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Promised Land

Alors, ça gaze?

Après Harvey Milk et l’excellent Restless, Gus Van Sant se replace derrière la caméra avec Promised Land. Un sujet délicat, une actualité brulante, il n’en fallait pas plus. Van Sant n’a pas réfléchi bien longtemps pour évoquer dans son récit toute la discorde autour de l’utilisation du gaz de schiste aux États-Unis. Organisation bénéfique ou perverse, Van Sant n’hésite pas à donner son propre avis sur la question. Avec un sujet bien traité et une réalisation fluide, ce pari osé a plutôt bien fonctionné. Récit.

I SCHISTE ON YOU

Ce qui est bien avec Gus c’est que, quand on regarde ses films, on ressort toujours de la salle moins con. Cinq ans après avoir touché du doigt le sujet sensible de l’homosexualité dans la sphère politique avec Harvey Milk, il s’attaque maintenant a l’industrie gazière (et plus largement à l’exploitation des terres agricoles) avec Promised Land. Bon, pas de cachotteries entre nous, il faut quand même reconnaître que ce thème ne plaira pas aux plus écologistes d’entre vous. C’est fâcheux, mais ça, Steve Butler (représentant d’un grand groupe énergétique) en aura strictement rien a foutre. Accompagné de sa fidèle collaboratrice Sue Thomason, ils se rendent dans une petite ville campagnarde, au Nord-Est des États-Unis afin de racheter plusieurs terres recelant d’importants gisement de gaz de schiste. Face à des propriétaires paysans cupides, la tâche semblait facile dans un premier temps pour Steve et Sue. C’était sans compter sur Franck Yates, un activiste écologiste, qui ne cessera de mettre des bâtons dans les roues de nos deux héros… Avec des personnages bien écrits et ficelés, on ressent bien l’opinion qu’ils se font sur cette organisation. D’un côté, on a un idéaliste (Butler) qui est persuadé que le monde rural est a l’agonie. De l’autre, on a un fervent défenseur écologiste (Franck Yates) prêt à tout pour mettre fin à la mission de nos envoyés spéciaux. On appréciera aussi tout le talent d’actrice de Frances MrDormand (Sue Thomason), qui apportera la petite touche arrogante et aggressive au film.

COMBIEN VOUS FAITES LE M²?

Certes, avec un sujet brillamment respecté et des personnages symboliques, ce n’est pas pour autant qu’on ira faire la révérence au scénario. Signé par les deux acteurs principaux, Matt Damon et John Krasinski, celui-ci est pour le coup assez plat et prévisible. Le bémol que l’on pourrait reprocher à ce film édifiant, c’est son côté un peu surfait dans la finalité, malgré un dénouement final renversant. Avec un scénario inégal, on remarquera l’aspect «bourré de bons sentiments» dans la deuxième partie du film qui, en gros, nous conte les différents avis des principaux visés. Une deuxième partie beaucoup plus longue et laborieuse que la première, qui se révélait définitivement plus passionnante. Pourtant, il n’y a pas à un seul instant de prétextes valables pour ne pas vraiment se délecter de cette intelligence filmique, de cette perspective profondément non manichéenne, exposant les protagonistes dans leurs globalités. Des choix importants qu’ils devront faire, tout en restant avant tout des humains complexes. Une belle maîtrise dirigé par un réalisateur qui en voulait. Et il l’exprime fidèlement a travers une mise en scène souple et élégante. Le tout est rythmé par quelques musiques folk convaincantes, accompagnées de certains plans larges très bien filmés, nous faisant profiter des fabuleux paysages d’une Amérique à bout de souffle.

VOIR BANDE-ANNONCE RVLG

Avec un Matt Damon plus engagé que jamais, une Frances McDormand plus vrai que nature , un John Krasinski parfait et Gus Van Sant aux commandes, on ne pouvait s’attendre qu’à du très très lourd. Pourtant accompagné d’un casting de dingue et d’un sujet original et bouillant, ce dernier peine pourtant à nous faire saliver jusqu’au bout. C’est Nicolas Hulot qui ne va pas être content.

Promised Land - VERDICT

Par Stupar le

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