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Twin Peaks, saisons 1&2

Le mythe intemporel

Qui a tué Laura Palmer? Gisant au bord d’une rivière, enrobé dans du plastique, le cadavre de la jeune lycéenne semble paisible, endormi. Il ferait presque partie du décor vallonné et majestueux de la ville de Twin Peaks. Ce jour-là, Laura Palmer est rentrée dans la triste légende de son lieu de résidence. Une bourgade où le mal rôde dans la forêt et où les mystères font partie intégrante de l’atmosphère. Sortie en 1990, la série coécrite par David Lynch a influencé les plus grands, à commencer par un certain X-Files. Retour sur un mythe immortel.

A DAMN FINE CUP OF COFFEE

Centrée autour de la défunte Laura Palmer, la scène d’exposition semble figée dans le temps. En fond sonore, la sublime bande-son lancinante du génie Angelo Badalamenti (compositeur du jeu Fahrenheit) accompagne le tableau qui donne cette irrésistible impression d’être statique, figé, condamné, enfermé dans le cadre et les frontières de Twin Peaks. L’immensité des décors est constamment mise en valeur. Les silences sont réfléchis et la lenteur du récit, qui s’attarde sur le moindre détail, achèvent de donner ce sentiment d’un lieu hors du temps, hors du réel. Premier signe annonciateur du bizarre que va dépeindre David Lynch aux côtés de Mark Frost. Dans cette petite ville de 51201 habitants (5000 à l’origine, c’est la chaîne ABC qui a augmenté le nombre) où tout le monde se connaît, l’arrivée de l’agent du FBI Dale Cooper (Kyle MacLachlan) est donc loin de passer inaperçue. Au volant de sa voiture, l’agent Cooper sourit, il est de bonne humeur. Dans son dictaphone, il s’adresse à Diane (sa secrétaire) pour lui faire part de ses joies, de ses pistes, il lui raconte tout. Rapidement, lui et le Sheriff Truman deviendront amis. La personnalité avenante de Cooper fait de lui un héros rassurant, qui tranche bien souvent avec l’aura de mystère et d’horreur de la ville.

ÉQUILIBRE INSTABLE

D’apparence, Twin Peaks est un endroit charmant. Ses habitants ne sont pas des marginaux à moitiés fous (enfin pas tous) qui ferment les volets quand un étranger arrive en ville. Ils sont normaux, souriants et souvent attachants. Que ce soit la belle Audrey Horne, le sympathique Big Ed ou encore le shérif et son équipe, les habitants de Twin Peaks sont les bons américains biens sous tous rapports, ce qui donne à la ville une aura de paradis sur terre où le soleil brille et où les gens se saluent dans la rue. Et c’est-ce qui fait toute la particularité de Twin Peaks: l’union du soap opéra, au thriller policier. Une alchimie parfaite qui se décline tout au long des 30 épisodes de la série, qui prend un plaisir fou à dépeindre l’horreur dans la normalité. Car bien vite les masques tombent et les secrets se dévoilent (à commencer par l’innocente victime, qui n’est pas si innocente que ça). La nuit tombée, la ville se fait le lieu maudit des secrets inavoués. Celui où un mal inconnu rôde dans la forêt, métaphore du mal dans le cœur des homme. Ici, le pire est toujours suggéré, jamais montré. A ce titre, la série s’étale sur des thèmes d’une violence extrême qu’il est encore rare de voir à la télévision de nos jours.

THE BLACK LODGE

Mené d’une main de maître par le cerveau torturé de Lynch (qui joue lui-même dans la série), l’étrange est toujours amené de manière subtile. Il n’est jamais filmé directement. Toutes les réponses amènent à plus de questions, et la fin d’un épisode est bien souvent suivie d’une période de réflexion ! Le centre de l’attention, c’est incontestablement la Black Lodge, un lieu encore plus hors du temps que la ville elle-même, que Dale Cooper visite dans ses rêves. Une sorte de salon chic rococo épurée à l’extrême peuplé d’habitants qui s’expriment à l’envers et par messages subliminaux. Les acteurs sont à ce titre tous très marquants dans leurs rôles. Certains étant même au début de leur carrière comme Miguel Ferrer ou encore David Duchovny qui signe une performance choquante que l’on oubliera pas de sitôt. Pourtant Twin Peaks est loin d’être la série ultime, celle qui devait révolutionner la télévision de l’époque. Avortée au bout de 2 saisons, la série est une œuvre inachevée et parfaitement imparfaite. Ce qui au final lui colle à la peau. La dernière scène de l’épisode final reste à ce titre la meilleure scène jamais vue dans une série télévisée. 30 minutes incroyables, surréalistes et tout simplement magistrales qui se terminent sur une réplique insoutenable.

Comme le résumait très bien le journal Newsweek de l’époque, Twin Peaks est une série attachante, « But once people begin watching, addiction usually follows. Then, Madness ». Mais une fois que les gens commencent à regarder, l’addiction suit juste derrière. Puis, la folie.

Twin Peaks Serie - VERDICT

Par Yox le

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