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Max Payne, Doom, Resident Evil, Prince of Persia, Hitman. Autant de noms que vous avez appris à aduler manette en main, avant de profondément les vilipender à la sortie des salles obscures. Dire que le cinéma à longtemps piétiné le monde du jeu vidéo relève de l’euphémisme. Mais certaines exceptions survivent à cette règle assassine. C’est le cas du premier film Silent Hill, qui vient de fêter ses 10 ans.

Le 26 avril 2006, Christophe Gans donnait vie à l’une des meilleures adaptations cinématographiques issues d’un jeu vidéo. Bien que fondamentalement imparfait, le film Silent Hill a su réconcilier avec brio les univers d’apparence contradictoires que sont les descendants de Pong, et le septième art. Lors de sa sortie, le film s’était d’ailleurs plus ou moins fait saper par la critique, qui n’y voyait qu’une énième tentative de film d’horreur boutonneux, qui se prend pour bien plus que ce qu’il est vraiment. Télérama l’avait même qualifié de « série B de nouveau riche, de la terreur recyclée, clonée jusqu’à devenir un produit de pure synthèse ». Artistiquement, on ne peut pas se tenir plus loin de la réalité. Difficile de lâcher un avis crédible quand on n’a jamais tenu une manette. Car en tant qu’adaptation d’un carton vidéoludique, le Silent Hill de Gans est presque irréprochable. On y retrouve la brume d’une cité perdue dans les cauchemars, l’aura poisseuse de ses catacombes, sans oublier la résonance de son alarme qui retenti, transformant ce lieu oublié en véritable anti-chambre de l’enfer. Et que dire des scènes avec Pyramid Head, véritable némésis de Silent Hill 2, ou la chorégraphie millimétrée des terribles infirmières, à la fois charnelles et putrides ? Les joueurs le savent très bien, la première trilogie Silent Hill est une expérience à part. Un voyage introspectif dans un purgatoire bien trop réel, peuplé de créatures malades, difformes. Des monstruosités hostiles, parfois increvables, que l’on fracasse sans plaisir avec un tuyau rouillé, et un rictus de dégout sur le visage. Que ce soit dans ses thématiques, dans sa réalisation, et surtout dans sa bande-son, le Silent Hill de 2006 est un hommage presque permanent aux jeux originaux. On y retrouve l’aura mystique, pesante et fascinante qui caractérise la série. Akira Yamaoka, le compositeur original de la saga fait des miracles, en donnant vie à un véritable chant des sirènes. Des mélodies douces, éthérées, qui basculent sans prévenir dans un déferlement anxiogène fait de bruits mécaniques et biologiques assourdissants. Il n’y a pas de secret, Christophe Gans est avant tout un fan de la saga de Konami, dont il connait les thématiques sur le bout des doigts. Il a su en capter son côté spirituel, et en donner une interprétation volontairement subjective. Le film prend alors quelques libertés, et nous met face à une histoire de culte plutôt discutable. L’allégorie du jeu initial est détournée, mais sa relecture est cohérente de bout en bout. Sans atteindre le stade de chef-d’œuvre qu’il aurait pu/du être, le film s’en tire avec les honneurs. Hélas, on ne pourra pas en dire autant de la suite du film, baptisée Revelation. Elle condense tout ce que le premier long-métrage n’est pas : une aberration peu inspirée qui chie sur l’original, et qui n’existe que dans le but de presser un peu plus de cash. Soit le triste visage de 90% des adaptations ciné de jeux vidéo.

Par Yox le

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