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Sleepy Hollow, saison 1

Qu’on lui coupe la tête

Encore une bien belle idée de merde. Voilà plus ou moins ce que l’on s’est tous dit à l’annonce d’une série sur le classique de Tim Burton, sorti en 1999. Il faut dire que le périple morbide d’Ichabot Crane dans les allées sombres de Sleepy Hollow ne semble à première vue pas contenir la substance suffisante pour tenir la distance sur une série. C’était sans compter sur l’imagination des créateurs du show, qui réussissent au terme de 13 épisodes l’exploit de nous faire ravaler une bonne partie de nos pensées négatives.

Il y a pourtant un monde pour que cela suffise à faire de Sleepy Hollow une excellente série. La matière était pourtant présente : Ichabot Crane, soldat de la guerre d’indépendance fait un bond dans le temps jusqu’en 2013. Il fera par la suite équipe avec la détective Abby Mills sur tous les cas paranormaux du quartier, et accessoirement, pour empêcher la fin du monde à laquelle le fameux cavalier sans tête est étroitement lié. Dans les faits, ça se pose en une sorte d’alternative édulcorée aux X-Files, version Gothico fantastique. Cependant malgré de nombreux artifices pour brouiller les pistes, on ne peut s’empêcher de constater que le show tombe rapidement dans les rouages routiniers d’une bonne série d’après-midi qu’on pourrait facilement caser entre deux épisodes de Ghost Wisperer. Chaque épisode prétexte à dégainer une nouvelle abomination, qui se fait aussitôt dégager au bout de 45 minutes. Parfois ça fonctionne très bien. Et d’autres fois, on a l’impression de voir les plots perdus d’un spin off à peine amélioré de Charmed. La relation purement platonique entre Crane et Mills (Tom Milson et Nicole Beharie) ne crée pas non plus de folles étincelles, malgré le lien de plus en plus fort qui les unit au fil des épisodes. La faute à des dialogues certes joliment écrits, mais qui tombent bien souvent dans le caméo anachronique vieux comme le monde du mec qui découvre les joies de la civilisation moderne. Une manne humoristique conséquente, dégainée un peu comme une carte joker lorsque les protagonistes n’ont plus grand chose à dire.

C’est pourtant bien sur sa trame principale que la série brille enfin. Lorsque le cavalier sans tête entre en scène un fusil d’assaut dans chaque main, avec la dégaine d’un monstre steampunk de l’au-delà qui se met à blaster tout ce qui bouge, avant de trancher dans le vif avec sa lame incandescente. C’est aussi sur l’incroyable quête à la Benjamin Gates sur les traces de George Washington lui-même, ou encore sur les faces à faces brefs mais intenses entre Crane et sa bien-aimée Katrina, enfermée au purgatoire (que l’on voit au passage plus souvent au générique que dans la série elle-même). En prenant le parti pris intelligent de s’éloigner le plus possible de la version de Burton, ce cru télévisuel de Sleepy Hollow marque des points, et trace astucieusement sa propre route. La réécriture de la légende elle-même est percutante, jonchée de bonnes idées, appuyée par la présence remarquée d’un casting principal et secondaire d’excellente facture. En tête de liste : un John Noble (Fringe) toujours aussi bon, qui tire le final vers des hauteurs que l’on n’aurait pas soupçonnées après avoir avalé le pilote quelques semaines plus tôt. Les frontières entre le bien et le mal s’entrechoquent, elles s’amenuisent au fil des scènes de cette trame principale dont on ne tarira jamais d’éloges. Et ce, jusqu’à un cliffhanger en bonne et due forme, qui frappe fort où ça fait mal. Il y avait bien là de quoi tenir la distance sur 13 épisodes, tout en évitant les ces histoires secondaires anecdotiques, qui au final coupe un peu les deux jambes de la série. Pour ne pas dire la tête.

Sleepy Hollow S01 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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