Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Silent Hill, Revelation

Purgatoire cinématographique

Ville damnée, purgatoire infâme, et lieu maudit où les pires péchés prennent vie sous forme de cauchemars insoutenables, Silent Hill reste à plus d’un titre l’une des œuvres horrifiques les plus malsaines et les plus psychologiques de l‘histoire de l‘humanité. Il y a 6 ans, Christopher Gans transfigurait le mythe vidéoludique sur grand écran via une réécriture imparfaite, mais terriblement louable. Aujourd’hui, entre vraie fausse suite, pur produit fan service, et manège à sensation pour ados givrés, Revelation fait volte face et tire un trait sur toute notion de film cérébral. Le début d’une longue et ennuyeuse descente aux enfers…

L’ENFER EST PAVE DE RÉVÉLATIONS

Pour tous les amoureux du jeu, cette adaptation vidéoludique s’attarde en grande partie sur le troisième épisode de Silent Hill sorti en 2003, bien souvent considéré comme l’un des plus malsains (mais aussi des meilleurs) de toute la saga. De la scène d’exposition dans un parc d’attraction infernal, à l’héroïne qui répond au nom d’une certaine Heather (jouée par une Adelaide Clemens sans plus), en passant par le manteau, la lampe torche, le tuyau, le détective… les clins d’œil au titre de Konami s’accumulent jusqu’à plus soif, détournant temporairement l’attention d’un fan dans un premier temps conquis, pour mieux accentuer sa désillusion lorsque le vide du scénario reprend le dessus. Une sorte de coupage / racolage grossier qui tente de mêler références à Silent Hill 3, et cohésion avec le premier épisode de Gans, plombé par des explications lourdingues et des personnages secondaires tout simplement accablants. C’est du rabâché, du recraché, vautré dans du déjà-vu, le talent en moins. Et si on apprécie au début les manifestations sporadiques de Silent Hill qui hantent la tête d’Heather alors qu’elle est encore à des kilomètres de la ville maudite, on exècre d’autant plus les séquences absolument inutiles lorsqu’elle atteint enfin les portes de ladite citée.

ERRANCE DÉRISOIRES

Qu’on se le dise, les rencontres n’ont plus aucun effet, les affrontements sont dénués de sens, les créatures n’ont plus rien de l’incarnation de péchés, ni de cauchemars. Ce sont juste les instruments de divertissement pour ados à peine masqués, des poupées de sang qui même en poussant leur cris le plus strident parviennent péniblement à hérisser un simple poil. La 3D ne sert à rien, et la désillusion est d’autant plus grande que Revelation ne parvient même pas à être un film pop-corn potable. Comment peut-on ramener à un si bas niveau un univers aussi riche et aux possibilités quasi-infinies? Laissez donc les Saw et autres Hostel aux pucelles en manque de frissons, et offrez à ceux qui le réclament un épisode cinématographique à la hauteur d’une des saga les plus reconnues du jeu vidéo ! De la sublime esthétique de Christopher Gans il ne reste plus qu’un gros tas de cendres (pour ne pas dire un gros tas de merde), filmé de la manière la plus générique qu’il soit, accompagné de 3 chef-d’œuvres musicaux d’Akira Yamaoka passés au volume minimum, noyés dans un flow de compositions d‘un banal presque révoltant. C’est un triste fait, la magie n’opère pas, et la petite heure et demi du film devient très vite interminable. Pour ne pas dire minable tout court.

Si le premier film parvenait à amener sa propre relecture, Revelation n’est qu’un produit honteux, un enfant bâtard qui cache sa médiocrité derrière un fan service outrancier et une esthétique inchangée. En résulte un film à peine passable, frustrant, vide, et qui laisse résonner dans les tête 3 simples mots: plus jamais ça.

Silent Hill Revelation - VERDICT

Par Yox le

Plus de lecture