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The Martian

Perdu dans l'espace

Un nouveau Ridley Scott, c’est un peu comme une boîte de chocolat : on ne sait jamais sur quoi on va tomber. Capable de marquer l’histoire du cinéma comme d’accoucher d’œuvres insignifiantes, le cinéaste est paradoxalement toujours parvenu à maintenir l’intérêt et la curiosité autour de ses nouvelles réalisations. Bonne pioche : Seul sur Mars fait partie des bons, le genre de film qui redore quelque peu le blason d’un réalisateur dont les deux dernières œuvres s’intitulent Cartel et Exodus. Néanmoins, il reste inutile de préciser que l’enthousiasme que suscite ce nouveau film est en partie influencé par les déceptions infligées consécutivement par R-Scott.

La dernière fois que Matt Damon arpentait le sol d’une planète aride, c’était dans Interstellar, la dernière réalisation en date de Christopher Nolan, aussi adulée que décriée. Cette fois-ci, l’acteur américain délaisse son rôle d’antagoniste pour celui d’un botaniste, livré à lui-même par la force des choses sur Mars. Maintenant si vous avez véritablement besoin de convaincre une personne de visionner le film en développant un peu plus son synopsis, il suffirait de lui dire que Seul sur Mars est l’histoire crédible d’un mec qui parvient à cultiver des pommes de terre dans sa propre merde sur une planète qui n’a absolument rien à lui offrir si ce n’est une mort pitoyable. Disons qu’il s’agit d’une phrase grossière pour attiser la curiosité de ceux qui ne verraient dans l’adaptation du roman d’Andy Weir qu’un négatif forcé d’Interstellar. Même si la comparaison ne tient pas, l’œuvre de Ridley Scott est beaucoup plus modeste, tant dans son propos que dans sa mise en scène presque intimiste. Le réalisateur d’Alien a fait ce qu’il savait faire de mieux : vendre l’illusion d’un ailleurs, d’une autre planète, d’un fantasme scientifique. Seul sur Mars enchaîne ainsi les plans larges, les vues somptueuses d’une planète désertique qui constituent l’un des intérêts majeurs du long métrage. Après tout, même dans le sympathique Prometheus qui ne faisait que plagier Alien, Ridley Scott était parvenu à offrir plusieurs plans qui flattent la rétine. Il parvient dans ce nouveau film à faire d’un environnement hostile un terrain de jeu qui effacerait presque les craintes qu’on aurait à y laisser sa peau.

La raison est simple : une fois la scène d’exposition passée, Seul sur Mars s’affiche comme un film positif qui se construit sur des peurs désamorcées par sa tonalité qui éradique tout destin funeste. Faussement drôle ou faussement sérieux, le long métrage s’amuse à dédramatiser assez souvent les situations les plus délicates. C’est donc cette légèreté du ton et l’absence de lourdeur narrative qui priment sur tout le reste. Avec un peu de talent et d’huile de coude, il doit même être possible de réaliser un montage exclusivement humoristique en isolant toutes les scènes à dominante comique. Heureusement, cette dédramatisation est justement dosée, sans quoi le film tomberait dans un certain engourdissement, qu’il tente justement d’éviter. L’autre grande force du film de Ridley Scott, c’est d’être une ode à la débrouille. Peu importe les difficultés rencontrées par le personnage incarné par Matt Damon, par son équipe de ravitaillement ou par les scientifiques de la Nasa : l’objectif est de se démerder avec les moyens du bord. Tout va crescendo. Boire, manger, respirer : c’est autour de ces trois pôles que s’articule le long métrage. Seul sur Mars procède alors par palier à l’image d’un RPG bien rodé. La finalité du film est pressentie dès le départ, pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, ce qui ne l’empêche aucunement d’être l’un des récits les mieux maîtrisés du catalogue de Ridley Scott. Il lui manque peut-être juste cette audace, ce grain de folie, cette marque du réalisateur qui aurait conféré à Seul sur Mars une dimension un peu plus personnelle que celle d’une adaptation solidement exécutée.

The Martian - REVIEW 02

Par Sholid le

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