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VANISHING WAVES

Coma onirique

Les individus plongés dans le coma nous entendent-ils ? Ont-ils encore conscience de leur environnement ? Des études ont montré que le cerveau d’un patient comateux est actif comme celui d’une personne saine et éveillée. La seule différence, c’est que les échanges d’informations n’ont pas lieu au même endroit. Voilà le sujet de réflexion qui attire les scientifiques franco-lituaniens dans Vanishing Waves. Tenter d’établir des connexions avec un sujet endormi en connectant un scientifique volontaire sur le cerveau du malade. A défaut d’un casting fabuleux et d’une production hollywoodienne, ce premier film de la lituanienne Kristina Buozyte a le don de captiver le spectateur par son sujet passionnant.

SUBCONSCIENT ÉROTIQUE

Lukas est un homme marié qui se porte volontaire pour une expérience sans précédent dans le monde de la neurologie: entrer en contact avec une personne dans le coma. Le but est de créer une connexion et d’analyser les réponses cérébrales du patient. Dans un monolithe noir rempli d’eau, des électrodes recouvrant son crâne, Lukas s’immerge quotidiennement pour rentrer en contact avec « elle » (celle qui est dans le coma). La liaison neuronale peut alors s’établir… Des images pixélisées, des bruits inaudibles, des vagues visuelles. Puis plus rien. Dès le deuxième essai, Lukas se retrouve dans un rêve plus concret. Il est dans l’eau et ne peut atteindre la surface. Il va mourir jusqu’au moment où l’espace change et où il se retrouve sur la plage. Là un corps de femme gît. Une magnifique sirène que Lukas tente de réanimer par un bouche à bouche qui se termine par un réel « french kiss »… Puis plus rien. Lukas se réveille. Sa vie ne sera plus pareille. Il commence une double vie entre le rêve et la vie. Lukas enchaîne les connexions mais n’informe pas ses collaborateurs des ses expériences. Ces rêves sont de plus en plus remplis de fantasmes. Du sexe érotique sur un plancher, du sexe à plusieurs, un banquet de nourriture incroyable, du sexe brutal, le pouvoir etc. Difficile après ça de revenir intact dans le réel… Et c’est bien à partir de là que tout dérape.

AMOUR ET INCONSCIENCE

Vanishing Waves raconte surtout une histoire d’amour comme une illusion d’optique. Les plans mélangent romance, érotisme, onirisme et donnent le vertige. Cette quête amoureuse de Lukas donne lieu à un réel esthétisme rare au cinéma. Il y a un véritable travail de la sensualité des matières, des corps, des couleurs et des lumières. Un résultat très sensoriel qui mise beaucoup sur l’imagination, l’immersion et la capacité du spectateur à s’abandonner. On s’abandonne littéralement mais on arrive cependant à rester lucide et à s’interroger : Lukas est-il bien raisonnable à mélanger amour imaginaire et science ? Un scientifique se doit de rester objectif dans ses résultats. Lukas perd, lui, rapidement le sens de ses devoirs professionnels. Il veut aller jusqu’au bout de l’expérience quitte à tout perdre s’il peut guérir cette comateuse dont il est tombé amoureux au point de massacrer à mains nues un homme dans son rêve. Il glisse doucement vers l’inconscience et la prise de risque. Et en vient même à dire cette maxime géniale : « L’objectivité n’est que le fétichisme du vrai ». Ces rêves deviennent plus absurdes, plus violents, moins sexuels. Et rien ne semble pouvoir arrêter l’escalade…

Malgré un jeu d’acteur vraiment minimal et des personnages plutôt creux, l’intrigue et le sujet sont captivants, passionnants et nous tiennent en éveil pendant les deux heures. La réalisation, bien que classique, nous plonge dans cette histoire d’amour onirique et déchirante entre deux êtres fait de synapses et d’impulsions neuronales. Les limites du réel et du virtuel sont outrepassées et nous font tomber rapidement dans des vagues cérébrales qui peu à peu se volatilisent. Nos deux êtres courent nus sur une plage infinie mais ne se rattrapent jamais, comme dans un rêve…

Vanishing Waves - VERDICT

Par FMA le

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