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The Killing, saison 3

Baroud d'honneur

On ne pensait pas revoir The Killing de si tôt. Bouclée et enterrée par les leaders de la chaine AMC, l’adaptation américaine de la série policière danoise Forbrydelsen fait pourtant un retour fracassant sur les écrans. En braquant ses projecteurs sur une série de meurtres infantiles dans les allées brumeuses de Seattle, cette ultime saison repousse toujours plus loin les limites du macabre et du sordide. Plus qu’un baroud d’honneur, The Killing quitte l’écran comme elle y est arrivée: sur un beau coup d’éclat.

On ne va pas y aller par 4 chemins : il y a vraiment un truc de dérangeant dans cette troisième fournée de The Killing. On ne parle pas d’un excès malsain d’hémoglobine à la Hannibal Lecter, mais bien d’une aura générale vraiment pesante, portée par une des affaires les plus difficiles de la carrière de Sarah Linden (Mireille Enos, la femme de Brad Pitt dans World War Z). Elle que l’on avait vue dévorée vivante par ses démons lors de la traque du tueur de la jeune Rosie Larsen (qui avait rythmée les deux premières saisons), se retrouve une fois de plus confronté au pire : une série de meurtres et de viols sur des prostituées mineures, forcées à vivre dans les rues. Vous conviendrez que l’on a tous connu plus jovial. Marque de fabrique de la série, 3 points de vues sont une fois de plus mis à l’honneur : celui des policiers qui mènent l’enquête, celui des proches des victimes (via les yeux d’une jeune vagabonde plus coriace que la moyenne) et enfin celui du tueur présumé, à l’aube de rendre son dernier souffle dans le couloir de la mort. Sur cet enchevêtrement de 3 destins liés, repose l’une des grandes forces narratives de la série : The Killing laisse au spectateur le temps de s’attacher équitablement aux différents maillons de la chaine. La vue d’ensemble – bien que terrifiante – prend réellement aux tripes comme jamais.

Il faut bien avouer que mises de côté quelques exagérations du scénario qui semble irrémédiablement attiré vers un pathos systématique, cette nouvelle saison s’avère plus que convaincante. À l’écran, le duo Mireille Enos / Joel Kinnaman (celui qui va jouer le prochain Robocop, paix à son âme) fait toujours des merveilles. Très franchement, ces deux-là vont de paire dans leur dégaine de flic accroc au job, et cramés par des nuits blanches à répétition dont les hectolitres de cafés ingurgités n’auront à peine servi qu’à masquer une infime partie des séquelles. Leur improbable complicité (elle la discrète qui tranche dans le vif, lui l’ex-junkie scandinave de 2m10) reste le seul rempart face à cette violence omniprésente dans la série. Le seul truc qui insuffle un tant soit peu d’humanité face à l’insoutenable cruauté exercée sur des gamines de 12 ans, dont les scènes de viols sont presque devenues banales. Même constat face à la souffrance de ce type qui attend la mort dans sa cellule, et dont la culpabilité reste encore à confirmer. Encore une fois, The Killing n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler une incarnation télévisuelle de l’hymne à la joie. Ce n’est ni plus ni moins qu’un policier noir qui se joue des clichés du genre sans jamais tomber dedans. Et plus généralement, une putain de bonne série.

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The Killing S03 - VERDICT

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Par Fox Mulder le

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