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The Newsroom, saison 2

Leçon d'humilité

Il y a un an, personne n’aurait pu imaginer que les lumières puissent à nouveau se braquer sur The Newsroom. Des personnages élitistes, de longues tirades moralistes et ce ton professoral assumé avaient eu raison de la série journalistique de HBO, auprès de la presse comme du public. Pourtant, cette nouvelle saison opère un formidable retour par le biais d’une sérieuse leçon d’humilité, propulsant enfin le dernier bébé du génial créateur Aaron Sorkin à son plein potentiel. L’occasion de se plonger dans les dessous d’un journal télévisé qui couvre les grands sujets d’actu de l’année passée. Et c’est franchement passionnant.

On a souvent reproché à Sorkin de prendre The Newsroom pour son défouloir perso. En se servant de l’antipathique / charismatique présentateur Will McAvoy comme quasi-avatar pour faire passer ses idées de journal utopique, le créateur avait su s’attirer les foudres d’une flopée de journalistes visiblement piqués au vif. Pourtant, le propos était dans le fond loin d’être contestable : et s’il y avait vraiment une leçon à donner ? Les journaux télévisés actuels rendent-ils vraiment justice à ce qui se passe dans notre monde ? La règle du nombre de morts au nombre de kilomètres, le financement par la pub qui force les journaux à s’acharner sur des sujets vendeurs, ou bien le manque flagrant de réelle investigation restent quelques-unes des portes que Sorkin avait maladroitement tenté d’enfoncer. Ses personnages étaient des encyclopédies ambulantes, socialement handicapées. L’effet « éducation des masses » devenait assez vite nauséabond, allant même au final jusqu’à desservir un propos qui mérite pourtant bien d’être défendu. Une grosse dose de modestie, voilà ce qui manquait à Newsroom. Et c’est exactement l’élément qui fait de cette nouvelle saison un véritable carton plein. Les sujets d’actualités y sont toujours aussi récurant (Occupy Wall Street, les Elections américaines), mais servis cette fois-ci avec la juste dose d’humanité. On retrouve alors le talentueux créateur qui nous avait conquis avec À la maison blanche, ou encore Sports Night.

C’est presque de manière assez inespérée que l’on assiste à l’éclosion de personnages secondaires qui prennent enfin de l’épaisseur, malgré une aura de niaiseries assez prononcées. On en vient encore à penser à Sorkin lui-même lorsque McAvoy découvre avec effrois les nombreuses pages web de haine à son sujet. Pas de doutes, le créateur s’est mangé une sérieuse leçon, lui qui avait le choix assez fou d’écrire lui-même tous ses dialogues à la ligne près. C’est toujours le cas dans ces 9 nouveaux épisodes, mais avec beaucoup plus de recul. Il l’avoue lui-même, il a dû reconduire des journées entières de tournage dont il n’était pas satisfait, explosant copieusement son budget de départ au service d’une narration centrée autour de la plus belle erreur journalistique du siècle. L’affaire Genoa, inspirée de l’Operation Tailwind, qui accuse l’armée américaine d’avoir bombardé des civils avec du gaz Sarin. Dès le début le doute n’est presque pas permis : l’affaire est bidon, et la question est surtout de savoir quel chemin tortueux à bien put mener notre A-team à mettre une telle énormité à l’antenne. Une sacrée douche froide, étalée sur pratiquement sept heures que l’on ne voit pas défiler. C’est là que l’on retrouve l’excellence de celui qui avait accouché du scénario de The Social Network : le fond n’a pas vraiment changé, tout comme le propos. Mais la pilule passe infiniment mieux.

Newsroom S02 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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