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Alors qu’ils sont nombreux à se demander ce que vaut la saison 4 de Homeland (Spoiler : Personne n’est content, tout le monde s’en bat les couilles), Showtime a dévoilé en toute intimité le premier épisode de son nouveau drama au casting de rêve : The Affair. Comme vous avez déjà pu le constater, on n’est pas du genre à s’emballer ici. Mais quand le début d’une nouvelle série est aussi bien foutu, il y a de quoi s’enthousiasmer. Explications.

Considérez deux catégories de personnes sur cette terre : celles qui connaissent Dominic West pour son rôle de l’agent Jimmy McNulty dans la série The Wire et celles qui se demandent si l’acteur a un lien de parenté avec Kanye West. Inutile de vous dire que si vous vous reconnaissez dans la seconde proposition, il y a une grosse séance de rattrapage à effectuer, accompagné d’une bouteille de scotch irlandais de préférence. Bref, après quelques apparitions dans des productions cinématographiques (300, John Carter), des productions télévisuelles (The Hour, Appropriate Adult) et des productions musicales (Eminem fait appel à lui pour l’introduction de son album Relapse), l’acteur anglais effectue enfin son retour sur le petit écran, dans un rôle qui lui sied parfaitement. Noah Solloway a tout pour être heureux. Marié à une femme qui ne semble pas subir les ravages du temps, il est le père de quatre enfants, possède une maison aux multiples étages et vient d’obtenir une avance pour écrire un second roman, malgré l’accueil mitigé de sa première œuvre. Enseignant public, il se paie même le luxe d’apprécier son boulot. Et si ce n’était pas pour les réflexions cyniques de son beau-père, Noah aurait la vie parfaite. Mais il suffit de quelques regards craintifs dès le début, teinté d’un timide questionnement intérieur, pour se rendre compte que l’homme court à sa perte. Alors qu’il se rend en vacances dans la luxueuse maison de sa belle-famille située en bord de mer, tout va basculer.

Alison Lockart n’a rien pour être heureuse. Serveuse dans un restaurant, son patron se vante à multiple reprises d’avoir réussi à conclure avec elle. Le temps d’un soir qu’elle semble regretter amèrement à la vue de son regard. Trentenaire, mariée et vivant dans un petit coin de paradis, Alison semble avoir perdu la raison de vivre. Aujourd’hui, c’est un anniversaire un peu particulier : celui de son enfant décédé. Détour par le cimetière, elle prend place devant la tombe et affiche tout son malheur. De retour au domicile conjugal, Cole Lockart, son mari, ne lui jette pas le plus doux des regards. Alors qu’elle assiste à un repas familial somme toute convivial, la partition musicale semble faussée. Alison fait tache. Vidée de toute volonté de vivre, elle semble incapable de faire son deuil. Noah et Alison se rencontrent pour la première fois dans un petit restaurant maritime. Lui, il perçoit Alison comme une serveuse charmante, un brin provocatrice même. Alison semble intriguée par Noah, mais reste sur la défensive, ralentie par le boulet qu’elle traîne depuis deux ans à ses pieds. Par le fruit du hasard, Noah et Alison se rencontrent à nouveau sur une plage. Lui, il voit définitivement Alison comme une femme séduisante qui ne semble pas insensible à ses charmes de quarantenaire. Il joue avec le feu. Quant à elle, elle observe les faits et gestes avenants d’un père de famille qui multiplie les avances implicites. Eux, ils ne voient définitivement pas la même chose et ils sont pourtant interrogés par des officiers de police, soucieux de connaître toute l’histoire.

The Affair repose sur un principe simple, mais profondément important : nous ne percevons pas les situations de la même manière. Nos souvenirs sont impérativement modifiés par la vision que nous avons de l’autre, mais aussi de nous-mêmes. Ainsi, la même histoire, la même scène a deux versions différentes, toutes véridiques aux yeux de leurs acteurs. C’est autour de cette dualité que The Affair centre toute sa narration. Comme le laisse supposer le titre, Noah et Alison vont commettre l’irréparable : l’adultère, le temps d’une passion estivale aux faux airs de relents d’adolescence. Si cette partie de l’histoire est d’ores et déjà assurée, celle qui concentre tous les regards concerne les témoignages des deux protagonistes, qui rappellent dès la première seconde les témoignages de True Detective. Un évènement, présumé tragique, va amener les deux personnages à se confier, sur leur vie, en offrant par la même occasion un regard rétrospectif sur ce moment de leur vie aux spectateurs. Outre ce procédé de narration diablement efficace et le soin accordé à l’histoire, The Affair profite avant tout d’un casting à faire pâlir 90 % des séries américaines. Si Noah est campé par l’excellent Dominic West, Alison n’est pas en reste puisqu’elle est interprétée par Ruth Wilson, qui n’est autre que la psychopathe Alice Morgan de la série Luther. Deux poids lourds qui sont accompagnés par deux autres grands noms de la télévision.

D’un côté, on retrouve Maura Tierney, la femme de Noah, connue pour avoir joué durant de nombreuses années dans la série Urgence. De l’autre, on retrouve Joshua Jackson, le mari d’Alison, dont le look semble définitivement se résumer à une barbe de hipster, connu pour ses rôles dans Dawson et Fringe. Et au cas où vous n’auriez toujours pas compris, on en rajoute une couche : il suffit d’une trentaine de minutes pour que Dominic West s’impose comme l’acteur le plus marquant du casting. Rien que ça. Avec sa réalisation soignée, ses dialogues d’une rare finesse (le dialogue entre Noah et son beau-père, c’est du caviar), The Affair a tout de la série évènement de la rentrée. Celle qui déchainera les passions d’ici quelques semaines et qui raflera des dizaines de récompenses l’année prochaine, exactement comme Homeland a su le faire en son temps. Potentiellement, la série en est capable. Elle a définitivement toutes les cartes en main pour marquer le petit écran de son emprunte. Certes, nous ne sommes pas à l’abri d’un cataclysme qui ferait passer ce billet pour un vulgaire torchon. Mais quand le premier épisode est aussi bon, on se prend au jeu et on imagine déjà nos mâchoires grandes ouvertes à la vue du dixième et ultime épisode. En attendant, The Affair commence ce dimanche, à raison d’un épisode par semaine sur la chaîne Showtime.

Par Sholid le

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