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The Interview

Un navet pour la liberté

Il est peu probable que vous ayez échappé au vacarme entourant le film The Interview. Après de grandes hésitations, le long métrage de Seth Rogen et Evan Goldberg est finalement sorti en salles (pas encore en France) malgré le piratage massif de Sony par la Corée du Nord. Il engrange déjà 1 million de dollars pour son premier jour de sortie aux États-Unis. Il aurait également été téléchargé illégalement plus de 900 000 fois en 24 heures. Malgré ça, après visionnage le film est clairement un navet. Mais pas n’importe lequel.

The Interview est un petit nanar qui a coûté 44 millions de dollars. Pas besoin de le cacher plus longtemps, la médiocrité de la bande à Seth Rogen, Evan Goldberg et James Franco fait peur. Eux, qui avaient pourtant su nous charmer avec quelques bons délires comme C’est La Fin ou encore Délire Express, sont tombés bien bas. L’humour et les gags sont limités à de la bromance qui parodie la relation de Frodon et Sam dans Le Seigneur des Anneaux. Tout tourne autour du sexe, du cul, et du relâchement des sphincters. Les rares moments d’humour pur sont toutefois agréables. On pense notamment à ce moment où Eminem fait son coming out sur un plateau télé, ou encore à cette petite nord-coréenne toute mignonne qui souhaite bien gentiment aux femmes américaines un viol collectif. Cela ne fera pas rire tout le monde, certes. Mais cet humour noir est pourtant ce que The Interview a de mieux à proposer. James Franco joue un rôle d’animateur stupide, d’une lourdeur puissance 1000. Parfois vous riez. Mais la majorité du temps, vous vous demandez plus si l’acteur n’est pas en plein mauvais trip de C. Quant à Seth Rogen, on l’a connu franchement plus investi et hilarant. De son côté, Kim Jung Un est un dictateur presque séduisant, qui écoute du Katy Perry et s’enquille les Margarita. Connaissant le bonhomme, c’est forcément drôle à voir. Enfin, la magnifique Lizzy Caplan (l’héroïne de la série Masters of Sex) peine à relever le niveau.

Dans le fond, la seule bonne idée restera d’avoir voulu faire un film sur l’assassinat de Kim Jung Un. D’éminents critiques et autres journalistes américains ont descendu The Interview, sans chercher plus loin. « Tout ça pour ça ». Et ils n’auront pas complètement tort. De manière paradoxale, je pense que le niveau de médiocrité de ce film est une insulte supplémentaire faite à Kim Jung Un. De mémoire, aucun produit culturel dans l’histoire n’avait osé un tel affront. Il faut finalement remonter à 1940, et au Dictateur de Chaplin pour retrouver une œuvre cinématographique qui ose s’opposer à un régime dictatorial, en utilisant l’humour comme arme de persuasion massive. Un majeur flamboyant, levé en direction d’un des régimes les plus oppressants du globe, qui sévit encore aujourd’hui dans l’indifférence la plus totale. Seth Rogen et Evan Goldberg parlent du rêve de faire tomber la Corée du Nord. Un fantasme présent dans beaucoup d’esprits, qui rend le message derrière ce film d’autant plus important. Il y a quelques jours, Obama jugeait comme une grave erreur l’idée de ne pas le diffuser en salles ou sur internet. Chose qui lui a d’ailleurs valu de se faire traiter de « singe » par la Corée du Nord. Politiquement, ce film n’est pas anodin, et il faut reconnaître à la bande à Seth Rogen un certain courage. À défaut d’avoir su produire une satire intelligente… Une chose est sûre, on donnerait beaucoup pour voir la réaction du dictateur nord-coréen derrière son ordinateur. Pas sûr qu’il trouve le film si drôle que ça.

The Interview - VERDICT2

Par FMA le

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