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Quand Sony lance son reboot de Spider-Man en 2012, c’est avec les meilleures intentions du monde. Deux ans plus tard et avec un nouveau film de la franchise sur les écrans, le bilan n’est pas aussi positif que ce que les grandes pontes du studio l’espéraient. Alors que Marvel domine les adaptations super-héroïques avec une main de fer et que DC Comics s’apprête à lancer sa Justice League, précédé d’un Batman VS Superman fantasmé depuis des décennies, il serait peut-être temps pour Sony de limiter la casse une bonne fois pour toutes.

Une Arlésienne en puissance


L’aveu d’impuissance du studio est flagrant. Initialement prévu pour 2016, The Amazing Spider-Man 3 est repoussé à 2018, laissant la place libre à l’adaptation longtemps discutée du jeu vidéo Uncharted, dirigée par l’inquiétant Seth Gordon. C’est-à-dire que Sony préfère capitaliser sur une adaptation pour le moment bancale, avec un scénario remanié à de nombreuses reprises, plutôt que d’assurer ses arrières grâce à l’un des super-héros les plus populaires sur grand écran. Avec des résultats inférieurs au premier opus dans une industrie où les chiffres se doivent d’être croissants, la nouvelle n’a rien d’étonnant. Au lieu du troisième épisode, il faudra se contenter de l’adaptation pour le moins effrayante des Sinister Six, ce spin-off de Spider-Man qui réunit de nombreux vilains comme Le Bouffon Vert, Electro, Docteur Octopus, Mysterio, Kraven The Hunter, le Rhino (les vilains changent en fonction des différents univers). Méconnu du grand public, les Sinister Six ne sont pas les noms les plus vendeurs du catalogue de Spider-Man, mais le film s’impose comme une sonde du marché qui testera la capacité du studio à développer l’univers du héros. Comprenez par là qu’en cas de résultat négatif, l’araignée va avoir bien du mal à continuer à faire cavalier seul. Le fait est, Sony a fait fausse route depuis le début, et se fait maintenant dépasser par un phénomène que les dirigeants n’avaient pas prévu. Le Spider-Man qui a la côte n’est pas si magnifique. Il est avant tout ultime.

Ultimate, sinon rien


À la fin des années 2000, l’éditeur de comics Marvel décide de relancer ses super-héros les plus emblématiques dans une série destinée avant tout à fidéliser un public plus jeune, sans les perdre dans plusieurs décennies de publications. L’univers Ultimate vient alors de naître. En tête d’affiche, Ultimate Spider-Man est dirigé par deux grands maîtres du comics : le scénariste Brian Michael Bendis (scénariste de Power, le comic que Sony va adapter en série pour les possesseurs de Playstation 4) et le dessinateur Mark Bagley. Pendant dix ans, ce duo va réécrire toute la mythologie de l’homme-araignée, à travers une centaine de numéros tous plus incroyables les uns que les autres. Malgré des ventes qui n’ont cessé de chuter au fil des années, Ultimate Spider-Man a fait sa petite révolution il y a quelques années en tuant Peter Parker, et en faisant de Miles Morales le nouveau Spider-Man. Un héros que tout le monde qualifiera sans maladresse de surprenant, car d’origine afro-américaine. Comme quoi, Captain America est loin d’être le premier super-héros à changer de couleur de peau… Le comic a fait l’objet d’une adaptation pour le moins logique, puisque Ultimate Spider-Man, diffusé sur Disney XD aux USA et sur France 4 dans nos vertes contrées, est un dessin animé au succès indéniable.

Une succession d’erreurs


La vente de produits dérivés ne trompe pas : la popularité de cette adaptation auprès des plus jeunes n’est plus à prouver. Et pourtant, sa qualité laisse à désirer. Du coup, on se dit que Sony aurait dû s’emparer du phénomène bien avant qu’il ne lui échappe. On dira ce qu’on veut de The Amazing Spider-Man (tout comme on pourrait aisément critiquer la trilogie de Raimi), les erreurs se situent au-delà de ces quelques bribes de scénarios qui ont divisé le public. La première erreur de Sony est d’avoir intitulé son reboot « The Amazing », un titre qui n’évoque plus grand-chose si ce n’est un comic vieux de 700 parutions, dont les plus jeunes doivent sûrement écarquiller les yeux à l’écoute ou à la lecture. La seconde est d’avoir voulu réécrire la mythologie de Spider-Man, sans s’appuyer sur les arcs qui ont créé sa renommée et qui sont encore inédits au cinéma. La troisième est de ne pas avoir su prendre les devants en adaptant tout simplement Ultimate Spider-Man et les arcs les plus marquants du comics, un peu à l’image du dernier X-Men qui puise dans des épisodes bien connus des fans aguerris. Car il faut bien l’avouer, en quatorze ans, Ultimate Spider-Man regorge de rebondissements tous plus violents les uns que les autres.

La poule aux œufs d’or


Si l’œuvre ne réinvente aucunement les fondations de la mythologie du super-héros, il en sublime ses passages obligatoires. Des Sinister Six, à Venom en passant par Carnage et Spider-Women, le matériel fourni par le comic mâcherait une grande partie du travail d’invention. En prime, Sony aurait même pu créer un gros coup de pub en flinguant Peter Parker sur grand écran pour laisser place à Miles Morales. L’avantage d’une adaptation cinématographique de Ultimate, c’est que peu de monde en connait vraiment les tenants et les aboutissants. D’autant plus que le dessin animé ne reprend aucun des événements importants de l’œuvre. Du coup, ce sont des dizaines d’histoires qui pourraient faire l’objet d’une adaptation parfaite qui dorment paisiblement. Au lieu de ça, The Amazing Spider-Man exécute un mash-up dérangeant entre la parution historique du comic et Ultimate Spider-Man.

Des changements nécessaires


Plus qu’un changement d’univers, c’est un changement visuel et de tonalité qui doit s’opérer. The Amazing Spider-Man n’a jamais réussi à trouver la balance entre les blagues vaseuses du super-héros et la dramaturgie de certaines scènes qui auraient dû être marquantes, mais qui n’ont pas su laisser leur emprunte. Et si, pour une fois, Sony laissait un véritable adolescent incarner l’homme-araignée, et non pas un trentenaire qui prétend en avoir tout juste dix-huit ? En 2018, Andrew Garfield aura 35 ans. Sachant que Sony comptait miser sur un quatrième épisode, l’âge de l’acteur commencera à poser problème. Au fond, ce reboot est justifié, ce reboot est compréhensible. Ce qui est incompréhensible, c’est cette impuissance et cette incapacité à tirer profit de Ultimate Spider-Man qui, entre les bonnes mains, ferait à coup sûr un meilleur travail que la nouvelle trilogie. Voilà pourquoi Sony devrait, encore une fois, partir sur de bonnes bases. Car à l’heure actuelle, l’univers qu’ils tentent de bâtir ressemble plus à une maison en construction. Sur un terrain glissant, qui plus est.

Par Sholid le

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