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Twin Peaks, Fire Walk With Me

Laboratoire lynchéen

Succédant à la série auréolée et avortée précipitamment, Fire Walk With Me lève le voile sur les 7 derniers jours d’existence de la mystérieuse Laura Palmer. Une œuvre expérimentale et glaciale libérée de tout complexes qui lève enfin le voile sur ce qui se cache derrière le visage angélique de l’adolescente découverte morte, aux prémices de la série Twin Peaks. Plus sombre, plus mature, et affreusement Lynchéens, Fire walk with me surprend et renverse les codes.

PREQUEL DU PREQUEL

Le premier plan en dit long. Un écran de télévision défectueux explose sous nos yeux. David Lynch n’est plus à la télé, et son œuvre Twin Peaks est bel est bien passée dans le monde du grand écran, laissant derrière elle le coté soap opera. Le message est clair, Lynch est en liberté totale. 2H15 où le génie fou va jouer avec nos nerfs, n’hésitant pas à torturer son bébé sous les yeux malmenés du spectateur qui n’est jamais pris avec des pincettes. L’histoire commence 1 an avant les événements de Twin Peaks, lors du meurtre de Teresa Banks. Sur les lieux deux agents du FBI (dont l’un joué par Kieffer Sunterland) briefés par David Lynch lui-même sont également chargés de suivre les traces d’un agent disparu (David Bowie). Tout comme la série, l’enquête mène notre duo dans un endroit reculé, où les scènes s’éternisent. Et peu à peu, les liens avec la ville de Twin Peaks ressurgissent, jusqu’à la prémonition de l’agent Dale Cooper qui imagine la mort d’une jeune lycéenne blonde, d’ici un an. Et c’est justement un an moins 7 jours plus tard, que le thème de la série se fait entendre. A la 32ème minute plus précisément. On y retrouve Laura Palmer et quelques autres bien connu de la série. Le début d’un compte à rebours à la fois atroce, malsain et fascinant.

SPIRALE INFERNALE

L’innocence des première minutes est rapidement balayée par le mal caché qui brule dans les entrailles de la belle Laura Palmer. Comme dévorée vivante, les 7 derniers jours de sa vie sont une spirale infernale qui va révélée au grand jour la face caché de la jeune fille, autrefois suggérée dans la série. Drogue, mal intérieur, amant, puis meurtres, la double personnalité de Laura est scrutée juste dans les moindres détails sordides. Jusqu’à son meurtre lors d’un final à la fois atroce et déchirant. Comme un psychopathe remis en liberté, Lynch fait tomber toutes les barrières, et pousse l’héroïne de son film dans ses derniers retranchements. Nudité, violence, rien n’est épargné à l’actrice Sheryl Lee qui s’en tire avec une prestation à couper le souffle. Lors de ces scènes hors du temps, c’est toute la mythologie de Twin Peaks qui ressurgit, apportant un lot de réponses qui donnent (une fois n’est pas coutume) sur plus de questions. Le spectateur non avertis n’ayant pas vu la série se retrouve face à une décharge continu d’énigmes et d’incompréhensions, alors que les habitués suivront le jeu de pistes de Lynch, de raccrochant à chacun des indices du cinéaste pour tenter (en vain bien entendu) de résoudre le mystère insolvable et inachevé de Twin Peaks.

LABORATOIRE D’UN SCIENTIFIQUE FOU

Ne s’attardant presque uniquement que sur la noirceur de la lycéenne, possédée par un esprit maléfique qu’elle tentait autrefois de combattre, Fire Walk With Me peint le portrait d’une Laura qui a lâché prise et qui s’adonne aux pires vices, consciente que ce sont précisément ceux qui la mèneront à sa fin. Vers une certaine forme de libération. Le prétexte rêvé pour le cinéaste qui déchaine ici des pulsions violentes, presque malsaine lors de scènes horrifiques qui font froid dans le dos. Dernier rempart avant de basculer, la chanteuse Julee Cruise, chante une ultime fois le thème lancinant de la série, sous les lumières tamisées du bar. Une scène de stase où le temps s’arrête une dernière fois. La suite n’est que violence extrême, cris stridents, et effets de lumières stroboscopiques qui agressent la rétine. Le spectacle sang et lumière fait froid dans le dos et termine l’histoire de Twin Peaks en relatant son exact point de départ. Comme si la mythologique de la série était vouée à tourner en boucle, trouvant dans le passé quelque une des réponses que les amoureux de la série culte étaient venus cherchés.

En liberté totale, David Lynch prend à contre pied et délivre un film expérimental, brutal et qui glace le sang. Les horreurs sont enfin montrées, et le choc n’en est que plus fort. Fire Walk with Me est un chef d’œuvre désavoué par son époque. La conclusion glaciale d’un mythe de la télévision. A voir absolument.

Twin Peaks Film - VERDICT

Par Yox le

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