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Whiplash

Coup de fouet

Le thème de Whiplash est universel. Du moins si vous avez déjà ressentie dans votre vie le besoin d’accomplir quelque chose de grand. Que ce soit dans à travers un art, une prouesse sportive, un objectif personnel au premier abord inaccessible. Bref, quelque chose d’extraordinaire. Whiplash s’adresse à l’homme ou à la femme en vous, qui cherchez depuis l’enfance une forme de succès inégalable dans un domaine bien précis. Si vous possédez cette flamme, sachez que le second long métrage de Damien Chazelle risque bien de la raviver jusqu’à vous convaincre qu’il n’y a qu’une seule façon d’arriver à vos fins.

Whiplash est un film sur la virtuosité, qui titille la fibre artistique qui réside en chacun de nous. Damien Chazelle connaît ses sujets. La musique tout d’abord. Il a en effet lui-même été batteur pendant quatre ans, sans aller pourtant aussi loin que la situation qu’il décrit dans son long-métrage. Celle d’Andrew Neiman incarné par Miles Teller, vu dans Projet X. L’acteur incarne ici un jeune batteur en première année de l’école de Shaffer, justement réputée comme étant la meilleure. Dans cette école se trouve Terrence Fletcher, le très bon J.K Simmons vu dans les Spiderman. Un prof dont le mot « limite » n’a pas vraiment de sens ni d’intérêt. Repéré par ce prof de génie, Andrew Neiman devient alors la nouvelle trouvaille de Fletcher, qui prend un malin plaisir à torturer son nouvel élève. Son but étant de découvrir le nouveau Charlie Parker (célèbre saxophoniste). Humiliation, manipulation, sévices moraux, tous les moyens sont bons pour pousser à bout le jeune Neiman. Si le découragement et l’abattement ne sont jamais très loin, la confiance et l’espoir rôdent aussi. Neiman cassera sa batterie, se jettera sur son professeur, et bien plus encore. Cela vaut-il le coup ? La réponse est oui. Quitte à ne pas avoir le temps pour des amis ou une petite copine. Damien Chazelle connait aussi très bien le cinéma. En témoigne une incroyable gestion du rythme du début à la fin, sublimée par une montée en tension impressionnante.

Visuellement, c’est aussi une grande merveille que nous offre le cinéaste avec des prises de vues qui transpirent l’amour de la musique. Une main ensanglantée plongée dans un verre d’eau glacée, des gouttes de sang qui éclaboussent une cymbale. Le réalisateur n’hésite pas à utiliser le gros plan à outrance. Les visages sont montrés au plus près, et vu qu’on est face à de très bons acteurs, c’est du plaisir pour le spectateur. Mais la qualité globale ne s’arrête pas là. Musicalement c’est aussi une grande réussite. Plusieurs raisons à cela : déjà le passif de Damien Chazelle, mais également des deux acteurs principaux. Andrew Neiman est également un batteur lui-même depuis qu’il est adolescent. Il connaît donc ce milieu si particulier. Quant à J.K Simmons, il voulut devenir compositeur avant de se tourner vers le métier d’acteur. Chaque membre du film concourt à sa crédibilité et à son intensité. Malgré ça, la plupart des morceaux sont doublés, et c’est bien normal. Mais 70% des prouesses du jeune Neiman sont toute fois bien les siennes, le reste étant doublé par son professeur dans la vraie vie. C’est donc un film musical, certes. Mais c’est aussi une véritable décharge émotionnelle bâtie sur la persévérance d’un jeune passionné. Tout ce brio parvient à nous transcender dans un final musical en apothéose, qui nous épuise nerveusement autant qu’il nous ravit. Whiplash veut dire « coup de fouet », mais c’est avant tout un coup de maître. Pour ne pas dire un coup de foudre.

Whiplash - VERDICT

Par FMA le

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