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The Rover

Branlette Aride

En compétition officielle au Festival de Cannes, The Rover capte nos regards attentifs et mobilise beaucoup d’espoir. Une fois le générique de fin achevé, nos yeux sont finalement boursouflés par l’envie de dormir, laissant avec un amer goût de sable dans la bouche. Difficile de trouver de réels défauts à ce film, si ce n’est de ne pas avoir adhéré à ce trip post-apocalyptique qui manque cruellement de sens.

La comparaison avec l’univers de Mad Max
est inévitable. Mais elle ne va pas plus loin que ça : du désert, des voitures et un futur peu chaleureux pour l’espèce humaine. Ici, Éric est un homme à l’abandon qui se retrouve à écouter une musique asiatique insupportable dans ce qui ressemble à une épicerie. Les cheveux gras, presque dégarni, le regard vide, Guy Pearce vient de prouver une nouvelle fois qu’il ne fallait pas le prendre à la légère en tant qu’acteur. Sa prestation seule suffit à poser l’ambiance lourde du film. Alors que tout est au ralenti, l’intrigue se lance par un magnifique plan d’une voiture faisant des tonneaux dans le dos d’Éric accoudé au comptoir. Des malfrats sortent alors du véhicule immobilisé et s’empressent de voler une autre voiture. Ils viennent de commettre un crime dont on ne connaît pas la nature. Cependant, ce n’est rien à côté de l’erreur qu’ils viennent de commettre. En effet, la voiture qu’ils empruntent n’est autre que celle d’Éric, qui va alors se mettre à les poursuivre pendant plus de deux heures sans véritable raison logique. D’ailleurs, aucune précision n’est donnée sur les motivations des protagonistes, ou encore sur les raisons de l’effondrement de la civilisation. En gros, c’est le désert le plus total en matière d’informations. Il manquerait plus qu’un kangourou vienne faire son apparition dans ce décor australien pour enfoncer le clou dans le mystère et l’incompréhension, qui semble être le crédo de The Rover.

En faisant l’effort d’ignorer l’absurdité de la plupart des situations, il ne reste qu’à observer le déferlement de violence d’Éric, qui va du meurtre d’un nain vendeur d’armes à un massacre sommaire dans un salon. Sa violence est sans bornes, mais impossible à saisir. Il est accompagné durant son périple par un autre personnage : Rey. Un bouseux attardé joué par Robert Pattinson dont la prestation rend l’acteur absolument méconnaissable. Une fois la performance des membres du casting constatée, la bande sonore incroyable avalée et la photographie impeccable assimilées, seul l’ennui demeure. Hélas. The Rover est une œuvre avant tout stylistique, une sorte de western futuriste d’une grande noirceur. Mais en l’absence d’éléments nécessaires au bon déroulement d’une intrigue, toute forme d’empathie et de catharsis nous est dérobée. Surtout quand on découvre qu’Éric voulait récupérer sa voiture pour une raison compréhensible, mais au fond assez ridicule. Vu l’engouement de la presse internationale pour The Rover doublée de sa présence à Cannes, on se pose deux questions : est-il trop bien pour un spectateur cultivé, mais pas aussi connaisseur qu’un cinéphile invité au Festival ? Ou bien est-ce simplement de la branlette cinématographique ? En s’abstenant de toute mauvaise foi, on arrive simplement à admettre ce postulat : The Rover n’a pas besoin d’être compris. C’est simplement l’histoire d’un vagabond, dans un monde post apocalyptique, qui nous glace le sang malgré la chaleur écrasante du soleil présent tout le long du film.

The Rover - VERDICT

Par FMA le

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