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Togetherness, saison 01

Ménage à quatre

Chaque année, HBO semble lancer des courtes dramédies, clairement destinées à remporter un succès d’estime plutôt qu’un succès commercial. C’était le cas de la sympathique série Enlightened, prématurément arrêtée après deux courtes saisons, ou bien de Hello Ladies, terminée après seulement huit épisodes. C’est aussi le cas de Togetherness, la nouveauté très discrète de la chaîne câblée de cette rentrée hivernale. Sans faire de véritables éclats, la série de HBO s’appuie sur une palette de personnages tous plus attachants les uns que les autres. Honnête, agréable et dénué de tout mélodrame gonflé au liquide lacrymal, Togetherness inclus sans grande difficulté cette catégorie de série que l’on ne peut pas vraiment acclamer, mais au capital sympathie indéniable.

Avec les séries procédurales, les êtres surnaturels et les amourettes d’adolescent, la crise de la quarantaine doit être le sujet le plus éculé de la télévision américaine. L’exemple de Louie CK est le plus probant. Le comique s’attèle à la tâche dans les situations les plus gênantes et avec un talent inimitable, dans sa fantastique série éponyme. Contrairement aux pérégrinations de Louie, Togetherness ne se cantonne pas à l’observation d’un unique personnage en crise, mais d’un couple de parents, en proie aux craintes et autres déceptions qu’un peu moins d’un demi-siècle d’existence peut amener. Mariés, deux enfants, Brett et Michelle sont tombés dans une routine génitrice de rancœurs et mère d’un laxisme aussi dangereux que fourbe. Quand le premier semble dépassé par les exigences de ses petites têtes blondes et par son rôle de mari, la seconde regrette son absence d’ambition professionnelle et le manque d’audace de son compagnon. Lorsque Michelle parcourt secrètement les lignes de 50 Nuances de Grey, elle ne rêve que d’une chose : se faire culbuter par Brett le plus sauvagement possible. Comme si ce couple secrètement brisé ne suffisait pas, Tina, la sœur vénale de Michelle, et Alex, le comédien raté et ami de Brett, n’ont rien trouvé de mieux à faire que d’échouer dans ce foyer légèrement brisé. Malgré tout, l’ambiance est légère et si le sujet pourrait paraître déprimant, il est constamment traité avec une légèreté qui permet de contrebalancer les enjeux d’un postulat qui a tout d’effrayant.

La morale épicurienne qui résulte de ces huit épisodes n’a rien d’inédit, tant dans sa construction que dans son exécution. La narration est classique au demeurant, au même titre que l’écriture. Rien ne permet de différencier Togetherness d’une autre série passagère qui appartiendra aux tréfonds de l’esprit humain, comme un vague souvenir, d’ici la prochaine décennie. Malgré cette impression constante d’assister à la redite d’un discours vieux comme le monde, le show a l’intelligence d’offrir une véritable dimension psychologique à ses personnages. Quand bien même ils semblent répondre à un certain archétype, les protagonistes ne tombent jamais dans une facilité ennuyante. Même quand il s’agit de dépeindre un comédien raté qui tente tant bien que mal de s’accrocher à ses rêves. Même quand il s’agit de faire naître une romance bâtarde entre la vaniteuse Tina et le désolant Alex. Ce sont les personnages qui portent la série et il va sans dire qu’elle perdrait inévitablement de son charme sans eux. Preuve que HBO croit un tant soit peu à Togetherness, la série a été renouvelée pour une seconde saison. Elle reviendra donc en 2016 avec une nouvelle salve d’épisodes. Néanmoins, elle devra faire preuve d’un peu plus d’ambition, d’un peu plus de culot, et ne pas se contenter de s’appuyer uniquement sur la sympathie de ses personnages. Sans quoi, la critique risque d’être un peu moins clémente à son égard.

Togetherness - VERDICT

Par Sholid le

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