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Il semble important d’attaquer avec un aspect primordial de Narcos. Jamais à un seul instant la série de Netflix n’a prétendu respecter à la lettre les événements réels. Si les grandes lignes sont bien entendu tirées de faits et de protagonistes qui ont vraiment existé, une partie substantielle de l’intrigue a tout de même été romancée.

C’est la différence notoire qu’il y a entre une fiction inspirée de faits réels, et un documentaire pur et dur. Une subtilité qui a totalement échappé à Sebastian Marroquin, qui n’est autre que le fils de Pablo Escobar. Pour lui c’en est trop. La série est une insulte à la mémoire de son père, mais aussi de son pays tout entier. Il se devait de rétablir sa vérité, tout en prenant le soin de booster la promo autour de son livre sur Facebook. Il a donc dressé une liste d’inexactitudes vues dans la deuxième saison de Narcos, qui ont au moins le mérite d’apporter un autre regard sur la série :

« Carlos Henao était mon Oncle maternel, et non un trafiquant de narcotiques comme il est décrit dans la série. En réalité, c’était un grand homme : travailleur, honnête, noble, et un bon père de famille […] »

« Mon père n’était pas un fan de l’équipe de foot de l’Atlético Nacional, mais du Deportivo Independiente Medellín. Si les scénaristes ne connaissent même pas l’équipe favorite de Pablo, comment peuvent-ils raconter le reste d’une histoire et la vendre comme si c’était réel […] ? »

« La Quica (Dandenys Muñoz Mosquera) a été arrêtée à New York le 24 septembre 1991. Donc lorsque mon père s’est échappé de La Catedral (en juillet 1992), il était déjà détenu aux USA pour usage de faux papiers. Plus tard, il a injustement été accusé et condamné pour avoir mis la bombe dans l’avion Avianca qui a tué plus de 100 passagers et membres d’équipage. […] »

« Il n’y a pas eu un seul coup de feu tiré lors de l’évasion de mon père de La Catedral. Seul un gardien de prison a été tué. Ceux qui étaient présents ne se sont pas battus entre eux. Mon père n’avait aucun contact venant des autorités pour l’aider à s’échapper. En réalité, il a utilisé les plans du bâtiment à son avantage. […] »

« Limón travaillait pour Roberto, alias Osito, le grand-frère de mon père. Il a travaillé pour lui comme chauffeur pendant 20 ans. Il n’est pas arrivé là par accident, et n’a pas été engagé par ma famille vers la fin, mais des années avant […] »

« On ne peut pas dire que les cartels de Medellín et Cali se sont arrangé à l’amiable pour se partager le business entre Miami et New York. La réalité, c’est qu’aujourd’hui encore la demande est telle, qu’une seule organisation criminelle ne peut satisfaire la demande des clients. Il y a des millions de gens prêts à payer n’importe quoi pour satisfaire leur besoin de narcotiques ».

« Ce n’est pas la CIA qui a poussée les frères Castaño à fonder Los Pepes. C’était Carlos et Fidel Castaño, avec la complicité du cartel de Cali et des autorités qui ont détourné le regard sur des milliers de crimes et de disparitions forcées. »

« Ma mère n’a jamais acheté ni utilisé une arme à feu. Tout ceci est un énorme mensonge. […] »

« Mon père n’a pas tué personnellement celui qui est appelé le Colonel Carrillo dans la série, le supposé leader du bloc de recherche. Il était responsable de beaucoup d’attaques dans la police colombienne, et plus de 500 agents en sont morts dans la ville de Medellín à la fin des 80’s. Je ne suis pas fier de toute la violence de mon père, et reconnais qu’il a fait énormément de mal à la police, tout en leur rapportant aussi beaucoup d’argent ».

« Ceux qui connaissent suffisamment l’histoire comprennent que mon père a commis une grave erreur lorsqu’il a ordonné le meurtre de ses anciens partenaires Moncada et Galeano. Tous deux avaient été kidnappés par le cartel de Cali, qui les avaient libérés à condition qu’ils trahissent Pablo. Il y avait des enregistrements téléphoniques qui attestaient ce changement de loyauté. Mais malgré ça, mon père a voulu épargner Moncada, en rappelant son homme de main à la dernière seconde. C’était hélas trop tard. C’est l’un des meurtres qui a joué le rôle le plus important dans la chute de mon père. »

« À la fin de sa vie, Pablo était seul, et non entouré de gangsters comme ils le montrent dans la série. Presque tous ses hommes de main étaient soit morts, soit s’étaient rendus, à l’exception de El Angelito et El Chopo ».

« Pablo ne baignait pas dans tout ce luxe après son évasion de la Catedral. On vivait dans des taudis, pas des manoirs ».

« L’histoire de celui qu’ils appellent Leon de Miami est un mensonge. Il n’a jamais vécu aux USA, et c’était un homme courageux et loyal au service de mon père. Il est mort après avoir kidnappé les frères Castaño à Medellín. Il est mort au combat pour mon père, et ne s’est jamais vendu comme on le montre dans la série ».

