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Ils sont juste increvables. Depuis 2011, les Gallaghers continuent d’enchaîner les galères, sans jamais perdre l’espoir d’un lendemain meilleur. C’est l’équivalent pour eux d’un bon gros Die & Retry. Ils échouent, ils se relèvent, encore et encore, peu importe les obstacles et les injustices.

Comme disait Prodigy de Mobb Deep (RIP) : « Survival of the fit, only the strong survive ». Bon, il faut aussi avouer qu’ils sont parfois les bourreaux de leur propre malheur, dicté par un foyer qui n’a jamais rien offert de plus que de la poussière, du houblon et des murs frêles. Un seul pilier pour soutenir toute la famille : Fiona. Rarement un personnage féminin n’aura été aussi criant de vérité à la télévision.

« Rien de plus important que la famille », Vito Corleone / Crédits : Showtime

Dès le premier épisode, elle est présentée comme la Girl Next Door avec laquelle tout le monde aimerait copiner, elle devient très vite un symbole d’émancipation, de puissance qui excelle dans l’art de la débrouille et de régler une bonne partie de ses problèmes à coup de salade de phalanges. Elle synthétise à elle seule toute la mentalité des Gallaghers : animée de bonnes intentions, mais pour autant toujours encline à faire les mauvais choix. Pas de surprise du coup : les dernières péripéties de Fiona se réalisent dans la douleur. Comme dirait Drake : « Started from the bottom, now we’re here ». Il faut tout recommencer, quitte à sombrer avant de pouvoir se relever. Si son intrigue a comme un air de déjà-vu, on finit par accepter ces répétitions qui font partie intégrante du personnage. Son départ de la série laisse comme un goût d’inachevé, comme s’il manquait quelque chose pour véritablement conclure ces huit années de loyaux services. La porte reste grande ouverte, sûrement pour assurer le retour du personnage lorsque la série s’achèvera. Le plus tard possible, on l’espère vraiment !

Neuf ans qu’on les voient grandir (et vieillir) / Crédits : Showtime

Shameless reste à ce jour un divertissement unique en son genre, qui ne s’affuble pas de supercheries ou de superficialités. Il réside bien des intrigues faibles qui parviennent tout de même à provoquer quelques rictus, mais le goût de la mayonnaise reste intact. Frank est… Frank, quoi ! Un alcoolique, drogué, hypocrite, opportuniste, menteur, voleur, tricheur, la pire raclure qui puisse exister avec tout juste la bonne dose de sympathie pour qu’il nous soit impossible de le détester. En préparant le départ de Fiona, la série replace ses pièces maîtresses sur l’échiquier, de la meilleure manière possible. Plutôt que de chercher une reine, la série fait de chaque membre de la famille un pilier. Une belle manière de montrer le travail accompli jusque-là par la matriarche de substitution. En l’absence de modèle parental, Fiona a inculqué à sa famille le sens de la débrouille. Debbie en est le résultat le plus frappant, tout en conservant son caractère unique qui fait parfois d’elle un personnage tête à claque. Lip, Carl, Ian et même Liam : ils avancent tous dans le même sens, avec des caractères diamétralement opposés. Mention spéciale pour Liam : de la même manière que la série a su gérer le passage de l’enfance à l’adolescence de Carl, elle en fait de même pour Liam qui occupe de plus en plus de place. Et puis il reste toujours ce sous texte, cette réflexion assumée sur ce qu’est l’Amérique des Ghettos qui se fait bouffer petit à petit par les magnats de l’immobilier. Racisme, inégalités, pauvreté, immigration, décadence : si tout est abordé sur le ton de la plaisanterie, tout n’en reste pas moins inscrit dans notre réalité. Comme le second livre de la Poétique d’Aristote dans Le Nom de la Rose : ce qui dérange le plus dans la comédie, c’est qu’elle est on ne peut plus véridique.

EXTRAIT DE S!CK #009 – Le numéro Jackie Chan
Vous pouvez découvrir le sommaire complet de ce numéro. Et pour recevoir la bête directement chez vous, c’est par ici.

Par Sholid le

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