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Avant que Christian Bale et Heath Ledger s’affrontent face à la caméra de Christopher Nolan, un autre duo de légende a incarné à la perfection ce titanesque duel. Sorti en juin 1989 aux USA, le film Batman de Tim Burton n’a pas l’impact ni le côté brut de l’interprétation réaliste de Nolan. Mais il possède 30 ans après des arguments toujours aussi infaillibles : une fantaisie certaine, une aura nocturne baignée au néon, mais surtout une vision artistique unique insufflée par Tim Burton.

À l’époque, Tim Burton n’en était qu’à son troisième long-métrage. Il sort tout juste de Beetlejuice, et c’est à peine si son nom représente un argument marketing aux yeux du grand public. Son univers atypique est pourtant bien présent, clé de voûte d’une patte artistique qui fait à la fois honneur aux styles gothiques et art déco. Le mariage est parfait, déversant à l’image des plans ravageurs d’une Gotham City baignée sous les néons, transpercée par le rayon salvateur du Bat-signal. Et si l’inspiration de Burton puise bien entendu dans certains comics (notamment des 80’s), son esthétique si particulière deviendra indissociable de l’univers du Chevalier Noir. On en retrouvera d’ailleurs une partie significative dans l’emblématique série animée des 90’s. Bien plus tard, c’est encore le Batman de Burton que l’on croit voir lorsque l’on se perd dans les rues d’Arkham City, ville-prison à ciel ouvert qui sert de théâtre au jeu de Rocksteady.

Le bouffon de la terreur / Crédits : Warner Bros

Dans le rôle-titre, Michael Keaton incarne un justicier raide comme la justice, engoncé dans un costume de Chevalier Noir rigide, à la réputation impraticable. Ce qui aurait pu être considéré comme un handicap devient pour Keaton un moyen d’exprimer la mise en retrait de son personnage : un justicier introverti, presque mutique, dont le débit de parole lent et expéditif entre en contraste avec la diatribe colorée de son pire ennemi. Lorsqu’il brise la barrière du silence, c’est souvent pour envoyer des répliques devenues cultes, à l’image de cette ligne improvisée : « I’M BATMAN ! ». C’est l’un des nombreux grands moments de ce film qui deviendra une référence. Loin des Bat-tétons de George Clooney, le premier Batman de 89 reste l’un des premiers longs-métrages du genre super-héroïque à vraiment avoir fait une razzia au Box-office. À l’époque, le marché n’était pas le même, le prix des tickets non plus, mais le Batman de Burton avait réussi à extirper $251.3 million, perpétuant avec brio la tradition des « Summer Blockbuster » initiés par un certain Steven Spielberg, et son emblématique Jaws. Ajoutez à cela plusieurs centaines de millions en merchandising, et vous avez une idée de l’ampleur financière du phénomène. En été 89, les t-shirts rétro avec le logo de Batman partent comme des petits pains. Tout le monde porte ce logo noir et jaune, qui est également l’affiche ultra épurée du film. La planète pop ne jure plus que par Bruce Wayne. Mais pas que.

Un homme face à son reflet déformé / Crédits : Warner Bros

Inutile de se le cacher, en 1989, la star du film s’appelle Jack Nicholson. Ce n’est pas pour rien que son rôle du Joker a su rester iconique. Ses traits étirés, son visage poudré, son rictus carnassier : Nicholson injecte au clown criminel toute la perversion qu’on lui connaît. Mieux, dans une volonté de lier entre plus intimement le héros et son némésis, les scénaristes prennent la décision risquée de faire du Joker (attention spoiler) les tueurs de Thomas et Martha Wayne. Une révélation que Keaton avait d’ailleurs très salement balancée lors d’une interview avec David Letterman, la veille de la sortie ! Qu’importe : Nicholson est absolument royal, gargantuesque dans sa prestation à la fois décalée et terrifiante. Attachante et terriblement malsaine. La légende raconte que face aux hésitations de Nicholson, Robin Williams avait été engagé pour le rôle, uniquement pour faire changer d’avis Jack Nicholson (ce qui est très moche soit dit en passant). Les producteurs seraient ensuite allés voir Nicholson en lui expliquant gentiment que s’il continuait à hésiter, un mec avec le talent de Robin Williams serait ravi d’occuper le poste. Nicholson finira par admettre un véritable amour pour le Joker, et particulièrement pour son amour terriblement tordu, sans « aucun bon goût ». Sa prestation de clown décharnée est d’ailleurs superbement appuyée par la musique de Danny Elfman, sur laquelle nous allons allègrement revenir dans le prochain numéro de S!CK. Le numéro Joker (dans lequel on parle bien évidemment de Nicholson) est par ailleurs toujours disponible sur demandes par mail, ou via notre page Facebook.

Par Fox Mulder le

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