, très loin du sérieux des deux premiers longs-métrages Thor. Cette dégaine dans Endgame, c’est en tout cas l’aboutissement d’un cheminement plutôt osé, qui joue avec les frontières de la parodie sans ne jamais basculer du mauvais côté de la blague potache. Combien d’autres acteurs auraient transformé ce virage en gag vaseux et pathétique ? Pas une seule seconde le héros ne donne l’impression d’être tourné au ridicule. Et c’est finalement ça qu’on a envie de retenir : que même le dieu du tonnerre peut parfois être un type comme les autres.

On reparlera encore plus longuement d’Endgame lors de notre analyse fleuve dans le dixième numéro de S!CK. Pour vous abonner au mag, c’est par ici.

Par Fox Mulder le

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