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Under the Skin

Noirceur en intraveineuse

Under the Skin est un objet cinématographique non identifié. Il présente avec singularité un alien ayant les traits de l’une des femmes les plus désirées au monde : Scarlett Johansson. Cet être sombre et plantureux est à la fois terrifiant, car il n’a aucune émotion, mais aussi parce qu’il représente la femme fatale. Celle qui terrorise les hommes à cause de sa beauté. Le réalisateur, Jonathan Glazer, signe un film dérangeant, sombre et magnifique qui permet à Scarlett de marquer à nouveau sa carrière par une œuvre majeure.

Un alien déguisé en femme, cela rappelle la célèbre scène de Mars Attack de Tim Burton. Sauf qu’ici, le monstre n’a rien d’extravagant. Il est si proche de l’humain que cela en devient troublant. Il a revêtu un moulage de peau humaine d’où le titre Under The Skin et d’où notre angoisse quand l’alien apparaît sous sa vraie forme. L’extraterrestre a même un nom : Laura. Le malaise continue à chaque coin de la ville d’Écosse où a eu lieu le tournage. Le lieu se prête en effet parfaitement à un sentiment d’étrangeté surtout quand la créature erre en voiture dans les rues pour satisfaire son appétit sexuel. Elle ne fait cependant jamais l’amour, comme si elle était étrangère à son propre corps. Le réalisme des décors et des habitants est saisissant. Le choix du réalisateur était de tourner une partie de ce film comme un documentaire expérimental. Les scènes de rencontre avec les badauds ont été réalisées en caméra cachée. Scarlett devait approcher des types et quand elle se sentait en danger, elle pouvait renoncer à son plan. Les hommes attirés dans le van ne sont donc pas des acteurs, mais des badauds leurrés par l’actrice. Le réalisateur a également longtemps observé les habitudes des passants pour se rendre compte que les humains étaient des êtres profondément seuls. Cette solitude et ce vide se ressentent durant tout le film, dans tous les plans où l’on aperçoit de vrais habitants d’Écosse.

Under the Skin est une chasse à l’humain par une femme. L’arme de la créature est sa beauté surnaturelle. Les hommes ont de toute façon déjà abdiqué. Ce destin implacable qui compresse notre cœur est illustré par une scène incroyable de désespoir : un chien est en train de dériver sur la mer, ses propriétaires se jettent à l’eau pour aller le chercher, laissant derrière eux leur nouveau-né. À ce moment-là, Laura arrive à côté d’un nageur qui voit la scène de loin et se précipite pour aider les personnes. Il sauve le mari qui retourne immédiatement dans les flots intrépides de la mer. Le nageur revient sur la plage et s’écroule de fatigue. L’alien lui frappe la tête à coups de pierre et s’enfuit. Laura laisse derrière elle le bébé et les deux parents noyés. L’humanité court à sa perte et l’extraterrestre finit juste le travail. Ce rapport morbide à l’eau se retrouve également lorsque Laura séduit ses victimes et les amène dans une salle surréaliste. Dedans les hommes y sont engloutis dans un liquide noir qui les défait de leur peau… L’imagerie du film est onirique et frôle le cauchemar bien trop souvent. Laura confirme d’ailleurs à l’homme défiguré qu’elle caresse qu’il est bien en train de rêver. La bande originale, dans ces moments fascinants, fait un travail remarquable pour rendre le tout encore plus noir. Jonathan Glazer finit par nous écraser de poésie et de métaphores sombres qu’il nous faut décrypter selon nos émotions. Après que Laura ait tenté de devenir humaine, plusieurs éléments deviennent clairs : l’homme est un extraterrestre pour l’extraterrestre et l’humain ne pourra jamais être complètement aliéné par un être extérieur à la Terre. Malgré le pessimisme ambiant, nous triomphons.

Under the Skin - VERDICT

Par FMA le

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