« Mon père n’a jamais menacé la ville de Cali. Il avait sorti un communiqué de presse qui démontrait que sa femme et une partie de sa famille venaient de là, et qu’à cause de ça, il n’avait rien contre ses habitants ».

« Ricardo Prisco était déjà mort au moment où il apparaît dans la série. Son frère était docteur, un homme bon qui a été stigmatisé à cause des actes de son fraternel, mais ce n’était pas un criminel. Dans la vraie vie, Ricardo était déjà mort depuis longtemps ».

« Mon père n’a jamais attaqué la fille de Gilberto Rodriguer, ni à son mariage ni à aucun autre moment. Il n’a pas non plus attaqué de membre de sa famille. C’était l’accord : on ne touche pas aux familles, et mon père s’y est tenu ».

« Mon père ne nous a jamais forcés à vivre une vie clandestine. Avec ma mère, il pensait que le mieux pour nous était que l’on soit éduqué, et que l’on puisse avoir des opportunités que mes parents n’ont jamais eues ».

« Nous n’avons été impliqués que dans une seule fusillade avec mon père, mais ce n’était pas du tout comme la série le montre ».

« Pourquoi montrent-ils mon père bomber la pharmacie de La Rebaja en 1993, alors que ça s’est passé entre 1988 et 1989 ? […] »

« Ma grand-mère paternelle a trahi mon père et s’est alliée avec ses fils et filles contre nous (juste pour l’argent). Ils ont fait un deal avec les Pepes, et ont collaboré avec eux tellement activement qu’ils ont continué à vivre tranquillement en Colombie, alors que ceux qui (comme nous) étaient restés loyaux à mon père par amour étions forcés à l’exil. J’aimerai que la version attendrie qu’ils montrent de ma grand-mère dans la série soit vraie ».

« Mon voyage en Allemagne ne s’est pas passé comme ça. Ma grand-mère paternelle n’est jamais venue avec nous ».

« Le Bureau du Procureur général colombien ne voulait pas nous aider tant que ça. En tout cas, pas de la manière dont ils présentent De Greiff, qui a joué un grand rôle, mais qui n’était pas si cool que ça. Son bureau était infiltré jusqu’à l’os par le cartel de Cali, tout comme les mesures de protection prises par ses propres agents. Nous étions vraiment otages, kidnappés par notre propre pays alors que notre seul crime était d’être liés à Pablo Escobar. Deux mineurs et une femme, retenus dans une minuscule chambre d’hôtel ».

« Virginia Vallejo était tellement amoureuse de ma mère qu’elle ne voulait pas de son argent ? Voilà deux bons gros mensonges en un ! Ma mère ne lui a plus jamais parlé après l’évasion de mon père de La Catedral. À ce moment-là, mon père ne lui avait déjà plus adressé la parole depuis une décennie, puisqu’elle était devenue l’amante de la tête du cartel de Cali au même moment ».

« Lorsque nous étions à l’hôtel Tenquendama, mon père n’a envoyé de téléphone à personne. Nous utilisions ceux de l’établissement. Je raccrochais à chaque fois qu’il voulait m’appeler, pour le protéger, mais il a fini par mal le prendre et restait longtemps au bout du fil. Bien plus que la prudence l’exigeait, tout en sachant que l’appel serait tracé. Le téléphone, c’est mort. Voilà ce qu’il m’a dit toute sa vie. […] Un jour, il a demandé à parler à ma mère et ma soeur en disant à l’opérateur son vrai nom et prénom, de manière à ce que sa famille sache que c’était un appel d’adieu. Il voulait faire durer le dernier appel un maximum, avec l’intention claire qu’il se ferait tracer le jour, l’heure et à l’endroit qu’il avait choisi pour la bataille finale. Soit Los Olivos, dans les environs de sa ville Medellín. Comme il l’a juré à de nombreuses reprises, mon père préférait commettre un suicide. C’est pourquoi je n’ai pas été surpris d’apprendre que le tir qui l’a tué venait de sa propre main, et de son propre pistolet, à seulement deux millimètres de l’endroit où il m’avait dit qu’il l’avait planqué. La police ne l’a pas tué. Carlos Castaño a organisé l’opération finale, et aucune agence étrangère n’y a participé. Carlos Castaño l’a dit lui-même à voix haute devant ma mère ».

« Aucun journaliste n’a été assassiné devant le Tequendama Hotel ».

« Mon père n’a jamais maltraité ses parents, encore moins son père Abel. Une conversation sur ce ton ou avec cette signification n’a jamais eu lieu ».

« Après la mort de mon père, le cartel de Cali a invité ma mère à une réunion en ville avec 40 des plus grands chefs de la Mafia colombienne de l’époque. […] Durant cette réunion, ils nous ont dépouillés de toutes nos possessions, et de tout notre héritage. Pour eux, c’était un butin de guerre ».

Par Fox Mulder le

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