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True Detective, saison 1

Time is A Flat Circle

Parfois, il faut juste se résoudre à accepter que la barre vient encore de monter d’un cran. Que jour après jour le monde des séries TV empiète sur celui du Septième art, et qu’ils tendent à ne bientôt faire qu’un. Car s’il y a bien un truc à retenir au terme des 8 épisodes du nouveau policier de HBO, c’est que l’engouement autour de True Detective était justifié. Justifié par ces deux poids lourds du cinéma qui dégainent un jeu d’acteur qui donne envie de les appeler papa. Justifié par une réalisation sublime qui embrasse les décors marécageux de Louisiane, puant la mort jusque dans ses moindres recoins. Mais surtout justifié par cette intrigue aussi macabre que passionnante, qui s’étale sur presque deux décennies. Peu importe la taille de l’écran, c’est du grand cinéma.

Lorsqu’il s’est dit que son roman prendrait toute sa vraie ampleur sur un format de série TV, Nic Pizzolato a eu ce que l’on appelle dans le jargon une putain de bonne idée. Suffisamment bonne pour que son immense posage de couille paye enfin, lorsque son script tomba un beau matin entre les mains de la chaine qui a donné vie aux Sopranos, The Wire, et autres Sex and the City. Sur HBO, le garçon a eu d’emblée pratiquement carte blanche. Ce qui ne tarde franchement pas à payer. Le pilote instaure dès les premières secondes cette ambiance introspective, poisseuse et indélébile, qui colle à la peau du show jusqu’au final. La narration, les dialogues pointus, le souci du détail, les non-dits et la tension palpable sont autant d’éléments qui ne trahissent pas. True Detective joue dans la cour des grands, et ce, le plus simplement du monde. Il n’y a pas de séquences too much, ni de twists tortueux. Pas de cliffhangers, pas de side-stories. Juste une enquête difficile, labyrinthique, qui fait appel à des procédés narratifs déjà bien rodés au cinéma, qui étendent le récit sur 17 longues années. Matthew McConaughey & Woody Harrelson transpercent l’écran à chaque instant. Plantés dans les rôles respectifs de l’instable Rust Cohle et le père de famille Martin Hart, ils modernisent ensemble le coup le plus vieux du livre : celui du duo de flic diamétralement opposé, partenaires malgré eux, et mût par un objectif commun.

Mais ce n’est pas simplement ça. Sans ne jamais reléguer cette affaire morbide au second plan, True Detective s’attarde longuement sur le destin de ses deux investigateurs. Plus particulièrement les démons que le meurtre initial va réveiller en eux. Le doute, la peur, la haine, la vengeance. Et toujours ce même plan, dans une voiture, où l’on assiste béant aux transformations physiques et psychiques de nos deux antihéros au fil des années. Rongés par la vie, à l’image de ces décors reculés d’une Louisiane morte. Une coquille vide infestée d’usines décrépies, vague reflet des âmes tourmentées qui y habitent. La violence psychologique est extrême, et laisse souvent place à des détonations d’une rare brutalité, dans le monde réel cette fois-ci. Où lorsque subitement tout s’emballe, et que le réalisateur se permet tout. À l’image de ce fameux plan-séquence de 7 minutes non-stop, absolument incroyable. Les effusions de chairs viennent alors ébranler les longues heures de réflexion introspectives, menées d’une main de maître par les monologues nihilistes de Rust Cohle, un homme dont l’esprit vérolé par des hallucinations récurrentes, reste profondément marqué par un douloureux passé qu’il tente de rationaliser par le déni de sa propre existence. Time is a Flat Circle répète-t-il sans cesse. L’éternel recommencement, d’une série dont ont commence à peine à parler.

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True Detective S01 - VERDICT

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Par Fox Mulder le

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