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Comics culte des années 90, la première adaptation sur grand écran du bébé de Frank Miller n’avait pas laissé indifférent. Esthétique à tomber, personnages balafrés qui se roulent dans la caricature ultra stylée du film noir, casting de gros calibres : Sin City avait su créer l’événement en 2005. Dévoilé en plein festival de Cannes, le long métrage de Robert Rodriguez avait au moins le mérite de s’écarter de cet infâme moule vu et revu des adaptations hollywoodiennes de comics. Avec quelques années de retard, la suite de cet OVNI du film d’action accuse le coup. Passée la claque de l’esthétisme, la substantifique moelle laisse les amateurs de vengeance et d’histoires sordides sur leur faim.

On ne sait pas trop si ce sont les différents chapitres trop vite expédiées, ou bien cette volonté farouche de tout miser sur le paraitre. Ce nouveau Sin City n’est pas foncièrement mauvais, mais il se plante là où le premier avait ce pouvoir de vous infliger une claque continue, de la première à la dernière minute. Malgré un matériel original fort, cette adaptation du deuxième comics de la franchise reste en surface. Sans le travail sur la profondeur des personnages, sans l’attachement crée envers ces âmes damnées, tout ce que l’on avait adoré dans le premier fais tache dans le second. Subitement, les répliques manichéennes, les complaintes de héros déchus noyés dans la bouteille, les coups de théâtre et les actes de traitrises : tout ça ne fonctionne plus. Prenez le cas du flic Mort, campé par l’excellent Christopher Meloni. Piégé par les charmes de la terrible Eva Green, l’homme marié va subir une véritable descente aux enfers, qui sera hélas expédiée dans le film en moins de temps qu’il n’en faille pour créer un semblant d’attachement.

Les histoires s’enchainent vite, très vite. Trop vite. Le rythme décousu laisse au spectateur tout le loisir de remettre les cases du comics dans l’ordre, sans forcément offrir matière au développement du sentiment de fascination due à ces personnages de légende. C’est d’autant plus rageant, tant le casting de poids lourds est là pour nous rappeler l’ampleur du projet : Jessica Alba, Mickey Rourke, Josh Brolin, Joseph Gordon-Levitt, Bruce Willis, et enfin Eva Green qui signe une prestation dans la nudité et la perversion la plus totale. On appréciera également ces quelques caméos de Lady Gaga en serveuse sexy, ou bien Frank Miller et Robert Rodriguez qui se sont offert un petit délire à la Hitchcock, en s’intégrant ni vu ni connu dans quelques scènes du film. Reste le plaisir de découvrir deux histoires inédites aux comics, encore une fois sublimées par ce parti pris graphique noir et blanc désormais célèbre, qui met en exergue le rouge carmin d’une carotide tranchée, et le vert émeraude des yeux vénaux d’Eva Green. Deux arguments de poids, pour céder au vice de Sin City 2 au moins une fois.

Sin City 2 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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