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Sils Maria

Platitude

Pas besoin de chercher très loin le sujet du nouveau film d’Olivier Assayas. Il s’agit de réfléchir sur le métier d’actrice et sur le temps qui passe. Si on voulait se laisser séduire par la bande-annonce et son casting féminin flamboyant, la déception et l’ennui ne se font point attendre dès les premiers instants de ce film plat et vain. Pourtant, les actrices sortent toutes une excellente performance. Juliette Binoche dans le rôle principal de l’actrice de 40 ans et Kristen Stewart dans celui de l’assistante.

Sils Maria fait penser au récent Maps to The Stars de Cronenberg. Dans Sils Maria, l’héroïne est aussi une actrice de 40 ans, Maria Anders (Binoche). Elle se voit proposer de jouer le rôle d’une femme chef d’entreprise manipulée par son assistante, or il y a 20 ans elle jouait justement cette assistante. Si le sujet est beaucoup moins horrible, gore, dérangeant que Maps to The Stars, l’idée reste un peu la même : une réflexion sur le métier d’actrice. Très vite, vu que l’intrigue se situe dans les plaines helvétiques, on envisage de se couper les veines avec un couteau suisse. On arrive peu à définir le style du film, qui n’est ni un thriller, même si Olivier Assayas donne l’impression qu’il va se passer quelque chose de grave, ni un drame vu qu’il ne se passe rien, ni une comédie vu que cela n’est pas drôle. C’est un film pesant, pompeux, qui s’embourbe dans son sujet. Le thème ne doit pas parler à grand monde. Peut-être aux actrices de 40 ans ? Mais de toute façon, une fois que vous n’avez pas accroché à l’histoire, il est difficile d’accepter tous ses petits défauts comme l’utilisation du fondu au noir. C’est une technique de transition cinématographique absolument horrible qui consiste à mettre un noir progressif à la fin d’une scène. Le simple fait d’y avoir recours en 2014 est horripilant. Même si, ici, il doit s’agir d’un effet de style voulu. Ensuite la séparation de l’intrigue en chapitres donne un aspect prétentieux, car si vous n’êtes pas Tarantino, ou Lars Von Trier, cela passe mal.

Pourtant en soi, le réalisateur est loin d’être un imposteur. Réalisateur du superbe Carlos et surtout connu pour son écriture précise et fine. Là n’est pas le problème, c’est vraiment le sujet qui pêche. Les plans de montagne, dans la campagne Suisse, sont très beaux, mais en fait le film ne contient aucun enjeu. Donc aucune raison de retenir l’attention du spectateur. Il n’y a aucune émotion transmise, donc aucune identification possible. C’est une très longue (2h) mise en abîme cinématographique avec des acteurs qui jouent des acteurs. Mais voilà cela ne passe pas. Juliette Binoche, l’excellente, est cependant horripilante dans sa façon de se torturer pour son rôle (celui dans le film). La relation avec son assistante est ambigüe et pourrait frôler l’homosexualité. Mais encore une fois, il ne se passe rien. Face à Binoche, il y a donc Kristen qui est incroyable dans son rôle, mais qui est cependant tombée sur un mauvais film. On a vraiment hâte de la voir ailleurs, car la jeune actrice de Twilight a du potentiel. Il y a également Chloë Grace Moretz, l’héroïne de Kick Ass (mais aussi de l’affreux remake de Carrie), qui montre un nouveau visage bien plus séduisant et féminin. Olivier Assayas, à défaut d’avoir trouvé un sujet passionnant, a donné l’opportunité à des actrices de varier leur palette de jeu. Mais rien ne sauvera ce flou alpin intellectuel et trop cérébral. Pas même la tentative un peu ridicule de dénonciation des dérives de Google ou de l’hypercommunication.

Sils Maria - VERDICT

Par FMA le

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