Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Total Recall, Mémoires Programmées

Mémoire déprogrammée

Dans la série « Pourquoi j’me casserais le cul à faire dans l’original alors que je peux aisément faire un max de pognon en tapant dans les valeurs sûres », je vous présente : le remake de Total Recall. Ou : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Bienvenue à Hollywood ! Mais bon, ne soyons pas défaitiste. Laissons-lui sa chance. Et si ça se trouve, il dépasse carrément l’original ? D’autant que nous avons Len Wiseman aux commandes ! Oui, l’auteur de Underworld himself s’il vous plaît… Non j’déconne. C’était couru d’avance tout ça.

TOTAL ÉCLIPSE

Autant être clair tout de suite : pour celles et ceux qui espéraient se rappeler au bon souvenir de la version Verhoeven de 1990 ou de la nouvelle de Philip K.Dick, vous risquez de tomber de haut…Mais pas de panique ! Wiseman s’est arrangé de son côté pour faire tomber son remake/adaptation bien plus bas. Alors un conseil : profitez de cette interminable chute pour faire autre chose comme du tricot, éplucher des patates ou sortir les poubelles. Alors certes, le pitch de base est (dans les grandes lignes) respecté. Doug Quaid est toujours un simple ouvrier se faisant royalement chier dans sa morne existence aux côtés de sa bonnasse de femme. Pour pimenter tout ça, il ira bien faire un tour dans la société Rekall, spécialiste en implant de souvenirs. Et une fois de plus, tout ne se passera pas comme prévu et une folle course poursuite s’engagera alors pour lui, à la recherche de sa véritable identité. Et… ben c’est tout ! Exit donc la planète rouge. Ici, Mars n’est évoquée qu’à une seule reprise, et encore, la faute à un mec qui a chopé le dernier Kinder Bueno (si ma mémoire ne me fait pas défaut). Bon. Pas si grave finalement quand on sait que Quaid n’y a jamais mis les pieds chez K.Dick. Mais quid des extra-terrestres ?  Pierre angulaire de l’histoire originale, élément déterminant de l’adaptation de 1990, la question des aliens est ici tout bonnement ignorée ! Débarrassée de l’aspect sociologique, psychologique et philosophique qui en faisaient toute la saveur, la quête du « héros » devient dès lors complètement fade et d’un intérêt frôlant le zéro absolu… Et on finit invariablement par s’en détacher totalement, laissant Quaid courir seul après son identité, tel un Jason Bourne post-apocalyptique, en plus lourdingue et bien moins classe. Autre point important de l’histoire qui est également passé à l’as : la trituration de méninges ! Tout ceci est-il bien réel ? Ou cela fait-il juste parti de l’implant de souvenirs par Rekall ? Cerise sur le gâteau d’un récit déjà bien inspiré, la part d’imaginaire et de réalité dans le film de Wiseman vole malheureusement en éclat au bout de…20 mn ! Et là, il n’y a plus de doute possible : tout est vrai ! Pourquoi se faire chier avec des rêves susceptibles d’être bien réels ? Ou inversement d’ailleurs…Trop compliqué. Allez hop, on vire ! Et de l’histoire originale il ne reste plus que D.Quaid et un joli fauteuil avec écrit Rekall dessus. Pffff…Même pas en fait. Y’a rien d’écrit.

TOTAL NAUFRAGE

Mais alors ? Y’a-t-il quelque chose à sauver dans ce film ? Pour répondre à la question on dirait : oui mais non. Le background par exemple. Outre celui servant de décors à La Colonie (l’une des deux nations se foutant sur la gueule) et qui pompe outrageusement celui de Blade Runner (comprenez : de la pluie, des marchés et des chinois), celui de l’Union Fédérale Britannique est plutôt bluffant. Du moins dans un premier temps. Ville construite verticalement, façon « Le Cinquième Elément », on ne peut être qu’admiratif devant le résultat. Et puis là, c’est le drame. Plus on se balade dans ses entrailles, plus l’ensemble se casse le nez. Architecture incohérente, improbable, étouffante, assommante, on passe vite du rêve au cauchemar. Le pire étant atteint lorsque la caméra se rapproche de l’action et souligne des décors dignes d’une série B ! Ajoutez à cela la réalisation pataude de Len Wiseman faite à grand coup de panoramiques à 360°, tel un Michael Bay du pauvre, mais la maîtrise en moins et un montage catastrophique fait à la saucisse et au marteau, et vous aurez une jolie vue de l’ensemble. Risible. Un dernier mot quand même sur les acteurs ? Dans une pure et totale orgie de mauvais goût, ils viennent eux aussi emporter une pierre de l’édifice, histoire de bien achever le travail déjà bien bâclé. Colin Farrell, plus tristounet encore que Droopy, ferait passer Schwarzenegger pour l’acteur du siècle. Bryan Cranston campe un bad-guy ridicule, sans aucun charisme, et nous offre un face-à-face avec Farrell à la hauteur de la performance morbide de Marion Cotillard dans Batman ! Un festival pour un acteur qui apparait à l’écran, en tout et pour tout, 5 minutes montre en main… Aucun problème pour Jessica Biel pour se mettre à niveau. Son regard, aussi profond que celui d’un poulpe, nous renvoie à notre propre condition de spectateur. Et c’est avec elle que nous partageons ce regard vide et constamment ébahi devant tant de « savoir-faire ». Mais celle qui tire son épingle du non-jeu est sans conteste Kate Beckinsale. Insupportable, sourcils froncés pendant 2h, elle a en plus le culot de débarquer n’importe où, n’importe quand, de manière totalement improbable et éclipsant pour le coup tous les autres personnages ! Dois-je préciser qu’elle est mariée au réalisateur ?

> Voir la bande-annonce de Total Recall

Ratage monumental que ce Total Recall ! Pas vraiment un remake, pas plus une adaptation… Une relecture peut-être ? Ok, mais dans quelle langue alors ? Au final le film s’apparente plus à un patchwork maladroit, empruntant ici et là les idées des autres (Blade Runner, I Robot, Jason Bourne…), ingurgitant le tout sans conviction aucune et sans même se donner la peine de mâcher un tant soit peu l’ensemble, avant de tout vomir sur la toile. Et même ça, il arrive à mal le faire. Len Wiseman est passé complètement à côté de son sujet, si tant est qu’il ait à un moment compris le sujet !

Total Recall - VERDICT

Par YobSolo le

Plus de lecture