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Dans l’histoire de la télévision, rien n’aura égalé le ras de marée provoqué par cette fresque médiévale d’une complexité et d’une intensité rares. Arya, Daenerys, Tyrion, Sansa, Jamie, Jon, Sandor, Cercei, Bran : en seulement quelques années, ces prénoms se sont ancrés comme jamais dans la culture populaire. À tel point que le final de la série adaptée de l’oeuvre de George R.R Martin est devenue le topic de discussion numéro un de la planète. Les hectolitres de haine ont été versés, les larmes de joie ont coulés. Certains ont jubilés, d’autres (plus d’un million) ont signé une pétition pour refaire intégralement la saison. Une chose est certaine : le côté extrême des réactions provoquées par le final de Game of Thrones n’est finalement que le reflet d’une série qui (comme Twin Peaks, X-Files, Lost et Breaking Bad en leur temps) aura transcendé les frontières et déchaîné les passions.

Mais sérieusement, dans le bleu des yeux, on vous pose la question : comment dignement mettre fin à tel phénomène ? On a tous une réponse différente à cette question. Alors comment satisfaire tout le monde ? Réponse : on ne le fait pas. Game of Thrones n’a jamais eu pour vocation de faire l’unanimité. C’est justement ce qui fait sa force. On aurait presque été déçu si l’ultime saison avait suscité une simple admiration unanime. Game of Thrones n’a jamais mangé de ce pain-là. C’est la série qui vous a foutu sur les rotules en décapitant sa figure de proue dès la première saison. La même production insidieuse à avoir perpétré le Red Wedding. La première avoir véritablement osé maltraiter une audience de masse, habituée aux héros qui survivent et aux improbables Deus Ex Machina. À ce titre, on aurait forcément attendu plus d’audace dans cette conclusion, dont la toute dernière demi-heure ferait presque office de happy ending. Presque, parce qu’il ne faut pas oublier que c’est bien le cataclysme qui précède cet apaisement final. On pourra difficilement évoquer la suite sans laisser déferler un semi-remorque de révélation, alors si vous n’êtes pas à voir dans ce final, on vous en supplie : arrêtez-vous là, et préservez votre âme du fléau des spoilers imminents.

Ces deux là partagent bien plus que des fluides / Crédits @HBO

On parle de fléau, et le terme n’est pas innocent. Rarement une conclusion de série n’aura autant semé la discorde. Internet était sur le point d’imploser lors de la diffusion du cinquième (et avant-dernier) épisode de la saga, intitulé The Bells. On y découvre ce que beaucoup ont considéré comme le brutal virage d’une héroïne adulée. Daenerys Targarien, la mère des dragons, ex-innocente survivante à la chevelure dorée, s’abandonne à ses pires démons. Celle dont on suit la galvanisante ascension tout au long de la série, se lance dans un génocide qui fera date. Le plus grand de l’histoire de la télévision, où la jeune femme pulvérise toute la cité de Kings Landing à dos de dragon, carbonisant soldat, femmes et enfants sans états d’âme. C’est selon nous l’aboutissement d’une psychologie fragile depuis les prémices de la série. Une personnalité attachante et vertueuse, autant qu’elle pouvait être prompte à la violence et aux méthodes expéditives. Qu’on le veuille ou non, c’est en tout cas le passage le plus jubilatoire de la saison. Bien plus fort que l’issue de la bataille contre les marcheurs blancs, dont on attendait tellement plus.

Un génie jusqu’à la dernière seconde / Credits @HBO

Honnêtement, on ne s’est toujours pas remis de ce coup de dague d’outre tombe qui met fin à ce qui aurait pu être le plus beau retournement de la série. On voyait bien la moitié du casting principal se faire balayer dans cet épisode 3. Après tout, Ned Stark nous l’annonçait depuis le début : Winter is Coming. Et il est vrai que l’hiver est arrivé, sans forcément tenir toutes les promesses que l’on s’était faite depuis 8 ans. Bran Stark sur le trône (du moins ce qu’il en reste), ce n’était pas le premier choix du public. Mais c’est celui qui a été fait par les scénaristes de la série, en accord avec l’auteur des romans George R.R Martin (qui confie d’ailleurs que sa fin à lui ne devrait pas être si différente). Une vision artistique que l’on aime, que l’on soutiens, et que l’on respecte depuis le début de la série. Il est donc logique d’en faire autant pour son épilogue. David Benioff et DB. Weiss n’ont pas pris de décision à la légère. Il n’y a rien de précipité. Juste un parti pris, comme tant d’autres depuis le début de l’épopée au coeur de Westeros. C’est ce qu’on retiendra avant tout d’une saison qui souffle le chaud et le froid. Plutôt opportun pour une série adapté d’une saga de romans qui chantent la glace et le feu.

Par Fox Mulder le

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