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Where is my mind ? Le titre des Pixies résonne encore dans toutes les têtes, irrémédiablement associé à la conclusion apocalyptique d’un film qui a flanqué une raclée monumentale à la société d’ultra-consommation, à l’uniformisation d’un mode de vie prédéfini, et à une culture pratiquement incestueuse du recyclage intellectuel.

La fin du précédent millénaire s’est achevée sur un K.O général. Le chef-d’œuvre de Fincher est intouchable, indémodable, impérissable. Adaptée du roman de Chuck Palahniuk, la première règle était de ne pas en parler. La suite de Fight Club est une anomalie, jusque dans son ADN. Le simple fait de son existence est déjà en contradiction totale avec son propos. Qu’aurait pensé l’esprit torturé et nihiliste de Tyler Durden, s’il avait appris qu’il faisait lui même l’objet d’une suite ? Qu’aurait-il pensé du fait d’être devenu un énième rouage de cette société capitaliste qu’il méprise tant ? Et que doit-on penser du mec qui a fantasmé la chute de l’économie mondiale, et qui aujourd’hui cède aux sirènes de l’argent facile ? Sans vouloir croiser les références, Fight Club 2 est un bug dans la matrice. Mais la curiosité l’emporte, et la tentation de tourner la première page est forte, découvrir ce qu’il se cache dans la nouvelle vie de celui qui se fait désormais appeler Sebastian. Attention, des spoilers du premier roman sont à prévoir. Dix longues années ont passé, et le fantôme de Tyler Durden semble définitivement oublié, enfoui au plus profond de l’âme de notre anti-héros, terrassé par des dizaines et des dizaines de pilules. Le chaos et l’auto-destruction semblent appartenir au passé d’un Sebastian toujours plus dépressif. Il est retombé dans le simulacre de ce que certains appellent la vie parfaite : une femme, un gosse, un job stable, un petit pavillon en banlieue. Sur le papier, Marla va mieux. Si on peut considérer que se sortir de sa miteuse chambre d’Hotel, dopée au crack est un progrès, son cerveau crève à petits feux. Elle n’est pas faite pour cette vie au calme, et va tout faire pour relâcher le Kraken. Laissez Tyler reprendre le contrôle, plonger sa vie dans un chaos dont elle a désespérément besoin, et accessoirement, se faire exploser au pieu par le double psychotique de son mari chiant à mourir. Si l’histoire semble partir sur une base solide, Chuck Palahniuk va très vite dynamiter tout ce qui faisait la cohérence de son récit, qui va prendre des proportions aussi absurdes que bibliques. Les références au roman d’origine sont nombreuses, presque écrasantes. Un moyen pour l’auteur de faire son autocritique, montrer qu’il est tombé lui-même dans la copie, de la copie, de la copie. Beaucoup y ont vu un simple manque d’originalité, un besoin de se vautrer dans un territoire connu, familier, rassurant. C’est en réalité toute la substance d’une critique vicieuse et absurde du monde qui nous entoure. Fight Club 2 n’est pas un hommage au premier roman. C’est un énorme doigt d’honneur. C’est une remise en question totale, qui n’hésite pas se foutre allègrement de ce que beaucoup considère encore comme un chef-d’œuvre inconditionnel. Avec Fight CLub 2, Chuck Palahniuk n’a pas juste tué son propre enfant. Il l’a sauvagement assassiné, mutilé, et jeté au fond d’une rivière. Les dernières cases du comics sont tout bonnement surréalistes. Et c’est précisément ce qui en fait une suite réussie. La plus flamboyante des impostures.

Fight Club 2 Review 01

Par Yox le

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