Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

The Walking Dead est une série étrange. Capable de souffler le chaud et le froid comme aucune autre, ses réussites et ses échecs en font une série qu’il est impossible d’acclamer, tout comme il est impossible de profondément la détester. Cette cinquième saison ne déroge aucunement à la règle. À l’image des précédentes années, elle souffre d’énormes problèmes de rythme, de fautes sidérantes qui nous amènent irrémédiablement à nous demander si les scénaristes maîtrisent la bête qu’ils ont engendrée. Et pourtant, il suffit d’une scène particulièrement réussie, d’une tuerie bien placée, ou de quelques personnages attachants pour raviver la flamme comme jamais.

Je sais que les propos qui vont suivre vont me faire passer pour un connard finit, mais je ne peux pas m’empêcher d’apporter mon eau au moulin de l’orgueil. Pas une seule fois dans toute sa putain d’existence The Walking Dead n’a été capable de surpasser le comics dont elle est adaptée. Pas une seule fois j’ai tremblé en observant les plans machiavéliques et surtout macabres du Gouverneur. Pas une seule fois j’ai ressenti cette même excitation qui m’a infligé claque après claque au fil des pages. Et je pense que la plupart des lecteurs partageront mon avis quand il s’agit de juger le plus grand succès commercial de la chaîne AMC. À vrai dire, il serait profondément stupide d’attendre de cette série qu’elle suive les mêmes traces que son aînée, ou tout du moins qu’elle respecte à la lettre le destin de ses personnages et de son intrigue. Là n’est pas le problème. Les reproches qu’on pourrait lui adresser sont nombreux, bien que souvent les mêmes au fil des épisodes. The Walking Dead est une véritable montagne russe télévisuelle, capable d’enchaîner d’excellents épisodes maîtrisés d’une main de fer, avec des passages complètement vide de tout intérêt. La critique est tout autant valable pour sa palette de personnage. Quand certains révèlent une profondeur qui fait tout le sel de la série, d’autres gravitent comme des figurants qui seraient venus parce qu’en plus d’avoir vu de la lumière, ils ont senti le buffet gratuit. Tyreese n’a jamais vraiment été intéressant, Bob a intégré le casting pour participer à cette pseudo réunion du casting de The Wire, pendant que Noah s’est trouvé une petite mission intérimaire en attendant le remake de Tout le monde déteste Chris. Si les scénaristes misaient moins sur la violence visuelle gratuite et plus sur un traitement équitable des protagonistes, The Walking Dead serait clairement autre chose que ce funambule suicidaire sur le point de chuter.

La série est tout de même surprenante, preuve qu’elle n’est pas qu’un ramassis d’erreurs comme je le sous-entends depuis le début. Elle est parvenue depuis plusieurs saisons à faire de certains personnages détestables, des protagonistes d’exception. Il est loin le temps où Carol n’était rien d’autre que la tête à claque du show. Capable de menacer de sang froid un enfant, droit dans les yeux, son personnage livre l’une des scènes les plus jouissives de cette cinquième saison. Rick Grimes reste l’élément central de la série, le pivot qui fait l’objet des plus grands rebondissements, des plus grosses évolutions. C’est peut-être l’élément le plus constant de The Walking Dead puisqu’il n’a jamais été véritablement lisse. Après la destruction de la semi-société reconstruite en milieu carcéral, cette cinquième saison s’attache à explorer les bassesses de l’âme humaine en milieu hostile. Cannibalisme, égoïsme, trahison, solitude : la série excelle dans l’art de dépeindre un monde apocalyptique dans lequel le désordre le plus total règne. Les zombies ne sont qu’un prétexte, une vaste illusion menaçante qui permettent de repousser l’être humain dans ses derniers retranchements, tout en découpant quelques têtes à l’occasion. Cette dimension psychologique est parfois amenée avec une certaine lourdeur, mais la série n’a jamais vraiment réussi à faire dans la subtilité. Était-il vraiment nécessaire de voir Daryl se scarifier avec sa cigarette pour comprendre le bordel ambiant qui trône dans sa tête ? Pas vraiment. Au fond, ce que cette cinquième saison a le mieux réussi, c’est de préparer l’arrivée du plus grand arc narratif de la série, avec les nombreuses allusions faites aux Wolves tout au long des épisodes. Le calme avant la tempête en somme, avant l’arrivée de l’un des plus grands antagonistes de l’univers de Walking Dead. Si seulement cette cinquième saison s’était plus concentrée sur le présent des personnages que sur leur avenir, le résultat aurait sûrement été un peu plus glorifiant.

Walking Dead S05 - VERDICT

Par Sholid le

Plus de lecture