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South Park, saison 18

Majeur en l'air

L’animé le plus subversif de la télévision ricaine n’a pas attendu ses 18 ans pour partir en couille. Pour Kyle, Stan, Kenny et Cartman : la majorité est loin de rimer avec maturité. Depuis 1997, les quatre bad boys de Comedy Central ont plus ou moins réussis l’exploit de se mettre à dos la planète entière, tout en continuant à fédérer des millions de fans. L’Église catholique, Tom Cruise, les islamistes, George R.R Martin, Bush : il n’y a pas un épisode où quelqu’un n’en prend pas violemment plein la gueule. Et c’est justement ce qui rend la série aussi jubilatoire depuis tant d’années. Sans gênes et sans tabous, South Park est un exutoire qui pointe de son doigt boudiné tous les travers de notre société. Son humour vulgaire et graveleux n’est dans le fond qu’un moyen pour parvenir à une fin. Et 18 ans plus tard, ça fonctionne toujours aussi bien.

La génération South Park est pour beaucoup de monde encore associée à cette bande de pestiférés fouteurs de merde, que l’on privait de dessert à la cantine. Je me rappellerai toujours de cette scène surréaliste de mon directeur d’école primaire, qui prenait régulièrement le temps de nous lâcher une morale anti-South Park entre deux récrés. Si un gamin daignait pour une quelconque raison se pointer avec un stickers Kenny sur son cartable, il était bon pour la sanction. La chose la plus dingue, c’est que malgré le fait qu’il soit probablement un mec en or, monsieur le directeur n’a certainement jamais regardé un seul épisode de South Park de toute sa vie. Ce n’est pas tolérable, qu’il disait. Et c’est vrai, South Park est réellement un dessin animé tout ce qu’il y a de plus indécent. Ce n’est plus un secret pour personne, la formule commençait néanmoins à tourner sérieusement en rond. Résultat : pas mal de fidèles décrochaient au fur et à mesure. La décision de recentrer la série était donc plus que judicieuse. Moins d’épisodes, avec la promesse de renouer avec des intrigues mieux ficelées. Faire moins, mais faire mieux. C’est le credo de cette dix-huitième saison qui intègre pour la première fois le concept d’une histoire « qui se suis ».

Notez tout de même l’utilisation des guillemets. On est encore loin de la grosse storyline qui s’étale sur 10 épisodes. Et dieu merci d’ailleurs. Il faut dire que ces références (plus ou moins explicites) aux épisodes passés n’apportent pas grand-chose. Pire, elles flinguent un petit peu l’intérêt de ceux qui aimaient se revoir quelques épisodes dans le désordre. Une chose est sûre, les scénaristes se sont une fois de plus nourris de l’actualité politique et sociale, pour se livrer à une satire brulante qui s’attaque à l’utilisation des drones, en passant par le phénomène de Kickstarter, la place prépondérante des Youtubeurs, ou bien le grand mal que représente Candy Crush, la drogue légale du XXIe siècle. Comme quoi, les scénaristes connaissent leur public, et multiplient les coups de pub qui font parler de South Park. Il y a quelques semaines, on vous avait par exemple parlé de cet épisode complètement fou sur l’Oculus Rift, qui retournait réellement le cerveau. Cet encrage dans l’actualité brulante est cependant un couteau à double tranchant. Les références d’aujourd’hui ne voudront certainement plus rien dire dans 5 ans. Plus que jamais, South Park s’impose donc comme un plat qui se mange chaud. Et sans modération.

South Park 18 - VERIDICT

Crédit images, HieiFireBlaze. Retrouvez toutes les créations de l’italien à cette adresse.

Par Fox Mulder le

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