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Rectify, saison 1

Prison Break

En 2008, la chaîne AMC (à qui ont doit Breaking Bad et Mad Men) développe le projet Rectify. Quatre années plus tard, la petite chaîne indépendante Sundance Channel récupère le projet et lui accorde une première saison de six épisodes. Vous n’en avez jamais entendu parler ? C’est dommage, car elle pourrait bien occuper les tops annuels des meilleures séries de l’année.

PEINE CAPITALE

Difficile de ne pas penser au sublime film La Chasse avec Mads Mikkelsen, lorsqu’on observe les péripéties de Daniel Holden, un quadragénaire accusé du viol et du meurtre de sa petite amie Hannah, alors qu’il n’avait que 18 ans. Le show s’ouvre sur sa libération, après la découverte d’une nouvelle preuve qui remet en cause sa culpabilité. Seulement voilà, la prison change un homme, qu’il soit coupable ou non. D’autant plus que Daniel attendait depuis une vingtaine d’années son exécution. Bien entendu, sa libération provoque des remous dans la petite ville de Paulie, là où Daniel a passé toute sa vie. Si la quasi-totalité de la population voit Daniel comme un tueur sans pitié, seules quelques personnes sont convaincues de son innocence, dont sa famille, plus précisément sa mère et sa sœur qui se sont dévouées corps et âmes à sa cause. Innocent ? Coupable ? La série n’apporte aucune réponse, seulement des indices qui tissent en toile de fond une intrigue passionnante, mais qui ne prend jamais la place du plus important : le genre humain ! Daniel n’est pas un homme, c’est un adolescent de 18 ans, innocent, emprisonné dans un corps de 40 ans et qui tente de renouer en vain avec la vie. On assiste à sa mort lente et douloureusement profonde, et paradoxalement à sa renaissance dans un monde dans lequel sa place est constamment remise en question.

LIBÉRATION SOUS CAUTION MENTALE

Rectify est une série qui prend son temps, qui laisse la place à l’image, aux longs silences lourds de sens, un peu à l’image de Breaking Bad. Les symboles présents dans chaque action, chaque parole, sont parfois vertigineux. Vingt ans derrière les barreaux, c’est long, surtout à une époque où nos modes de vie changent aussi rapidement que la technologie qui nous inonde. Face à ces changements, Daniel demeure perplexe, ne laissant échapper sa tristesse et son désarroi qu’à travers des regards furtifs. Les scènes touchantes ne manquent pas, comme lorsque Daniel explore son grenier à la recherche de sa vieille Megadrive ou de son Walkman poussiéreux. Le message est banal, mais son effet est maximal grâce à une exécution simpliste : la prison n’est pas physique, elle est mentale. Et ce n’est pas le soutien de ses proches qui lui permettront d’en sortir, pas même un baptême et l’absolution de ses soi-disant péchés. Il est même bouleversant de voir que les moments les plus « joyeux » de la vie de Daniel ont eu lieu en prison. Moments qu’on revit avec effroi à travers quelques flashbacks bien placés !  Sans parler des dialogues, tous plus savoureux les uns que les autres. Daniel parle peu, mais parle bien. Son éloquence est touchante et offre des moments poignants, comme lorsqu’il se confie à sa belle sœur : « – What’s real to you, Daniel ? –  The time inbetween the seconds. And my books. And my friends »

Bouleversante dans tous les sens du terme, Rectify condense en six épisodes ce qui se fait de mieux dans le paysage audiovisuel américain, aussi bien sur le plan de la mise en scène que sur le déroulement de l’intrigue. La série ne se contente pas de mettre en scène une histoire tragique, elle remet en question tout un système. La caméra tire le spectateur par les sentiments, jusqu’à un final renversant, qui inscrit Rectify comme l’une des séries les plus passionnantes et les plus réussies de cette année 2013.

Rectify - VERDICT

Par Sholid le

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