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Terminator Genisys

Old, not obsolete

« It can’t be bargained with. It can’t be reasoned with. It doesn’t feel pity, or remorse, or fear. And it absolutely will not stop, ever, until you are dead ». La réplique est culte, gravée à jamais dans l’histoire de la pop-culture, lâchée par un Michael Biehn au sommet, à la fois fort, fragile et touchant sous les traits de Kyle Reese. En 1984, James Cameron a créé un monstre. Il a dévoilé au monde les rouages d’une machine hollywoodienne parfaitement huilée. Une formule géniale qu’ils n’ont depuis cessé de vouloir reprendre, recréer, modifier, perfectionner, ramener à la vie de manière plus ou moins bâtarde en utilisant tous les subterfuges scénaristiques possibles et imaginables. Chose que James Cameron a parfaitement réussi à faire, en 1991. Terminator 2 est à ce jour le seul film de la franchise qui peut rivaliser avec le premier, mais c’est aussi (et surtout) le dernier truc à peu près potable à être sorti des entrailles de la licence Terminator.

En presque 25 années, les fans de cette saga iconique de la science-fiction n’ont rien fait d’autre que de se manger désillusion sur désillusion. Deux films pas inspirés, une flopée de jeux vidéos atroces, seule la série sur Sarah Connor s’en sort avec les honneurs. Au-delà de sa thématique hautement exploitée de la guerre contre les machines, et des potentielles avancées technologiques qui prennent le pas sur le contrôle humain, la substantifique moelle se trouve dans son action frénétique, et surtout sa tension permanente. La fuite désespérée de deux êtres incompris, ignorés de leurs semblables, et qui vont devoir tenter de vaincre un ennemi d’apparence increvable, indéboulonnable, inoxydable. Bref, Arnold Swarzenegger dans toute sa splendeur. Un schéma qui semble faire office de pain béni, mais qui s’est vite transformé en prison pour les scénaristes de la saga, qui ont répondu par la surenchère, faute de mieux. Au fil des épisodes, les antagonistes gagnent en puissance ce qu’ils perdent en charisme. D’abord le T-800, puis le T-1000 de Robert Patrick, enfin le TX. Ce nouveau film ne fait pas exception. Rien que son postulat de départ, ultra tiré par les cheveux, fait à peine office de prétexte. Envoyé dans le passé par John Connor, Kyle Reese débarque dans les années 80, à la recherche de Sarah Connor, mère du sauveur de l’humanité qu’il a juré de protéger. Jusqu’ici tout va bien, c’est le premier Terminator.

Sauf qu’une fois sur place, il fait la rencontre d’une Sarah Connor transformée, bien au courant de son rôle dans le futur de l’humanité, épaulée par un vieux T-800 (Schwarzy), qu’elle surnomme pops. Après une entrée en trombe, elle tend une main en lâchant la réplique culte parmi les répliques cultes : « Come with me if you wanna live ». Des clins d’œil à la saga, la première demi-heure du film en regorge. Des références plus ou moins subtiles que l’on savourera comme autant de plaisirs coupables. L’action tabasse, les acteurs sont beaux, Jai Courney a le charisme d’une huitre desséchée, mais on s’en branle, car Arnold Schwarzenegger est impérial. Et pendant quelque temps, on se dit même que ce nouveau Terminator n’est peut-être pas si mal. C’est un fait, il est la meilleure chose qui soit arrivée à cette saga depuis Terminator 2. Qu’importe son scénario tordu, ses intentions marketing douteuses, on comprend petit à petit que ce film n’est rien de plus qu’un blockbuster dans la masse, et on commence à l’apprécier comme tel. Tout va bien dans le meilleur des mondes, jusqu’à cette révélation improbable, sortie de nulle part, de laquelle on se désolidarise totalement. Parce que je ne suis pas un gros sac à merde, j’éviterai de vous envoyer le spoil en pleine gueule, mais sachez qu’il avait été dévoilé en toute impunité dans la dernière bande-annonce du film. Au-delà du triste soupir lors de la grande révélation, ce nouveau méchant prouve encore une fois le besoin des scénaristes de sortir de leur chapeau un ennemi toujours plus absurde de puissance. Plus de 30 ans après, les rouages n’ont pas changé.

TG REVIEW 03

Par Fox Mulder le

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