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Dès son annonce, Joker a cristallisé autant d’espoirs que de craintes. Puis les choses se sont enchaînées, la hype est montée, une récompense au Festival de Venise, des louanges à se demander si le résultat ne sera pas un pétard mouillé… Puis le film a été lâché dans la nature, dans une ambiance aussi tendue qu’excitante.

On est maintenant en mesure de vous le dire : Joker est un grand film, pour de multiples raisons. Mais la chose que l’histoire retiendra plus que tout tient en deux mots : Joaquin Phoenix. On connaissait déjà le talent immense de l’acteur pour jouer les personnages prisonniers de leurs démons (Two Lovers de James Gray, pour ne citer qu’un exemple). Dans les bottes du prince du crime, Joaquin fait des miracles et s’impose immédiatement dans la lignée de ses plus grands prédécesseurs : Nicholson et Ledger. Joker est une erreur de la nature. La puissance du Joker réside en partie dans le mystère qui entoure ce personnage, même si certains comics ou adaptations s’efforcent de lui donner des origines (Batman de Burton, Killing Joke de Moore). Le film de Phillips s’enfonce dans cette idée, sans jamais sonner faux, sauf à de rares occasions. Phoenix est métamorphosé, on suit sa descente aux enfers, les yeux rivés sur l’écran, hypnotisé par l’inéluctable. Le rire est glacial, les idées fusent dans tous les sens, le temps s’arrête pendant deux heures et vous ressortez de la salle avec une sorte de dilemme de conscience qui devient le plus gros point faible du film.

Tout est inhérent au personnage même du Joker. Car derrière les blagues, le charisme, Joker est et restera un criminel de haute envergure, pour ne pas dire un terroriste. Sans glorifier ses actions, le Joker de Phillips rend l’inacceptable acceptable. Arthur Fleck devient très vite pitoyable, touchant. Ses actions sont dictées par le rejet constant dont il est victime, et un handicap qui vulgarise les pulsions maniaques du personnage. Le propos devient alors nauséabond, principalement parce qu’il montre la violence comme seule réponse plausible à la prise de revanche. Un peu comme si Tony Montana remportait son ultime combat à la fin de Scarface. Le règne du Joker n’est pas prêt de s’achever. Les critiques sont dithyrambiques, les résultats au box-office s’envolent déjà, on parle de Phoenix pour l’Oscar du meilleur acteur, Phillips a déjà des idées pour un second volet… Pourtant, un sentiment continue de nous trotter en tête : ce film est à la fois la meilleure chose qui pouvait arriver, mais aussi la pire. L’essentiel est là : Joker ne laisse jamais indifférent !

Ceci est un premier avis à chaud avant la (très) grande analyse fleuve de Joker, qui sera disponible dans le prochain numéro de S!CK. Pour vous abonner au magazine papier, c’est par ici.

Par Sholid le

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