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Scream, saison 1

Personne ne vous entendra crier

Le bon goût, ça s’éduque. Ce n’est pas pour autant qu’il faut boire les paroles de ceux qui s’imposent comme des dictateurs de la pensée. Encore moins qu’il faille fustiger gratuitement les personnes qui osent argumenter de la péremption d’une œuvre. Qui suis-je pour crucifier la première saison de Scream ? Un simple spectateur, lecteur, auditeur, joueur, buveur d’œuvres en tout genre qui parvient, à la force de son expérience et de sa réflexion, à distinguer ce qui est à même de vous ouvrir les yeux sur le monde culturel qui vous entoure, et ce qui veut simplement du mal à votre intelligence. Peu importe ce que ses irréductibles groupies en manque de sensations diront, Scream est une compilation d’ennui et de faits insipides qui capitalisent sur une œuvre originale icônique, bien que loin d’être exempt de tout reproche.

On ne le répétera jamais assez souvent, mais l’idée de transposer l’univers d’un long métrage sur le petit écran n’est pas inconcevable. Lorsque l’exécution est plus réfléchie qu’opportuniste, le résultat peut très souvent mener à une excellente surprise, à l’image de la fantastique première saison de Fargo. C’est d’ailleurs un cas d’école, puisque la série de FX est parvenue à s’approprier parfaitement l’univers si singulier des frères Coen à travers une intrigue totalement inédite. Avant toute chose, il est nécessaire de rappeler que la série Scream est une production MTV et que la célèbre chaîne a déjà prouvé sa capacité à accoucher d’excellentes séries, à l’instar d’Awkward, Teen Wolf ou encore Jane The Virgin. L’attente autour d’une série adaptée du célèbre long métrage de Wes Craven était donc palpable, quand bien même elle se destinerait à une audience qui n’a peut-être jamais entendu parler du défunt cinéaste. Le résultat n’est donc pas bien difficile à exposer : l’adaptation télévisuelle de Scream est un échec cuisant, une purge cathartique malfaisante, une série dans laquelle le tueur n’est pas l’un des personnages du show mais le showrunner lui-même. L’homme qui a approuvé, et concrétisé toutes les idées bancales de ses scénaristes. L’exagération n’existe pas, elle est factuelle, elle s’appuie sur ces dix épisodes sortis d’une autre époque, celle ou Melrose Place et Beverly Hills étaient des références culturelles communes. Avec ses rebondissements téléphonés et la médiocrité générale de son casting en tête de liste, Scream est une série d’antan. Et il faut bien comprendre que ces considérations critiques sont réfléchies en acceptant par une certaine grâce divine que la série n’essaie pas une seule fois de faire sursauter le spectateur. L’indice de lacune horrifique pour juger un thriller est aussi simple que bonjour : un jump scare raté, c’est une œuvre qui ne parvient même pas à maîtriser les codes les plus rébarbatifs du genre.

Sauf qu’il est impossible de juger uniquement la série sur sa dimension effrayante, puisque le film original s’affranchissait quelque peu du registre horrifique pour s’enfoncer dans une sorte de méta-réflexion sur le genre. Ici, les références à des séries populaires ne manquent pas d’intégrer les personnages et l’intrigue dans notre réalité. Tout y passe : Dexter, The Walking Dead, Hannibal, Game Of Thrones. Le principe est similaire au fléau qu’on retrouve dans le Hip-Hop. Le « name dropping » à tout va n’a aucun effet si ce n’est celui d’adresser un clin d’œil grotesque au spectateur, comme si celui-ci n’était pas capable de saisir des références beaucoup plus subtiles. La subtilité : c’est ce qu’il manque cruellement à cette adaptation. Les ficelles sont trop grosses, les personnages superficiels, quand bien même la série s’efforce de leur offrir une vaine épaisseur. Non seulement il faut effectuer des concessions sur la vraisemblance des péripéties, mais il faut en plus de cela accepter d’observer des protagonistes qui manquent cruellement de logique. La logique, au final, elle est toute simple : Scream devient en quelques minutes un plaisir coupable, à l’image de l’horrible Under The Dome. Puisque rien n’a véritablement de sens, autant se délecter de cet amont de conneries. C’est un plaisir coupable qui s’explique en partie par la jouissance offerte par la mort des protagonistes les plus antipathiques, ce qui équivaudrait, dans un monde parfait, à liquider l’intégralité du casting. Quelques exécutions barbares plus tard, on se dit que Scream aurait tout gagné à céder à la facilité, en multipliant les tableaux morbides, plutôt que d’essayer de nous vendre une histoire qui n’intéresse pas grand monde. Apprécier ses lourdes imperfections plutôt que d’y sonder des qualités inexistantes : le contrat offert par la première saison de Scream est parfaitement rempli.

Scream - REVIEW NOTE

Crédit image entête, 4gottenlore. Retrouvez toutes les créations de Jim Perez sur sa galerie perso.

Par Sholid le

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