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The Americans, saison 1

Good Bye Lenin

D’entrée de jeu, on ne peut que valider le concept de ce Homeland à la sauce guerre froide, qui braque l’objectif sur deux agents du KGB infiltrés sur le sol Américain. Même paranoïa, même tentions, mêmes méthodes. The Americans a beau ne pas être la série de l’année, elle a au moins le mérite de dépeindre un portrait tristement d’actualité sur la gestion américaine des menaces internationales en période de crise. Et ce, tout en délivrant la juste dose d’espionnage et de drame pour en faire une série potable.

Difficile pourtant d’affirmer que le show de Joe Weisberg délivre son plein potentiel. En s’appuyant presque exclusivement sur son concept fort, The Americans en oublie le gout du risque, le grain de folie qui rend complètement parano et qui vous pousse à enchainer compulsivement les épisodes. Ici pas de dialogues mémorables, pas de répliques cultes à la Breaking Bad, pas de scènes mythiques qui font que vous ne pourrez plus vous taire sur la série une fois la dizaine d’épisodes avalés. Jamais vous n’entendrez un type vous sortir « Il faut absolument que tu mates The Americans ». C’est d’autant plus dommage tant l’effort est louable, et la proposition plus que descente. La guerre froide restant un puits sans fond en terme de complots et de contre-espionnage, on ne s’étonne pas de l’efficacité des intrigues proposées, ni même de la violence inouïe des méthodes employées que ce soit du côté Russe, comme celui de l’oncle Sam. La surprise vient du côté du couple d’agents russes infiltrés, qui ramènent au passage un énorme potentiel dramaturgique auquel les scénaristes ont rendu justice. Elle avait 17 ans quand elle s’est engagée pour sa patrie, 22 lorsque le KGB l’a envoyée jouer les épouses modèles sur le sol américain avec un parfait inconnu. Depuis le couple a eu deux enfants, qui n’ont bien entendu aucune idée que papa et maman tuent des gens lorsqu‘ils sont à l‘école.

Ce double jeu maitrisé à la perfection par le couple Jennings (Matthew Rhys & Kerry Russe) constitue indéniablement l’attrait principal de la série, qui a le bon gout de ne pas choisir de camps. Russes comme Américains apparaissent comme deux entités pas si différentes, se battant toutes deux pour leurs idéaux, animés par la peur glaciale que l’autre appuie sur le bouton rouge. Tout est fait pour que l’attachement entre les deux côtés se fasse de manière équitable. Résultat on ne sait littéralement plus où donner de la tête lorsque FBI et KGB se foutent sur la gueule par missions interposées. L’occasion pour nos deux héros de ressortir leurs perruques et autres déguisements des années 30 lors de scènes parfois cocasses, pour ne pas dire surréalistes. Le problème avec The Americans, c’est que la série ne sait pas où s’arrêter. Lorsqu’elle ne tombe pas dans le kitsch absolu, elle verse dans le un too much qui altère hélas la crédibilité du show. Le doute va même jusqu’à sérieusement nous envahir, lorsqu’un agent du FBI emménage de manière totalement fortuite dans la maison pile en face du couple d’espions russes. Et pas n’importe quel agent, un type du contre-espionnage qui plus est. Une situation ubuesque dont on attend bien entendu une explication, que ce soit un coup monté du FBI menant à une microguerre froide entre voisins… quelque chose quoi. Mais rien, mis à part quelques barbecues et un début de romance entre enfants de 13 ans. La déception est amère, en attendant d’éventuelles réponses. Dans la saison 2.

The Americans S01 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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