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On ne s’étalera pas sur les poncifs qui consistent à rappeler à quel point le chef-d’oeuvre de Sergio Leone est intemporel, ni même sur les nombreuses scènes iconiques qui défilent dans Le Bon, La Brute et le Truand. On se contentera simplement de revenir sur l’une d’entre elles, et pas des moindres : le triello final, qui fait plus que jamais partie des scènes les plus épiques de l’histoire des westerns, et peut-être même du septième art dans son intégralité.

L’affrontement final du classique de Leone est pratiquement devenu un cas d’école au fil des décennies. Il n’a pourtant absolument rien de scolaire. En 1966, il était même peu conventionnel, puisque la majorité des westerns se contentaient jusqu’alors de perfectionner l’art des duels filmés en face à face, les yeux dans les yeux, en plein silence de mort. Avec la trilogie des dollars en bagage, autant dire que Sergio Leone n’en était pas à son coup d’essai dans le domaine. Ici, le cinéaste pousse le concept un cran plus loin, et incarne à la perfection le principe de climax cinématographique. L’intégralité du film pourrait presque être considérée comme un préliminaire menant à ce moment précis. Si l’impact de la scène est bien entendu décuplé lorsqu’on regarde le long-métrage d’un trait, les trois minutes du clip suivant transmettent à elle seule une immense intensité. On y admire le destin presque biblique de trois personnages principaux sur le point de basculer. Leurs motivations ne sont pas nobles. Pas d’idéaux ni de valeurs à défendre. Tous sont ici par pure cupidité, et convoitent les 200 000 dollars planqués dans le cimetière. Clint Eastwood, Lee Van Cleef et Eli Wallach se dressent fièrement debout, au milieu d’un cimetière aux allures d’arène antique : Sad Hill. Un lieu impressionnant de près de 10 000 tombes fictives, entièrement réalisées par 250 soldats de l’armée franquiste. Sous le regard des morts, les trois personnages ne se lâchent pas du regard, sous une musique dont l’intensité grandit au fur et à mesure que les secondes s’égrainent. Le grand compositeur Ennio Morricone laisse s’exprimer toute la magie de son talent, et apporte à la scène une dimension presque lyrique, pour ne pas dire tragique. Après plus d’une minute d’échanges visuels, le montage se cale parfaitement sur la bande-son. Les plans serrés (notamment sur les yeux) apportent une proximité entre les protagonistes, qui relève presque de l’intime. Un rapprochement contre-balancé par un plan large au moment de l’impact. À ce moment précis, le lien se brise, et une page se tourne définitivement. Le moment, lui, est éternel.

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Par Fox Mulder le

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