Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

De mémoire cinéphile, le cinéma français n’a pas souvent tenté de raconter l’histoire d’un homme doté de pouvoirs surnaturels, comme aurait pu le faire une production américaine. Ici, le réalisateur Thomas Salvador (visiblement fans de ces univers de super héros) décide de réaliser un pur produit français sur un homme-poisson, un Aquaman. Et si les effets spéciaux ne sont pas à la hauteur des grosses productions hollywoodiennes, le charme opère pourtant à merveille.

Vincent n’a pas d’écailles, mais il est aussi rapide qu’un dauphin dans l’eau. Alors que le spectateur se rend compte des capacités incroyables du personnage principal, le réalisateur prend le parti pris de taire la provenance de ces pouvoirs. C’est déjà une première façon de détourner les codes du genre. Il n’est en effet jamais question des origines. Le film débute d’ailleurs au milieu de nulle part, dans une rivière, avec Vincent qui nage. Le héros peut glisser comme un poisson, décupler sa force si il est en contact avec de l’eau. Et sous la pluie, il devient capable d’exprimer une agilité hors du commun. Le cinéaste montre comment un homme normal réagit à la découverte de sa nouvelle force, ce qu’il en fait, et où cela le conduit. Et à travers cette idée là, le personnage ne considère pas ses capacités extraordinaires comme un pouvoir qu’il lui aurait été « donné » pour un but précis. Ce long-métrage a donc une dimension profondément humaine, car la vie de Vincent nous touche bien plus directement que la vie d’un Iron Man. C’est d’ailleurs pour cela que l’acteur qui incarne l’énigmatique Vincent est un inconnu du cinéma, un monsieur tout le monde. Ce dernier a d’ailleurs dû frôler la pneumonie vu le nombre de scènes où il stagne dans une eau sale et froide.

Vincent n’a pas d’écailles, mais il n’en est pas moins étrange. Le réalisateur instaure d’ailleurs ce côté lunaire et mystérieux du protagoniste en le plongeant dans un incipit très lent, très silencieux, sans dialogues, et où on entend seulement le bruit de l’eau. Vincent peut-être considéré comme un marginal, car il vit hors de la société dans les lacs et les rivières. À ce titre, le décor du film (les gorges du Verdon) est absolument magnifique. La marginalisation de Vincent est cependant volontaire, car il n’a rien d’un monstre physiquement. C’est lui qui décide de ne pas trop se mêler aux autres par peur des conséquences de ces actes. Le premier film de Thomas Salvador est une comédie dramatique, dans laquelle Vincent va braver son isolement pour les yeux d’une femme qu’il va aimer, et d’un ami qu’il va sauver. C’est à partir de ces rencontres que l’intrigue va vraiment se lancer, et dérouler une qualité constante. Dans le fond, les effets spéciaux peu convaincants n’importent que bien peu. Dans un sens, on peut même affirmer que tout cela colle même à l’ambiance générale du long-métrage, qui a un côté « artisanal » assumé. Souvent drôle, sans jamais tomber dans le ridicule pour autant. Vincent n’a pas d’écailles est une création délicate, tendre, épatante, généreuse et décalée. Le rire est souvent présent, comme lorsque le cinéaste fait une référence hilarante à Spiderman. Un premier film surprenant, qui invente un superhéros très humain, avec peu de moyens, et une efficacité à faire pâlir Hollywood.

Vicent n'a pas d'écailles - VERDICT

Par FMA le

Plus de lecture