Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Sur le modèle d’une tragédie classique shakespearienne, Sons Of Anarchy ne pouvait que s’achever en éclat, dans un chaos à la fois redondant et plaisant. Voilà sept années que les bikers de Samcro font couler le sang et tomber les corps dans les rues de Charming. Sept années de rebondissements, de baisse de tension, de scènes mémorables, d’intrigues qui ne semblent plus en finir, épaulées par une palette de personnages que certains n’hésiteraient pas à qualifier de seconde famille spirituelle. La route fut longue, ensanglantée, tortueuse, parfois décevante, mais la destination en valait la peine.

Comme une grande majorité de créateur et de conteur, Kurt Sutter savait dès le départ comment sa série s’achèverait. Le chemin fut long et le show aurait sûrement gagné à être réduit de quelques saisons. En remontant le fil des évènements, on se rend compte avec effarement que la situation tragique dans laquelle se retrouvent Jax Teller et les Sons dépend d’un seul fait : les forces de l’ordre qui menacent Juice de révéler ses origines africaines au club, soit l’une des intrigues capitales de la quatrième saison. A l’image du cas problématique de Clay Morrow dans la sixième saison, il en aura fallu du temps avant d’en découdre une bonne fois pour toutes avec l’instabilité chronique de Juice. Cette tendance à étirer certains faits, à les faire trainer en longueur n’aura pas eu raison de la série. Elle lui aura juste fait perdre l’excitation du début et la fraîcheur des premières saisons. Une fois cette déception récurrente mise de côté, que reste-t-il de la série de FX ? Des personnages qui n’ont jamais cessé de gagner en profondeur et en charisme, une violence banalisée qui n’a cependant jamais perdu une occasion de décrocher un cri incontrôlable chez le spectateur, et un sens de la mise en scène parfois poussif que l’on regrettera amèrement si Kurt Sutter ne retrouve pas les chemins du petit écran. L’aura qui entoure Sons Of Anarchy demeure incompréhensible encore aujourd’hui. Les faux-pas accumulés depuis la quatrième saison n’auraient pas manqués de nous faire décrocher s’il s’agissait d’une autre série. Il suffit pourtant d’une scène, d’une réunion des membres du club autour de la célèbre table pour être immédiatement happé dans cet univers fait de codes ancestraux dépassés, mais aussi de bons sentiments qui font des Sons une famille presque idéale.

Avec du recul, les dix premiers épisodes de cette ultime saison sont aussi inutiles qu’importants. Importants, car ils mettent en scène la vengeance de Jax suites aux événements ignobles du final de la précédente saison. Ils balayent également d’une traite tout ce que le personnage tente de construire depuis plusieurs années. Inutiles, car le déferlement de violence provoqué par cette vengeance est centré sur les mauvaises personnes, et que le spectateur le sait dès les premières minutes. Il s’agit donc d’attendre patiemment que Jax apprenne par un quelconque moyen le nom des vrais coupables. Programmer la fin d’une série avant son écriture a un avantage de taille : les scénaristes sont en roue libre, et chaque épisode agit comme un purgatoire où chaque personnage pourrait rencontrer le chemin de la faucheuse. Malgré tout, l’écriture de la série fait trop souvent appel aux mêmes procédés. De quoi sacrément lasser le spectateur qui n’attend plus qu’une giclée d’hémoglobine hebdomadaire, au lieu d’une intrigue maîtrisée d’une main de fer. Un épisode, c’est une introduction durant laquelle le casting enchaine les regards inquiets dans le vide et une conclusion qui sélectionne soigneusement une musique mélancolique pendant que la caméra se concentre sur les activités de chacun. Pour l’œil avisé et amateur de narration élaborée, il y a de quoi grincer des dents. L’ultime épisode de la série ne laissera néanmoins personne insensible. D’autant plus que la scène finale risque de faire couler beaucoup d’encre. Peu importe votre avis sur la chose, force est de constater que les dernières minutes de la série bouclent avec émotion les péripéties de Samcro. Et surtout avec une grande satisfaction.

Tournez la page pour découvrir notre « Spoil Zone », un espace réservé à ceux qui ont vu la fin, et qui revient sur des événements clés tout en spoilant allègrement.

SOA S07 - VERDICT

Page 1 sur 212

Par Sholid le

Plus de lecture