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Rectify, saison 2

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Cette année, vous n’aviez que True Detective, Game Of Thrones et House Of Cards sur le bout des lèvres. Pourtant, on oublie parfois qu’il y a quelque-chose au delà de la débauche de moyens des chaines majeures du câble américain. Quelque chose de plus profond. Des histoires touchantes, pas seulement parce qu’elles sont bien maitrisées, mais surtout parce qu’elles s’attardent sur des problèmes plus humains. Ce que ces grosses séries négligent parfois, Rectify l’exécute de manière sublime. Comprenez par là que l’on n’hésiterait pas une seule seconde à hisser le show au rang des meilleures productions télévisuelles de l’année.

Vous connaissez ce sentiment de découvrir une œuvre unique ? Une pièce aussi bien musicale que visuelle, qui ne laisse que l’envie de la conserver, de la chérir sans jamais prendre la peine de la partager ? Ce sentiment d’exclusivité, c’est ce qui découle de prime abord avec Rectify. Conquis jusqu’à la moelle par la courte première saison de la série de Sundance TV, on s’est jeté corps et âme dans cette seconde saison, garnie de dix excellents épisodes. On suit toujours le retour à la vie de Daniel Holden, un ancien condamné à mort innocenté par des analyses ADN, qui a passé la moitié de sa vie derrière les barreaux pour un meurtre qu’il n’a pas commis. Au terme de la première saison, on le quittait sur une situation délicate, puisqu’il venait tout simplement de se faire battre à mort par des personnes convaincues de sa culpabilité. Concrètement, Rectify est sûrement la série la plus déprimante du moment, bien loin devant The Leftovers. Et ce n’est pas ces nouveaux épisodes qui viendront nous contredire. Si Daniel survit sans surprise à cette attaque-surprise, sa réinsertion au sein d’une société qui ne cesse de le rejeter ne se fait pas sans heurts. Tantôt amorphe, tantôt hyperactif, Daniel affiche une dualité, partagée entre l’adolescence qu’il n’a jamais connu et une vie d’adulte dans laquelle il a été projeté malgré lui. Au bord d’une falaise, l’ancien condamné joue un numéro d’équilibriste, affichant des regards d’une profonde innocence, tout en bénéficiant d’une imposante prestance à l’écran.

Le rythme de Rectify ne conviendra pas à tout le monde. Très contemplatif, pour ne pas dire lent, la série prend son temps. Elle prend surtout soin de développer chaque histoire jusqu’à sa maturité, sans jamais précipiter les choses. Ainsi, l’élucidation du meurtre de l’ancienne petite amie de Daniel intervient à un moment suffisamment préparé, idéalement mis en lumière pour vous prendre aux tripes comme jamais. À l’image de la première saison, l’histoire ne se concentre pas seulement sur un mort-vivant, mais aussi sur son entourage, toujours autant affecté par la tragédie. Sœur, mère, beau-père, belle-sœur, ils ont tous leur place dans cette fresque contemplative, même si on se passerait bien de l’ignoble, puéril et capricieux beau-frère. Sans faute, le casting exécute un travail remarquable, sans jamais surjouer, en restant dans une retenue constante qui en devient presque pesante. On n’attend qu’une seule chose : un pétage de plombs, quelque chose ou quelqu’un qui viendrait désamorcer une tension de tous les instants, permettant au spectateur de souffler le temps d’un épisode, ou au moins d’une scène. Et pourtant, jusque dans les dernières secondes, Rectify est une torture. Une plaie ouverte sur laquelle on verse avec délectation une bouteille d’alcool à 90°. Le pire dans tout ça ? C’est que la troisième saison ne devrait contenir que six épisodes pour refermer certaines blessures, et que justice soit faite. Une bonne fois pour toutes.

Rectify S02 - VERDICT

Par Sholid le

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