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Zero Dark Thirty

Haut en douleur

Notre monde est moderne. Notre monde est interconnecté et ultra rapide. Désormais, le cinéma peut offrir à peine plus d’un an après la mort d’Oussama Ben Laden une fiction basée sur des faits réels de l’histoire moderne des États-Unis et du « Secret Défense ». Et que vous soyez pro ou anti-américain, si vous avez ressenti quelque chose en 2001 devant votre télé quand les tours se sont écroulées, alors vous vous sentirez concernés par Zero Dark Thirty.

WATERBOARDING

Qui dit terrorisme, dit CIA. Qui dit CIA dit tortures. Et cela nous ramène à cette fameuse polémique qui éclata aux Etats-Unis. Zero Dark Thirty nous plonge sans ménagement ni remise en question dans l’envers du décor. Exposant à nos yeux extérieurs des hommes soumis aux pires traitements, sous prétexte d’une possible détention d’informations. Pour faire simple, ils sont traités comme des chiens, voir pire. Cette scène introductive, quelque peu insoutenable, annonce un film haut en douleur qui ne laisse pas indifférent. Et pourtant, malgré cette désagréable entrée en matière, ce qui prend place ensuite ce sont des années de traque sans relâche par une femme fraîchement débarquée à la CIA. Une recherche morbide ponctuée d’attentats: Londres, Madrid, Afghanistan et celui déjoué à Times Square. Et ce chiffre réel: près de 18000 pistes ont été suivi avant d’enfin trouver le terroriste. Outre la mise en avant des services de la CIA, c’est aussi (et surtout) la mise en avant d’une femme (jouée par Jessica Chastain) qui va permettre l’aboutissement d’une mission devenue légendaire. Légendaire dans son caractère unique mais aussi « imaginaire ». Souvent la question de l’existence même d’OBL a été mise sur la table, rendant cette chasse à l’homme presque insensée. Au travers de cette femme transparaît aussi la réalisatrice, Kathryn Bigelow, qui affirme son talent et sa virtuosité à chaque plan incisif. Proche du docu-fiction, trop proche ? Les 2h30 sont passionnantes, surtout quand les faits réels connus de tous nous permettent de deviner ce qu’il va se passer à l’écran. Comme lors de ce plan d’un bus londonien. Suivra l’attentat du 7 juillet 2005.

RECONSTITUTION DÉRANGEANTE

Après le point de départ coup de poing arrive le grand final que l’on attend tous. L’assaut sur la cachette d’Oussama Ben Laden à Abottabad à minuit trente (prononcé Zero Dark Thirty en langage militaire). Toute l’opération a été reconstitué pour le film dans les moindres détails. De quoi faire hérisser les poils. Les Black Hawks furtifs jamais vus en vrai mais fabriqués pour le film. Le crash de l’un de ces avions, l’utilisation d’explosifs pour dégommer les portes blindées de la maison, et puis les assassinats. Si l’on peut utiliser un autre mot ? Un par un, les messagers, complices et quelques proches de Ben Laden sont exécutés de la manière la plus froide possible. Le voile de fiction est devenu trop mince et si cela avait été diffusé sur le net, personne n’aurait vu la différence. En caméra subjective par intermittence et avec des plans en vision nocturne, la Team Six (le groupe d’intervention militaire le plus célèbre du monde) fait un travail remarquable d’efficacité jusqu’à arriver au dernier étage. « Oussama, Oussama ». Headshot. La scène est d’une intensité sans nom. Pas parce qu’elle est stylisée mais parce qu’elle donne une résonance particulière dans nos esprits. Dites-vous que si un français moyen ressent cela, alors qu’est-ce qu’à bien pu ressentir un américain ayant perdu un proche lors du 11 septembre 2001 ? L’ennemi le plus recherché au monde est mort, tué devant nos yeux abasourdis. Et la difficulté de décrire le sentiment éprouvé à cet instant est plus que jamais palpable. Tout ça est bien surréaliste…

> Voir la bande-annonce de Zero Dark Thirty

Qu’apporte Zero Dark Thirty au cinéma ? Est-ce seulement un exutoire malsain pour tout le peuple américain ? Ou un docu-fiction nécessaire pour l’Histoire ? Une chose est certaine, Zero Dark Thirty va s’ancrer dans les esprits comme référence ultime d’un pan de l’histoire américaine. Quoiqu’il arrive, ce film vient déjà de changer l’imaginaire collectif. Nous ne saurons jamais ce qu’il s’est vraiment passé. Kathryn Bigelow donne sa version. Une vision déroutante qui ouvre une multitude d’interrogations morales.

Zero Dark Thirty - VERDICT

Par FMA le

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