Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Young Ones

De l'eau et des bas

Droit comme un piquet planté au milieu du désert, la gueule cramée par le soleil, Ernest Holm veille au grain. Sorte de Mad Max décrépi à la gorge sèche, ce père de deux ados défend bec et ongle le peu d’eau potable qu’il lui reste. Il est prêt à tuer pour une gorgée de plus. Et il n’est pas le seul. Devenue le nouvel or blanc dans un univers aussi sec que le désert d’Afrique du Sud, l’eau est à la fois le symbole de la survie, mais aussi d’un espoir : celui d’un jour pouvoir à nouveau irriguer des terres autrefois fertiles. Sorte de Néo-western dystopique noyé dans un monde sans eau, Young Ones est un film d’auteur qui aime jouer avec nos nerfs. Alternant les temps forts, mais aussi (et surtout) les temps morts.

Trônant comme d’imposantes figures dans un univers dépouillé, Young Ones sait mettre ses protagonistes en valeur. Au-delà du charisme naturel d’un Michael Shannon qui crève l’écran, la caméra de Jake Paltrow possède ce don pour souligner les contours, et faire transpirer les non-dits depuis un simple plan fixe. Le cinéaste voue à ses personnages un vrai culte de la personnalité, signant au passage une belle démonstration de septième art, qui montre pourtant bien vite ses limites. À force de s’extasier sur ses décors sans âmes et ses brindilles desséchées, multipliant les fondus enchainés plus vieillots que rétro, le réalisateur en oublie presque qu’il a une trame à dérouler. Celle d’une famille désunie vivant dans la solitude d’un père alcoolique et d’une mère absente. Mary, la fille, est une petite conne insupportable, jouée par une Elle Fanning ultra poussive. Quant à Jérôme, il marche discrètement sur les traces de son père. Sans faire de vagues. Seul l’espoir les fait survivre : ils possèdent les dernières terres fertiles du coin. Tout ce qui leur manque, c’est un peu de H20. L’immensité est cependant l’écrin de toutes les convoitises, et le bon voisin d’hier pourrait bien devenir la menace de demain.

Divisé en 3 chapitres distincts basés sur autant de personnages, Young Ones prend le parti pris d’une approche académique, qui a au moins le mérite de structurer le film de manière cohérente et explicite. Mais c’est aussi exactement ce qui rend son dénouement prévisible. Le déroulement fait d’ailleurs un peu penser à Blue Ruin, une histoire de vengeance sanglante dont les éclats de violences sont aussi rares qu’inattendus. Là aussi, il est question de revanche sur la vie. À la différence que celle de Young Ones n’offre aucune surprise. Si la forme cultive une certaine différence, le fond est quant à lui vu et revu. Au-delà de la belle performance de Nicolas Hoult (qui a bien changé depuis la première saison de Skins) la vraie star du film reste son contexte. Un rude futur alternatif qui met la civilisation à genoux, où on lave la vaisselle avec du sable, et où on fait le plein d’un pick-up avec de l’eau. Une denrée qui est ironiquement devenue plus rare que l’essence. Représenté par une sorte de robot mule presque attachant, le contexte anxiogène se fait le catalyseur des émotions des âmes qui l’entoure. Il suit nos personnages de partout, il les observe passivement depuis son œil caméra. Comme un ultime témoin de la débâcle de la race humaine, poussée dans ses derniers retranchements.

Young Ones - VERDICT

Par Fox Mulder le

Plus de lecture