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Excepté la cinquième saison d’Arrested Developpement, Netflix ne s’est jamais aventuré sur les terres de la comédie pure, en matière de création originale. L’erreur est désormais corrigée avec Unbreakable Kimmy Schmidt, une série inédite qui n’a pas vraiment d’égal dans le paysage télévisuel américain. Le pari comique est-il réussi pour autant ? Le sourire destructeur de Kimmy et sa sympathie constante aurait presque raison des défauts qui plombent mécaniquement cette première saison. Il faut tout de même reconnaître que la série créée par Tina Fey offre de bons moments, et qu’elle peut se targuer de réussir là où de très nombreuses séries comiques échouent.

Imaginez la situation. Enfermé depuis des années par un gourou dans un bunker à l’approche de l’apocalypse, vous êtes coupé du monde extérieur, de ses évolutions, des changements de société au point d’être complètement déconnecté de la réalité. Libérée, finalement délivrée, Kimmy Schmidt n’a pas choisi de ne plus mentir, mais de croquer la vie à pleine dent, avec tous les coups foireux que peut réserver la société new-yorkaise à un être aussi naïf que jovial. Elle débarque, dans l’anonymat le plus total, modifiant quelques lettres de son patronyme, afin de ne pas être démasquée. Le subterfuge marcherait presque si Kimmy ne vivait pas dans ce microcosme que nous autres appellerions aisément « une galaxie très, très lointaine ». Premier objectif : trouver un domicile. Un peu par hasard, Kimmy est amené à cohabiter avec Titus, un Afro-Américain explicitement homosexuel, cherchant à brûler les planches de Broadway. Second objectif : trouver un emploi. Un peu par hasard, Kimmy est amené à travailler pour Jacqueline Voorhees, une cinquantenaire qui profite des envies fétichistes de son mari pour lui ponctionne moult richesses, se comptant le plus souvent en billets verts. Alors que Jacqueline est un pur produit de son époque, vivant de compléments alimentaires et de botox, Kimmy est un produit des années 90, une femme éloignée de toute superficialité de par son comportement et sa manière de concevoir la vie.

Kimmy est une femme qui ne sait pas qu’un rectangle d’une largeur d’une quinzaine de centimètres est capable de vous donner l’heure et d’accéder à un puit de connaissance infini via Internet. Très vite, Kimmy va se retrouver en décalage total avec son environnement, cette nouvelle époque dont elle maîtrise à peine les codes. Naturellement, ce décalage est source de nombreux comiques de situation, parfois réussis, d’autres fois ratés. Pour une série comique, Unbreakable Kimmy Schmidt est loin de se planter, même si elle ne réussit pas tous les ressorts humoristiques qu’elle entreprend. Ainsi, le caractère de son principal protagoniste peut vite devenir agaçant, pour peu que certains gags visuels ou langagiers tombent à l’eau. Cette réflexion est également valable pour les personnages qui gravitent autour de Kimmy. Certes, ils détiennent tous une personnalité à part entière, qui contraste avec les autres séries du même genre qui livrent assez souvent des personnages insipides. Mais il suffit que la série ne soit plus drôle le temps d’un instant pour que ces mêmes protagonistes deviennent tout simplement lourds. Malgré tout, le show réserve son lot de bonne surprise, à l’image de cette apparition remarquée de Jon Hamm (l’interprète de Don Draper dans Mad Men) qui excelle dans un rôle totalement con, profitant de son charisme pour mentir comme il respire. Assez folle dans son genre et suffisamment unique pour se démarquer de la masse de productions télévisuelles gargantuesques, Unbreakable Kimmy Schmidt vaut le détour, avec une réserve de xanax au cas où, juste comme ça.

Kimmy Shmidt - VERDICT

Par Sholid le

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