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Six saisons, quatre-vingt-six épisodes, et une réplique lourde de sens : « You don’t shit where you eat, and you really don’t shit where I eat ». Si ce n’est pas pour la vingtaine d’Emmy Awards, les Golden Globes qui se comptent sur les doigts d’une main entière, ou les multiples plaidoyers qui pullulent encore sur le net presque 10 ans après l’épilogue de la série, regardez au moins Les Sopranos pour son génial anti-héros : Tony.

Tony Soprano est un homme que l’on ne tarde pas à porter dans nos coeurs. C’est une figure d’autorité pleine de failles. C’est un monstre d’émotions réprimées, de traumatismes dénigrés, et accessoirement l’inspiration numéro un du personnage de Michael dans Grand Theft Auto V. Un colosse aux pieds d’argile attachant, dépressif, qui comble le vide d’une vie pourtant matériellement et émotionnellement satisfaisante sur tous les plans. Du moins sur le papier. Tony semble avoir décroché le rêve. Il a une famille, une grande maison, du pouvoir à ne plus savoir qu’en faire. Pourtant, il s’effondre en regardant sa piscine vide, vivant dans la terreur d’une solitude qu’il pense programmée. C’est le point de départ de la série, qui fera la part belle aux symboliques, aux doubles sens, et à un aspect presque philosophique de la vie de gangster. Un milieu qui se meurt à petit feu, tout particulièrement depuis l’apparition de la loi RICO. Tony Soprano sait qu’il est une espèce en voie de disparition, et ça ne fera qu’accentuer sa paranoïa, et ses crises d’anxiété. La belle et grande époque de la Mafia semble appartenir au passé, dans les films cultes de Scorsese et Francis Ford Coppola que nos héros citent sans arrêt. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si on retrouve une partie du casting de Goodfellas dans la série, dont Michael Imperioli (Christopher Moltisanti), Tony Sirico (Paulie) ou bien Lorraine Bracco, qui occupe un rôle primordial dans la série. Une immense partie du récit est en effet construite sur la relation qu’entretient Tony avec sa psychanalyste, le Dr Jennifer Melfi. Cette dernière décortique chacun des aspects de la vie familiale de Tony, qui s’avère souvent être la source de ses tourments. De sa mère, ingrate et obstinée, à sa femme qui semble plus attachée à la vision fantasmée qu’elle a de son époux, sans oublier son oncle ou ses propres enfants : la thématique de la famille est omniprésente. Les liens du sang restent le sujet numéro un du drame de David Chase, marionnettiste de la série. C’est lui qui a fait de Tony Soprano cet anti-héros torturé, que l’on peut véritablement finir par détester au fil des saisons. Néanmoins, la prestation cruellement réaliste du regretté James Gandolfini reste encore aujourd’hui l’argument numéro un des Sopranos. Une série que l’on ne qualifie pas de culte en vain.

Par Fox Mulder le

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