Pour améliorer votre expérience , nous utilisons des cookies sur notre site Web.
Si vous continuez à naviguer sur ce site, vous acceptez d'utiliser des cookies sur le site Internet Sick Magazine . Ok En savoir plus

Shameless, saison 3

Sans honte et au sommet

Parfois, il y a des séries qui passent inaperçues et qui sont pourtant des petits bijoux. Produite par la chaîne qui a donné naissance à Dexter et Californication, la version américaine de Shameless fait partie de ces shows qu’on chérit sans limites. Attachante, drôle et très souvent touchante, cette tragi-comédie est à ne louper sous aucun prétexte. Et cette troisième saison n’a fait que confirmer tout le bien qu’on en pense.

PREVIOUSLY ON SHAMELESS

Il parait difficile de résumer Shameless, tant chaque épisode nous prouve que la série est plus profonde qu’elle en a l’air. Néanmoins, si on devait s’y risquer, on vous dirait qu’il s’agit d’une famille défavorisée des États-Unis qui est prête à tout pour s’en sortir. Le père,  le charismatique Frank Gallagher, est un véritable déchet. Alcoolique, drogué, il boit et ingurgite toute substance qui se trouve sur son passage. Néanmoins, il profite d’un talent qui mettra tout le monde d’accord : une éloquence à en faire rougir tous les hommes politiques. Car même avec trois grammes d’alcool dans le sang, ses propos sont toujours justement prononcés. C’est donc Fiona, sa fille ainée, qui a la lourde tâche de subvenir aux besoins de la famille, tant sur le plan financier qu’émotionnel. Ian, Lip, Debbie, Carl et Liam : toute la famille met la main à la patte, jour après jour. Mais ce qui fait avant tout le sel de Shameless, c’est ce mélange subtil entre comédie et drame. Si certaines scènes peuvent paraitre surréalistes, d’autres nous font brutalement retomber sur terre, démontrant que Shameless ne se résume pas à une simple succession de scènes comiques, mais bien plus. Tout ce que vous pensiez ne jamais voir à la télé, vous allez le voir dans Shameless. Un plan à trois entre une fille, sa mère et son petit copain ? C’est possible. Un alcoolique qui troque ses fesses et sa bouche contre quelques billets verts ? C’est possible ! Une association qui se paie la tête des trisomiques ? C’est possible ! Un père de famille qui fait croire à l’un de ses enfants qu’il est atteint d’un cancer pour en soutirer du pognon ? C’est Shameless !

FRANK GALLAGHER VS THE WORLD

Dans cette troisième saison, le mélange entre comédie et drame n’aura jamais été aussi convaincant. Shameless est un régal dans tous les sens du terme : on en redemande, encore et encore. Pas une seule fois on se dit qu’il aurait fallu jeter un épisode. C’est la marque des grandes séries ! L’une des forces de Shameless, c’est aussi son casting sans faute. Aucun des protagonistes n’est bâclé, et même les plus agaçants deviennent attachants. Tous ont leur rôle à jouer et dépeignent un pays où l’American Dream semble définitivement enterré. Bien entendu, dans cette fresque, c’est toujours Frank l’élément principal, et surtout perturbateur. Il revient plus en forme que jamais dans cette saison. Chacune de ses phrases, chacun de ses discours parodient avec justesse la société dans laquelle il vit. Frank est toujours prêt à tout pour se mettre une cuite et il faut avouer que c’est toujours aussi drôle. On côtoie même des sommets lorsqu’il décide de soutenir la cause de la communauté homosexuelle, en espérant y faire fortune. Encore une fois, Frank ne se réduit pas à cette attitude provocatrice. Le personnage offre plusieurs scènes émouvantes qui en feront valser plus d’un. Les scénaristes sont aussi parvenus à approfondir le personnage, jusqu’à un final totalement déchirant. Si sa fille Fiona lui vole souvent la vedette, Frank est le véritable héros de Shameless. Un personnage aussi détestable qu’attachant.

LA FIN D’UN CYCLE

Concrètement, les intrigues de cette troisième saison font dans la continuité. Fiona est à la recherche d’un emploi stable pour faire vivre sa famille. Lip se bat toujours pour trouver sa place dans la société. La vie sexuelle d’Ian éprouve quelques chamboulements, alors que Debbie est à l’aube de sa puberté.  Sans trop vous en dévoiler, l’une des intrigues les plus prenantes reste celle de Jimmy, le petit ami de Fiona, qui a fricoté avec les mauvaises personnes. Cette saison s’achève d’ailleurs sur un Cliffhanger digne de ce nom, tout en clôturant certains arcs scénaristiques ouverts il y a plus de trois ans. On pense notamment à Karen, une ancienne conquête de Lip, qui fait un retour fracassant, dans tous les sens du terme… Certains arcs sont si bien clôturés, qu’on se demande si certains membres du casting seront vraiment de retour l’année prochaine. La série se renouvelle épisode après épisode et ne lasse jamais le spectateur. Tout ça pour dire que Shameless, c’est le caviar de la télévision américaine. Voilà, c’est dit ! On ne va pas se mentir, la plus part des séries perdent leur souffle après leur seconde saison. Ce n’est pas le cas de Shameless qui enchaîne les minutes plus divertissantes les unes que les autres.

L’exutoire de toutes les peines provoquées par une société défaillante trouve sa métaphore parfaite à travers Shameless. La série n’a pas de tabou, aucune limites si ce n’est celle des cinquante minutes qui lui sont imposées par épisode. Tout est parfait, rien ne semble négligé. Et même si vous n’en entendez pas parler dans les médias, on peut d’ors et déjà vous dire que Shameless a sa place à côté de grands noms de la télévision américaine comme Breaking Bad, Mad Men ou encore Game of Thrones.

Shameless S03 - VERDICT

Par Sholid le

Plus de lecture