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Taken 3

Trois fois trop

Est-ce vraiment une surprise si je vous dis que la trilogie Taken est une erreur de la nature ? Au risque de m’aventurer sur un terrain moult fois battu, le premier film se suffisait amplement à lui-même, avec ses quelques qualités et ses nombreux défauts. Le second n’avait pas lieu d’être. Qu’attendre de plus pour le troisième ? Rien. Le néant. Taken 3 n’est même pas un bon mauvais film, mais plutôt une démonstration de tout ce que le cinéma d’action a de plus soporifique et crédule à offrir.

Les critiques que l’on pourrait adresser à la saga écrite par Luc Besson pourraient paraître dérisoires face au succès qu’ont rencontré les trois films. Après tout, la trilogie est une production française qui s’exporte dans le monde entier. Elle est même portée par des acteurs qui ont tous participé à des projets bien plus excitants. Ce gargouillement au fond de votre gorge ? C’est l’envie de crier « Cocorico » ! Dans un élan de chauvinisme non dissimulé, on aimerait remercier Luc Besson, l’acclamer en se disant qu’il peut au moins se targuer d’offrir un salaire honnête à quelques personnes. Quand bien même la trilogie n’aurait cessé de patauger dans un marécage de mauvais goût, les chiffres parlent aisément à la place des principaux responsables. Et puis, il y a pire dans la vie qu’un film qui ne répond pas aux attentes qualitatives de quelques critiques, ces personnes qui peuvent se permettre de ruiner le travail long et fastidieux de centaines de personnes, le cul sagement coincé sur une chaise. Pourquoi perdre son temps ? Le monde regorge de sujets beaucoup plus révoltants que celui de Liam Neeson qui sauve fictivement, et pour la troisième fois consécutive, la prunelle de ses yeux. Sauf que… Merde ! On vient de me ponctionner plus de dix euros pour me divertir avec un film que j’ai déjà vu à deux reprises, à quelques années d’intervalle. La défense pourrait rétorquer que payer pour voir Taken 3 n’est pas une obligation, mais un choix en connaissance de cause. L’accusation répondra avec véhémence que seul un deus ex machina serait capable de résoudre ce paradoxe. Puisque la solution ne daigne pas s’imposer aux yeux de tous, l’audience devra subir une pléthore de réflexions non exhaustives.

Conventionnel jusque dans ses moindres retranchements, le scénario de Taken 3 est une anti-surprise par excellence. Recherché par la police pour le meurtre de son ex-femme, Bryan Mills va tout mettre en œuvre pour prouver son innocence et protéger sa poisseuse de fille, enceinte de surcroit. Bryan est tellement gentil, tellement naïf que personne ne le soupçonnerait d’être une véritable machine de guerre. Cette dualité qui réside chez ce personnage est aussi déconcertante qu’énervante, d’autant plus qu’elle est jouée par un Liam Neeson qu’on a connu beaucoup plus en forme (dans La Menace Fantôme par exemple, avec sa jolie queue de cheval). De l’autre côté, on retrouve Forest Whitaker dans le rôle d’un inspecteur moins con qu’il en a l’air, parce qu’il se trimballe continuellement avec un élastique autour du poignet et une pièce d’échec dans une main. La subtilité de côté, les espoirs de retrouver une mise en scène propre et des scènes d’actions intelligentes sont immédiatement anéantis. Le film d’Olivier Megaton est malade, car absolument illisible. Il est contaminé par toutes ces productions qui pensent s’acheter une personnalité en proposant un montage épileptique qui enchaîne les plans de moins d’une demi-seconde. Ce cache-misère est le témoin d’un manque d’inventivité navrant devant lequel il est difficile de rester complètement insensible. C’est d’autant plus catastrophique qu’il s’agit de l’argument de vente majeur de Taken 3. Faire l’impasse sur un scénario inventif, on veut bien le concilier si la réalisation assure au moins le minimum pour un film du genre. Ce n’est malheureusement jamais le cas. Le plus tragique serait que ces méthodes deviennent la norme pour un public qui aurait perdu de vu les ingrédients qui constituent un bon film d’action. Le point et demi ? C’est parce que le film a eu la délicatesse de nous épargner Maggie Grace, en train de détaler en agitant les bras comme une gamine de dix ans.

Taken 3 - VERDICT

Par Sholid le

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