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Sense8, saison 1

Human after All

Que vous les considériez comme des génies de la science-fiction, ou bien comme les deux plus grosses fraudes du milieu, les Wachowski n’ont jamais laissé personne indifférent. C’est en 2003 que les cinéastes ont cessé de mettre tout le monde d’accord. L’objet du délit : le deuxième Matrix, et le début de cette lente et profonde division au sein des fans de la première heure, des cinéphiles aguerris comme des plus occasionnels. Depuis, les cinéastes n’ont eu de cesse de montrer au monde qu’ils avaient plus d’un tour dans le sac, avec plus ou moins de succès il faut bien le reconnaitre. Ce qui est certain, c’est que les Wachowski semblent entretenir une véritable allergie au récit dans sa plus simple expression : un début, un milieu, une fin, un héros, un méchant… Tout est toujours plus complexe, alambiqué, tortueux, faisant de leurs films des dédales dans lesquels les créateurs se perdent souvent eux-mêmes.

Si on y réfléchit bien, le format télévisuel était la réponse toute trouvée à leurs tourments. Un nouvel éden créatif dans lequel le temps n’est plus une limite, leur permettant ainsi de mettre en place un récit à la véritable hauteur de leurs ambitions. Et c’est précisément ce qui ressort de Sense8, où ils endossent la triple casquette de scénaristes / producteurs / réalisateurs. Non contente d’être une excellente production, la nouvelle série de Netflix est probablement la meilleure offrande des Wachowski depuis le sacro-saint Matrix, premier du nom. Il ne faut d’ailleurs pas bien longtemps avant de se rendre compte que personne d’autre n’aurait pu accoucher d’une série pareille. Sense8 est sans conteste la production qui les définit le mieux. Toutes les thématiques qui leur sont chères sont là, condensées dans une dizaine d’épisodes à la construction crescendo. Les scènes d’action ultra chorégraphiées, les combats dantesques, les théories du complot, la paranoïa, le fantastique, mais aussi des valeurs plus humaines comme le vivre ensemble, l’égalité des sexes, des races, et des genres. En suivant le destin connecté de ces 8 héros venu des 4 coins de la planète, c’est l’humanité tout entière qui se donne la main. Le message d’ouverture est peut-être plan-plan, vu et revu, mais il a le mérite d’exister, et nous rappelle qu’il y a des choses que l’on ne dira jamais assez.

L’une des forces de la série, c’est qu’elle repose sur un concept à la fois simple et infiniment complexe. Huit individus se retrouvent liés du jour au lendemain, d’une manière extraordinairement profonde. Ils peuvent voir ce que les autres voient, ressentir ce que les autres ressentent, vivre ce que les autres vivent. Lorsque l’un d’eux est en danger, les sept autres partagent immédiatement sa souffrance. Les joies, les peines, les peurs, mais aussi l’intimité : ils ne font plus qu’un. Un récit choral qui n’est pas sans rappeler un certain Cloud Atlas, qui condensait en 3 heures des idées qui après réflexion, méritaient beaucoup plus de temps pour véritablement prendre vie. C’est justement la grande force de Sense8 : la série prend le temps de s’attarder sur ses 8 personnages principaux, dont on fait la connaissance au fur et à mesure que les uns et les autres se rencontrent. Du flic de Chicago en passant par la hackeuse transgenre, sans oublier le conducteur de bus africain fan de JCVD, les personnages de la série sont sur le papier tous radicalement opposés. Mais ils ont le point commun d’être superbement écrits (et joués). On ne vous dit pas que vous allez forcément adhérer, mais quoi qu’il se passe, Sense8 vaut sans hésiter votre précieux coup d’œil. Ne serait-ce que pour comprendre pourquoi vous n’avez pas aimé. À croire que les Wachowski sont nés dans l’optique de diviser. Surement pour mieux régner.

Sense8 - VERDICT

Par Fox Mulder le

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