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Skins, saison 7

Age de raison

Ils ont incarné une jeunesse à fleur de peau, à la fois caricaturale, mais profondément humaine. Après 6 saisons et 3 castings de bons et loyaux services, Skins tire sa révérence dans une ultime saison placée sous le signe de l’âge de raison. En braquant les objectifs sur seulement trois figures emblématiques du show (Effy, Cassie et Cook), les scénaristes prennent le parti pris de nous dépeindre une nouvelle étape dans la vie des ados trasheux qui ont fait vibrer toute une génération. Une trilogie de doubles épisodes saisissants placés sous le signe de la maturité, qu’on qualifiera bien volontiers de baroud d’honneur. Juste une dernière, pour la route.

FIRE

C’est une Effy Stonem devenue businesswoman que l’on retrouve debout sur un pont londonien. La jeune fille défoncée de l’intérieur que les fans ont connu n’est pourtant pas bien loin. Effy reste dans un sens désespérément seule au monde, enfermée dans un cycle qui semble voué à mal finir. Que ce soit son lycée de Bristol, ou bien son récent job dans le monde de la finance, Effy appréhende le futur avec ce détachement qui lui est propre, tout en faisant preuve d’un engagement émotionnel proche de l’extrême. C’est d’ailleurs de cette personnalité faite de paradoxe que l’on tire toute la quintessence de ce premier double épisode. Ne cherchez pas d’allusions à Freddy, Cook, ou encore son frère Tony Stonem, ni même de scénario aux multiples retournements de situations pour maintenir en halène les plus avides de drama, ce dénouement fait ce que Skins a toujours fait de mieux: s’attarder sur un aspect cérébral dépeint avec brio. Le genre de moments où d’un simple regard, l’actrice nous fait passer une émotion que les mots auraient gâchée, à l’image de ce sourire révélateur délivré en plein chaos. Symbole ultime que pour la belle, tout n’est qu’éternel recommencement.

PURE

C’est tout le contraire avec Pure, le double-épisode qui sacre le retour de la blonde haute perchée Cassie. Transfigurée par les responsabilités de la vie et d‘un père alcoolique, celle qui avait fait les beaux jours du premier casting garde étrangement dans ces yeux le même regard perdu de l’adolescente des débuts. On ne s’étonnera donc pas de retrouver cette patte poétique qui caractérise la jeune femme, ici filmée de manière presque photographique. En usant et abusant des nombreux effets de flou, de lumière et de saturation, ce double épisode tombe à plusieurs reprises dans le contemplatif. Encore une fois le non-dit est roi, et on en vient d’ailleurs à remercier les scénaristes de n’avoir même pas pris la peine d’évoquer le nom de Cid, lorsqu’il est furtivement fait référence à lui lors d’un échange. C’est un fait, les personnages sont bel et bien passés à autre chose, et on se félicite de ne pas avoir à les regarder trainer sans arrêt leurs blessures du lycée à droite à gauche. N’allez pas pour autant croire que la série s’est dénaturée, c’est même tout le contraire. En traitant de problématiques plus adultes avec la manière qui lui est propre, Skins évite simplement de tomber dans la caricature d’elle-même, comme ça pouvait un peu être le cas dans les deux dernières saisons.

RISE

Et ce n’est pas la dernière histoire qui nous fera penser le contraire, digne des plus grands épisodes de la série. Véritable bouquet final, le double épisode sur l’enfant terrible James Cook restera le plus sombre de l’histoire du show, et accessoirement pour beaucoup le plus réussi. Suite au final de la quatrième saison « I’M COOK, I’M COOK », le jeune homme est littéralement transfiguré. D’apparence plus apaisé, l’ado exubérant qui enquillait pinte sur pinte au petit dej a laissé place à un homme introverti aux cicatrices bien réelles. Cook étant ce qu’il est, on ne sera pas surpris de le savoir trempé dans un trafic de drogue, dirigé d’une main de fer par Louie, un boss inquiétant à peine plus âgé que lui. Rapidement pris dans une dangereuse spirale, le mauvais garçon va se lancer à corps perdu dans une certaine forme de rédemption. Une prise de responsabilités portée par une détermination croissante qui se fera dans la douleur et dans le sang, jusqu’à une scène finale morbide complètement époustouflante. Un finish qui sonne le glas d’un double épisode aux allures de thriller noir, qui aurait facilement eu sa place dans une salle obscure. Mise en scène coup de poing, montage au scalpel, bande-son sublime: les héros ne sont après tout pas les seuls à avoir atteint la maturité…

Dans un sens, libéré des contraintes d’une série classique, la trilogie de films en conclusion de Skins s’émancipe et dépasse toutes les espérances. Pas celles du fanboy de base qui n’attendait que de voir Effy pleurnicher sur le sort de Freddy trois ans après, mais plutôt d’une audience qui a appris à aimer et surtout à comprendre les protagonistes d’une série qui aura été jusqu’au bout, le miroir de toute une génération.

Skins 07 - VERDICT

Par Yox le

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