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Star Wars, The Force Awakens

La guère des gènes

Un repos en jachère d’une décennie, un rachat par le gargantuesque Disney et une propagande commerciale déraisonnable : il n’y avait qu’une franchise comme Star Wars pour générer autant d’attentes, de craintes et d’espoirs. Il faut dire que J.J. Abrams avait la lourde tâche de relancer un univers dont le moindre détail a déjà fait l’objet d’une histoire, sur d’autres médias, à travers d’autres expériences. Le résultat n’est sûrement pas celui que tout le monde attendait, mais il demeure en tout cas celui qui était le plus prévisible. Le Réveil de la Force s’affiche comme une remise à zéro, coincé entre la volonté de satisfaire les passions et celle de s’imposer comme une nouvelle entrée dans une galaxie lointaine, très lointaine.

C’est l’histoire d’un héritage. Un héritage légué par un vieux monsieur qui n’a cessé de le façonner selon son goût, quitte à se fâcher avec ses héritiers. Un héritage qui a toujours déchaîné les affections comme les critiques. C’est l’histoire d’un géniteur, obsédé par l’idée de perfectionner sa création, quitte à lui ôter une partie de son charme. C’est aussi l’histoire d’un abandon, d’un relai, d’un passage de flambeau : celui de George Lucas à J.J. Abrams, celui d’une génération à une autre. La symbolique entourant Le Réveil de la Force est puissante. Il s’agit tout de même du septième épisode d’une série née en 1977, soit un peu moins de quarante ans après sa sortie. Le contexte politique, économique et créatif n’est plus le même. Les échos de la trilogie originale à notre réalité ne sont plus forcément d’actualité. J.J. Abrams l’a bien compris puisque, dans son postulat d’éternel recommencement, il abandonne cette entreprise mimétique de notre monde. Ce qu’il propose de raconter à son public, c’est l’ombre des pères, le poids de l’héritage et de ses gènes. Une thématique qui était déjà présente dans a première trilogie, à travers le rapport de force entre Luke Skywalker et son antagoniste patriarcale Dark Vador. Pour des raisons qu’il conviendra de taire pour le respect de la bienséance (et parce que les principales révélations du film sont dissociables des critiques qu’on peut lui adresser), Luke a disparu de la galaxie. Il est donc, potentiellement, le seul à pouvoir vaincre le Nouvel Ordre et Kylo Ren, l’antagoniste de nouvelle génération qui se veut être le digne héritier de Dark Vador. Si vous entendez des échos, c’est parce que, dans ses grandes lignes, Le Réveil de la Force se rapproche dangereusement de ses aînés.

Et vous savez quoi ? Pour peu que vous n’ayez aucun problème avec l’idée que le cycle de la vie se répète continuellement, ce nouveau Star Wars devrait aisément vous combler. Les enjeux sont les mêmes, l’emballage est différent. La volonté est unique : celle de vous tirer quelques larmes en faisant appel à des protagonistes iconiques, devenus de véritables figures de la culture populaire, et celle de se renouveler à travers une certaine illusion. À côté de ses grossières ficelles qui ne duperont pas les vieux singes, J.J. Abrams livre un solide long métrage, où les scènes d’action spectaculaires côtoient des tableaux tout droit venus de notre galaxie. Encore une fois, aucun élément n’a l’ambition de vendre Le Réveil de la Force comme un épisode pionnier, synonyme de renouvellement constant. Et encore une fois, on pourrait allègrement le lui reprocher, puisque servir au spectateur le repas de la veille peut être interprété comme un signe de paresse. C’est avant tout la bienveillance qui se dégage de ce film et les frustrations cumulées avec la dernière trilogie qui confère à ce nouvel épisode une saveur particulière : celle de la satisfaction, mêlée à une certaine déception de ne pas avoir été surpris. Il ne s’agit pas de se contenter de peu, mais d’apprécier une réussite que tout le monde réclamait depuis Le Retour du Jedi, sans pour autant crier au génie. Deux éléments permettent tout de même de distinguer le film de ses prédécesseurs : Rey et Finn sont deux personnages ancrés dans leur histoire, dans notre histoire. Une femme au centre de l’intrigue, propulsée en quelques minutes au rang de nouvelle héroïne de la saga, et un Stormtrooper dont l’ethnie ferait trembler les esprits bloqués un siècle en arrière : au-delà de sa réussite visuelle, voilà ce que Le Réveil de la Force a de mieux à proposer.

SW TFA REVIEW 02

Source image entête.

Par Sholid le

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