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X-Files, saison 10

FBI's most unwanted

Plus que jamais, la nostalgie est l’un des moteurs les plus puissants de l’industrie télévisuelle. Loin devant l’audace, la créativité, ou la volonté de marquer l’histoire du petit écran. Lorsqu’ils ont décidé de réveiller le Kraken, Chris Carter et la Fox n’avaient déjà plus rien à dire sur X-Files. La série la plus conspirationniste et paranoïaque des années 90 avait réussi (avec succès) à marquer l’histoire de son support cathodique. Le dix-neuvième soir du mois de mai 2002 marquait le point de non-retour. Un final explosif, expéditif, qui clôturait le chapitre une bonne fois pour toutes. Plus d’une décennie après les faits, le monde n’avait clairement pas besoin d’un retour de X-Files. Pourtant, il est paradoxalement impossible de ne pas frémir à l’annonce d’une dixième saison, du retour de Mulder, de Scully, de Skinner, du paranormal et de ce thème principal : emblématique, iconique, culte. Inutile de dissimuler les frissons qui ont parcouru des millions de colonnes vertébrales lorsque le générique a retenti de nouveau sur les ondes. Seulement six épisodes plus tard, le constat est mitigé. Partagé entre une excitation sans borne, et de sérieux doutes quant à la légitimité de ce nouvel apport dans la mythologie entamée par Chris Carter en 1993.

Dès les prémices du premier épisode, le retour de X-Files ne partait pas gagnant. Après s’être fait unanimement laminer par la presse Américaine, ce nouveau chapitre semblait condamné à suivre le sort funeste de la neuvième saison du show, qui n’a véritablement vibrée qu’au son de la voix de David Duchovny, qui ne revenait que pour quelques rares épisodes. Personne ici n’ira vous dire que ce revival de n’était rien de plus qu’une sombre idée de merde. Il est vrai qu’il est imparfait. Parfois maladroit, parfois incongru, d’autres fois tout simplement mauvais. Mais il reste diablement jouissif. Ceci n’empêche pourtant pas certains dialogues d’avoir l’air forcés, caricaturaux au possible. Chris Carter a clairement fait une erreur avec son come-back : celle de partir du principe que le monde avait oublié la substantifique moelle de son show. Il a voulu reprendre de zéro, redéfinir les contours au feutre rouge, et retrouver de manière assez poussive les codes qui ont fait le sel de la série. Au lieu de regarder vers l’avenir, les six premiers épisodes se concentrent donc uniquement sur le passé, et se focalisent sur des mécaniques aussi éculées que satisfaisantes, qui tirent une fois de plus allègrement sur cette bonne vieille corde nostalgique. Il y a quelque chose de profondément dangereux dans cette utilisation à outrance de notre fibre sensible. Si cette approche fonctionne un temps, elle ne tardera pas d’épuiser très vite son audience. Il y a 20 ans, le monde n’avait pas besoin qu’on le prenne par les sentiments pour se coltiner un marathon X-Files. On voulait de la nouveauté, du mystère, et ce sentiment jubilatoire de découvrir une nouvelle histoire tordue toutes les 45 minutes. Et ça n’a pas changé depuis.

Il y a de ça dans cette dixième saison, forcément, et l’excitation au début de chaque nouvelle intrigue est intacte. Mais la suite finit très souvent par déchanter. Rien de catastrophique, mais juste assez pour faire naitre ce petit sentiment de frustration. Se dire que c’était bien, mais que ça aurait pu être mieux. Bien qu’elles soient entièrement nouvelles, les histoires de cette dixième saison sont déjà vues. La conspiration reprend de plus belle, avec cette fois-ci des enjeux beaucoup plus clairs, et donc forcément moins mystérieux. Les gentils et les méchants sont parfaitement identifiés, et le brouillard autrefois si important, totalement dissipé. L’épisode dans la veine du Monster of the Week est excellent, très drôle, surprenant, fort bien écrit, mais il baigne tellement dans le fan service, qu’il finit par en devenir too much. Chaque réplique a une vocation comique, si bien que l’on finit par croire à une énorme farce. Un épisode parodique, plus qu’une véritable enquête de Mulder et Scully. Un constat qui pourrait s’appliquer à la saison dans son ensemble. En manque de repères et de confiance, la série en fait constamment trop, et chasse le naturel au fil des clichés accumulés. Ce qui nous mène à penser que cette dixième saison n’est en rien une suite, mais plutôt un best-of particulièrement bien enrobé. Cette dernière a cependant le mérite de reposer des bases solides pour la suite. Sans ses défauts obsédants, elle est même plutôt jouissive. Dans le fond, c’est précisément ce que l’on attendait du retour de X-Files, ni plus, ni moins. C’est une série du début des années 2000, diffusée au beau milieu de la grille de 2016. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose. Néanmoins, on espère très sincèrement que le succès d’audience de ce come-back ôtera toute la pression qui pouvait reposer sur les épaules de Chris Carter, qui pourra enfin se libérer, et offrir à la société moderne la nouvelle salve X-Files qu’elle mérite tant.

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Par Fox Mulder le

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