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Il y a une bonne raison pour laquelle The Dark Knight soit aujourd’hui encore considéré comme l’une des meilleures adaptations de comics sur grand écran. La scène est devenue culte. Un face à face entre Batman et le clown sinistre, cloitré entre les quatre murs d’une cellule sombre du GCPD.

Souvenez-vous, le Chevalier Noir faisait son entrée fracassante, sous le regard méfiant du Commissaire Gordon, joué par Gary Oldman. Prêt à en découdre, Bruce Wayne n’avait qu’une idée en tête : obtenir un semblant de justification. Un début d’explication concernant une affaire qui était devenue très personnelle. Face à lui, le Joker jubile. Il se nourrit des tourments de Batman, comme une source intarissable de satisfaction éternelle, qui comble temporairement son besoin viscéral de chaos et d’anarchie. C’est l’affrontement manichéen du bien contre le mal dans toute sa splendeur. Sept ans après la performance flamboyante qui avait valu à Heath Ledger un Oscar posthume, les mecs de Première ont eu l’idée de revenir sur l’une des scènes clés du second volet de la trilogie Batman. Un passage que Christopher Nolan qualifie lui-même de central, et sur lequel il s’était longuement exprimé dans une interview avec Hero Complex, qui remonte à 2008.

Heath Ledger s’était longuement préparé


Selon Nolan, la scène fut l’une des toutes premières à avoir été mise en boite : « Nous l’avons tournée assez tôt. Il s’agit d’ailleurs d’une des premières séquences de Heath dans la peau du Joker. Il m’avait dit que ça l’excitait beaucoup de s’attaquer à un si gros morceau si vite, de tourner une des scènes clés du Joker dans les trois premières semaines d’un tournage qui allait durer sept mois. On aimait tous les deux l’idée de se jeter à l’eau, tout comme Christian ». L’interprète du Joker avait d’ailleurs passé plusieurs semaines cloitré dans une chambre d’hôtel, à s’approprier le personnage, en multipliant les références. Il tenait d’ailleurs un carnet dans lequel on devinait sa profonde fascination pour le Orange Mécanique de Stanley Kubrick. L’incarnation du mal sans arrière-pensée. Simplement le plaisir de tuer, de faire souffrir. En somme, la parfaite synthèse du Joker.

Une large place à la spontanéité


Si les deux acteurs s’étaient longuement imprégnés de leurs personnages, Nolan tenait à garder un certain sentiment de spontanéité dans ses scènes : « Aucun des deux ne voulait aller trop loin dans la répétition. Ils avaient dû répéter quelques chorégraphies de combat, mais même là, on voulait que ça reste ouvert et improvisé. Il fallait préserver l’ensemble ». […] L’échange devient ensuite très physique et Batman tire le Joker par-dessus la table. À partir de là, la séquence est tournée caméra à l’épaule pour garder la fluidité des mouvements. Ils avaient répété les cascades et les scènes de combat assez précisément, mais, à partir de ce cadre, on leur a laissé le champ libre. Je n’avais jamais vu quelqu’un simuler un coup de poing comme Heath l’a fait avec Christian. J’ai obtenu la violence que je désirais. Ce qui me paraissait le plus important d’un point de vue créatif, c’était de montrer Batman aller trop loin. On le montre carrément en train de torturer quelqu’un pour obtenir des informations, parce que c’est devenu une affaire personnelle. La rage est un élément central du Dark Knight, et cette scène d’interrogatoire est le pivot de tout le film ».

L’importance capitale de Jim Gordon


Bien qu’il soit à première vue assez extérieur à la scène, Jim Gordon jouit d’une importance capitale. Il est l’observateur extérieur, l’homme qui ramène le spectateur à la réalité, et qui fait le contrepoids vis-à-vis de Batman, soulignant que le Chevalier Noir est bel et bien en train de dépasser les bornes : « Même si tout le monde se souvient de la scène comme d’un face à face entre Batman et le Joker, le rôle de Gordon, qui la met en place et permet l’interrogatoire, est primordial. Et puis, de l’extérieur, il observe Batman et sait exactement à quel moment il est allé trop loin, il tente d’intervenir, mais Batman a verrouillé la porte. Et ça nous amène à la fin de la scène, quand Batman ne fait plus que tabasser le Joker. Je crois que Heath a parfaitement réussi à faire ressentir la menace que le Joker représente et l’essence de ce personnage. Il se fait tabasser et rigole, il adore ça. On ne peut rien faire face à ça. Il dit à Batman : toute votre force ne vous sert strictement à rien. On découvre une forme d’impuissance chez ce Batman fort, tout en muscles, en armure. Il est très puissant, mais ne trouve aucun moyen d’exercer son pouvoir dans cette scène. Et il doit se confronter à ça ».

The Dark Knight Joker - NEWS01

Par Fox Mulder le

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