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The Walking Dead, saison 6

Tromper la mort

Récemment, la production de The Walking Dead avouait ne pas concevoir la série de telle façon qu’elle soit adoubée par les cérémonies de récompenses. Un comportement louable en soit, à un détail près : elle n’a jamais eu la carrure des plus grands, quand bien même elle serait la plus populaire de son époque. The Walking Dead n’est pas Fargo, Breaking Bad, Mad Men, ou encore The Wire, pour la simple et bonne raison qu’elle n’est jamais parvenue à effacer ses nombreuses frustrations. Malgré ce péché d’orgueil d’une production qui semble plus occupée à vendre chaque nouvel épisode comme le plus impressionnant du show, il faut bien reconnaître que cette sixième saison est la plus aboutie à ce jour. C’est celle qui parvient le mieux à titiller ce que The Walking Dead pourrait être, si la série passait moins de temps à vouloir étirer son intrigue par tous les moyens.

Paradoxalement, l’un des problèmes de la série The Walking Dead, c’est Robert Kirkman. À trop vouloir surprendre les lecteurs de son comics, le créateur semble prendre plus à cœur de déjouer les attentes suscitées que de s’appuyer sur les qualités narratives qui constituent la force de son récit original. Le résultat est celui que vous connaissez tous plus ou moins : cette sixième saison s’achève sur une mise en scène audacieuse, ponctuée par un cliffhanger des plus malhonnêtes. Il ne s’agit pas de reprocher à la série de ne pas être comme son aîné, mais de ne pas s’atteler à reproduire les émotions provoquées par le comics. Dans les faits, il est difficile de prendre la série au sérieux, tant les questions qu’elle pose sur notre société et notre propre humanité ont déjà été traitées avec beaucoup plus de réussite. Il convient donc de la prendre pour ce qu’elle est : une sorte de défouloir, un plaisir coupable qui fait tomber peu à peu ses têtes les plus emblématiques. La réflexion n’est aucunement péjorative. The Walking Dead est une catharsis, un purgatoire des passions qui puise sa réussite dans ses protagonistes qui n’ont cessé de gagner en charisme. Cette idée en tête, il n’est pas difficile de comprendre pourquoi l’arrivée de Negan est l’événement attendu par les amateurs de la série depuis plus de deux ans. Le problème est donc le suivant : à partir du moment où The Walking Dead ne respecte plus son rôle de catharsis, que reste-t-il, que faut-il attendre d’elle ? Les qualités ne manquent pas, c’est indéniable. Mais à force d’usurper son identité, la série de la chaîne AMC n’a ni l’aura des plus grands, ni l’appréciation du plus grand nombre. En déjouant les attentes de tous, The Walking Dead est parvenu à saboter sa propre identité.

Un sabotage qui est d’autant plus frustrant que cette sixième saison est assurément ce que la série a eu de mieux à offrir jusque maintenant. Le rythme est mieux maîtrisé, surtout dans la seconde salve d’épisodes. L’amélioration est suffisamment notable pour rêver d’une saison qui ne se perdrait jamais en cours de route, et qui ne gaspillerait pas quarante minutes à expliquer ce qui pourrait l’être en trois fois moins de temps. Ça ne sera pas encore pour cette année ! Les bonnes idées ne manquent pas, même si elles sont entamées par plusieurs faux pas. La mort, ce n’est plus ce que c’était. Ainsi, les protagonistes les plus emblématiques semblent détenir une certaine immunité à son égard, en la trompant à plusieurs reprises de manière assez grotesque. Pourtant, l’apparition de nouveaux personnages comme Jesus, Gregory ou encore les Sauveurs devrait permettre à la série de ne pas hésiter une seule seconde lorsqu’il s’agit de se séparer d’un personnage dont elle aurait fait le tour. Et puis il y a cette excellente idée, ce retournement de situation qui ne place plus la population d’Alexandria en tant que proie, mais en tant que prédateur. Une situation qui devient rapidement inconfortable pour le spectateur et qui était déjà annoncée par la fin de saison précédente : Rick n’a plus aucune limite. Dans ce rôle, Andrew Lincoln se détache immédiatement de ses collègues, et ce depuis bien longtemps. Après six années de diffusion et de nombreux rebondissements, The Walking Dead a toujours des choses à dire, quand bien même on pourrait lui reprocher de frôler le degré zéro de la subtilité. Captivante, sans être toujours intéressante, la série phare de AMC devrait encore avoir de beaux jours devant elle via la présence du terrible et charismatique Negan.

WD6 REVIEW 02

Par Sholid le

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